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L’union ne fait pas toujours la force

Il existe un dicton populaire qui a la côte dans pratiquement tous les pays du monde, à savoir « l’union fait la force ».

Il fut un temps où moi aussi j’adorais un tel dicton, avant de me rendre compte qu’il ne s’agissait là que d’un cliché pour les naïfs. Car à bien y regarder, on aura beau unir les moutons, ils resteront des moutons et ne deviendront jamais des loups.

On a beau multiplier des troupeaux de chèvres qu’un seul loup ou un chien réussira à les faire fuir tous. C’est très parlant lorsqu’on assiste, dans les montagnes suisses, le soir venu, à un scénario très banal pour l’Européen, mais vu par moi, l’Africain, cela m’a beaucoup ému et touché dans ma chair.

C’est le soir venu, lorsqu’un seul chien réussit non seulement à réunir tout le troupeau de chèvres, mais en plus à leur indiquer le chemin à suivre jusqu’à l’étable. Et tous, sans protester, obéissent à ce maître, pourtant seul, avec pour seule arme ses crocs qu’il montre en aboyant lorsqu’une chèvre tente de lui désobéir.

Il est évident que ce petit chien minuscule tout seul ne pourrait rien contre ces mille chèvres si seulement ces dernières pouvaient prendre conscience non pas de leur nombre, mais de ce que serait la somme de leur force face à cet ennemi. Et c’est la réflexion qui porte à cette prise de conscience qui leur fait défaut.

Cette scène, c’est nous les Africains dans la peau de la chèvre et n’importe quel pays européen dans la peau du chien. Ces chèvres sont bien nombreuses et unies, mais il s’agit avant tout d’une unité de faiblesse, d’une union des êtres dépourvus de tout sens critique, de faculté de libre-arbitre.

C’est très important d’observer le chien lorsqu’il arrive sur le théâtre des opérations ; il n’est pas pressé. De loin, il observe tout le troupeau dans sa globalité. Les bêtes déjà en groupe ne l’intéressent pas trop. Son attention est portée sur les chèvres légèrement éloignées du groupe. Et c’est autour d’elle qu’il va se faire annoncer, tout en les repoussant vers le groupe.

Dans ce scénario, nous avons toute la relation entre les pays africains et les différents maîtres qui se succèdent. Et on ne peut cesser de se poser la question : comment une vingtaine de pays africains, peuvent-ils obéir sans coup férir aux injonctions de la France dans tous les domaines mêmes dans ceux dans lesquels elle se trompe ?

On pourrait penser que le sens critique, la conscience pourrait venir de l’école. Mais en Afrique, cela semble ne pas fonctionner. L’Afrique a envoyé ses enfants étudier dans les plus grandes écoles du monde, sans que cette relation de chien à chèvre qui nous lie puisse cesser. Mais que valent ces intellectuels?

Sommes-nous certains qu’ils sont vraiment allés dans la même école que les autres ? Comment un fonctionnaire africain qui est allé à la même école que son camarade français, en soit réduit à attendre les conseils de son ex-camarade de classe français comme si la science que les deux avaient apprise à l’école était différente ?

La réponse à ces nombreuses questions, je l’ai trouvée dans le livre Léviathan de Thomas Hobbes. Dans ce livre écrit en l’an 1651, Hobbes parle des intellectuels ignorants, qui ont cru par erreur que toute la connaissance se trouvait dans les livres.

Et n’ont pas compris que la base de toute connaissance est, avant tout, l’appréciation et le jugement de l’apprenant, pour accepter ou refuser ce qu’on lui enseigne et qu’on le pousse à digérer sans douter. Il y a une image que Hobbes nous donne très significative, pour comparer ces intellectuels qu’il appelle des « parfaits ignorants ».

Il les compare à des oiseaux qui entrent dans une pièce en passant par la cheminée. Et puis, se trouvent coincés et n’arrivent plus à en sortir. A ces oiseaux, on a toujours enseigné que la porte de sortie se trouve là où il y a la lumière.

Les voilà qui ne trouvent pour unique solution pour quitter la salle que d’aller se cogner contre la fenêtre vitrée, tout simplement parce que la lumière vient de là. Ce qui leur manque selon Hobbes, c’est l’essentiel : l’intelligence, pour poser la plus importante des questions : comment sommes-nous arrivés là ? Comment sommes-nous arrivés dans cette pièce?

C’est en retraçant toutes les étapes qui ont porté à arriver à ce point que ces oiseaux pourront tenir compte du fait que malgré l’obscurité que représente la cheminée, la sortie est paradoxalement par là.

Ce qui manque à ces intellectuels africains, c’est la nécessité de toujours revenir à l’historique de la rencontre violente entre leurs ancêtres pacifiques, mais traités comme des « sauvages » et les occupants européens qui utilisaient la sauvagerie de la violence pour prétendre les civiliser.

Ce qui leur manque, c’est de se souvenir à chaque fois qu’ils sont la chèvre et les autres le chien.

Ce qui leur manque est de comprendre que la chèvre ne peut tenir pour valable tout ce qu’elle a appris à l’école du chien, puisque les deux ont des objectifs opposés : l’un veut confiner l’autre et le tenir toujours sous contrôle alors que l’autre veut se libérer de cette tutelle.

Et du coup, ils ne peuvent objectivement aller à la même école.

Leçon de Géostratégie Africaine n°83: Pourquoi ceux qui croient en Dieu sont-ils moins intelligents que les autres?

Nous sommes le 15 novembre 1978. Le député américain Léo Ryan né le 25 mai 1925 se rend en Guyane.

Il va passer 3 jours à interroger les membres d’une secte américaine conduite par le pasteur américain Jim Jones qui s’est installé avec toute sa congrégation après avoir quitté les Etats-Unis pour créer selon lui un endroit sans racisme ni impérialisme. Sa congrégation compte environ 1 000 membres.

Les familles restées aux Etats-Unis se plaignent de l’emprise que le gourou a sur les membres. C’est ce qui amène le représentant du Congrès américain à s’y rendre, accompagné des caméras et journalistes de la télévision NBC.

La visite va très bien se passer. En apparence. Les membres ont été tous bien briefés sur les propos bienveillants à tenir pour redorer le blason du pasteur Jim Jones ou mieux du « père », comme il aimait se faire appeler, « père Jim », qui prétend être l’incarnation de Jésus Christ.

Le 18 novembre 1978, le jour du retour du politicien avec les journalistes à sa suite, les choses ne vont pas se passer comme prévu. A la surprise générale, certains membres de la secte vont demander au politicien de rentrer avec lui. Ryan est d’accord. Mais le gourou refuse. En même temps, les 2 avions de tourisme qui l’accompagnaient sont bondés de membres de la secte, qui veulent fuir et rentrer à la maison.

Il y a un problème : si ces adeptes quittent et rentrent aux Etats-Unis, ils vont certainement raconter sans retenue la vérité sur l’intérieur de la secte. Cette probabilité est inacceptable pour le « Père Jim ».

Le problème est que toute la scène est filmée par la télévision NBC. S’il refuse, en quelque sorte, il est en train de reconnaître que des membres sont retenus dans la secte contre leur gré. S’il accepte, ces membres vont tout trahir.

D’un côté ou de l’autre, le « Père Jim » est en très mauvaise posture. Pour se sortir d’affaire, il va choisir la solution la plus tragique : il va assassiner le politicien américain, Leo Ryan, et les journalistes qui l’accompagnaient.

Quelques heures après, le « Père Jim » va mettre en exécution le plan qu’il préparait depuis des mois : il fait boire, en premier aux 300 enfants des membres, du jus de raisin contenant un somnifère et l’un des poisons les plus dangereux au monde, le cyanure.

Les parents qui assistent en direct à la mort de leurs enfants, n’ont plus aucune force morale pour s’opposer à leur propre mise à mort.

Ensuite, c’est naturellement au tour des parents. Sur une bande audio trouvée qu’il a appelée : « death tape », le gourou parle de la nécessité d’un « suicide révolutionnaire ». Voici ses mots :

« N’ayez pas peur de mourir, la mort est juste le passage vers un autre plan, la mort est une amie […] Tous devraient se montrer aimables envers les enfants et les personnes âgées et prendre la potion [poison] que les Grecs prenaient durant l’Antiquité […] Nous n’avons pas commis de suicide, nous avons commis un acte de suicide révolutionnaire en protestation contre les conditions de ce monde inhumain ».

Les adultes vont aussi tous recevoir le cocktail mortel. Le « Père Jim » se tire une balle dans la tête et gît à côté de tous les autres cadavres, au total 914 victimes.

De son vrai nom James Warren Jones, le pasteur américain Jim Jones né le 13 mai 1931 dans l’Etat de l’Indiana, qui avait créé sa propre église protestante dénommée « Le temple du Peuple », va être l’auteur de l’une des pires dérives sectaire du XXème siècle.

Sur les 914 cadavres, 400 ont été enterrées dans des fosses communes parce que les familles pauvres ne pouvaient pas payer les frais pour identifier et ramener les corps à la maison, mais encore plus surprenant, plusieurs familles de victimes ne se sont pas manifestées par honte. Honte du degré de la stupidité des victimes pour suivre un charlatan meurtrier.

37 ans sont passés. Nous sommes en 2015 et lorsqu’on parcourt les rues du continent africain, on est surpris de constater que la leçon de Jim Jones n’a pas été apprise par les dirigeants africains.

De la République Démocratique du Congo au Kenya en passant par le Cameroun, le Nigeria, le Ghana et bien d’autres pays africains, les nombreux Jim Jones pullulent dans les rues, avec de somptueuses églises et des pancartes géantes. A la radio ou à la télévision, les ondes ne sont pas épargnées.

Pour n’avoir pas su dire non à temps à la pression des églises dites classiques, catholiques et anglicanes, les dirigeants politiques africains se sont eux-mêmes piégés par ces fous de l’ère moderne.
Il ne s’agit pas de prévision. C’est ce qui est en train d’arriver. C’est même déjà arrivé, notamment en Ouganda.

Nous sommes en 1988. Une dame de 36 ans, Credonia Mwerinde, née en 1952 à Kateete en Ouganda, affirme avoir vu avec son père, Paulo Kashaku, la vierge Marie, Jésus-Christ et saint Joseph. L’année d’après, en 1989, elle rencontre Joseph Kibwetere, qui affirme lui aussi avoir les mêmes visions.

Mwerinde et Kibwetere dans cette vision commune décident de créer un mouvement sectaire qui prendra le triste nom de : « Mouvement pour la Restauration des Dix Commandements de Dieu ». Les deux prophètes, Credonia et Joseph, ont quelque chose en commun : les deux viennent de familles catholiques très croyantes, où avaler sa salive devant un morceau succulent de manioc accompagné d’avocat ou le saffou rôti, sans au préalable remercier le Seigneur aurait été un véritable sacrilège qui aurait pu l’amener tout droit au purgatoire.

Dans ce mouvement, Credonia Mwerinde se fait appeler : « Ekyombeko kya Maria » (c’est-à-dire : la personne de confiance sur terre de la Vierge Marie).

Après seulement 10 ans, le mouvement compte jusqu’à 5 000 fidèles. Puisqu’elle parle avec la vierge Marie tous les jours, cette dernière lui communique une information en avant-première, un scoop, un vrai secret à partager uniquement avec les fidèles privilégiés.

Le secret est que la fin du monde arrive le 1er janvier 2000. Ce jour-là, il y aura l’Apocalypse. Tout le monde va mourir et se présenter pour le Jugement Dernier. Les fidèles qui ont œuvré pour faire triompher les 10 commandements de Dieu, seront les seuls qui seront admis au paradis.

Le 31 décembre 1999, dans de nombreux pays dans le monde, à minuit, c’est l’heure magique de changement de siècle. Des fêtes de réveillon monstres sont organisées un peu partout en Ouganda. Pour les fidèles du Mouvement pour la Restauration des Dix Commandement de Dieu, c’est l’attente de la délivrance. Les parents tiennent les mains des enfants pour enfin franchir tous ensemble les portes du paradis.

Il est 23h59 en Ouganda. C’est le décompte fatidique.

Alors que les voisins crient le chiffre 2000, c’est la consternation chez les fidèles. Parce que rien ne se passe. On attend. Toujours rien. Peut-être que Dieu est en retard, trop occupé à calmer les nombreux fêtards de cette nuit-là.

Le lendemain, calme plat. Pas d’ombre de la fin du monde. Rien. Des fidèles commencent à se téléphoner pour être certains qu’ils n’ont pas loupé le train pour le paradis. Et c’est la même consternation chez tous les fidèles qui ont remis tous leurs biens à la baronne, afin d’entrer au paradis limpide, loin des biens terrestres acquis dans le péché.

On veut des explications. Ekyombeko kya Maria ne sait pas quoi dire. C’est la tension dans le groupe. Elle leur promet que Dieu a juste repoussé leur arrivée au paradis. En effet, la Vierge Marie va lui annoncer qu’elle viendrait elle-même chercher les fidèles réunis à l’église au mois de mars, pour les conduire tous au paradis.

Finalement, le 17 mars 2000, réunis dans leur église, les fidèles auront ce qu’ils attendaient. Un incendie gigantesque avec des flammes qui atteignent 10 mètres de hauteur détruit l’église. Tous les fidèles présents vont mourir calcinés. La police ougandaise va dénombrer 500 cadavres dont de nombreux enfants.

Il s’agit bien entendu de morts gratuites, puisque Dieu n’existe pas, et avec ça, le paradis n’existe pas. Ce sont donc des véritables assassinats de masse, des plus pauvres mentalement et culturellement, et qui vont encore se reproduire n’importe où en Afrique, vu le laxisme avec lequel ce sujet est affronté.

Je suis allergique aux gens qui se contentent de parler de problèmes africains sans en proposer les solutions. Je cherche toujours à proposer la solution d’un problème que je soulève, et j’essaie également de montrer la question sous un angle différent.

Et pour ce thème, plutôt que de dire aux gens de ne pas suivre les charlatans et les gourous qui leur vendent le vent appelé JESUS, puisque personne ne peut appliquer de telles suggestions, il est plus utile que j’explique comment les sectes opèrent et surtout, quels sont les pièges qu’ils tendent au plus ignorants et les différentes techniques qu’ils utilisent pour piéger leurs proies.

Devenir riche ne s’apprend pas à l’école car : “Toutes les écoles du monde ont été conçues pour produire de bons employés et non des employeurs” Robert Kiyosaki dans “Père riche, Père Pauvre”

POUGALA FAIT PAYER 2300€ POUR ALLER APPRENDRE A PLANTER LE PIMENT EN 4 JOURS ?

C’est le titre qu’un journaliste camerounais résidant aux USA a mis à la une de son journal en ligne. C’est évident que ce qui a le plus fait rire tous ceux qui ont un jour suivi une formation Rinvindaf, n’était pas la phrase en elle-même, mais l’état d’ignorance dans laquelle le système académique nous plonge et dont ce monsieur en donnait la preuve évidente en toute bonne foi, sans bien sûr s’en rendre compte. Il continuait en se demandant :

“Qu’est-ce qu’on peut bien enseigner en 4 jours qui vaille un tel chiffre ?”

Il regardait le monde sous l’angle de l’esclave, de l’employé, tel que le système éducatif l’a formaté à devenir et à aucun moment, il ne pouvait se demander ce qu’économiserait un participant pour le fait de venir comprendre au préalable avant tout investissement, les erreurs élémentaires qui lui auraient couté 100 fois plus cher en termes d’échec programmé.

Et il concluait que tous les participants était des gibiers, des idiots. Mais ce n’était pas sa faute d’avoir un raisonnement si enfantin. C’est le personnage que le système éducatif dans son ensemble et dans tous les pays du monde fabrique. Un personnage qui ne doit pas mettre en question le gâteau que les plus malins du système appelés “patrons” se partagent. Un individu qui va passer sa vie à travailler dur pour être en mesure de servir ces patrons. Il va passer 30 ans de sa vie à payer une maison oubliant bien sûr de vivre et donc de participer à toute activité pouvant lui permettre d’avoir sa part du gâteau. Et après lui, ce sont ses propres enfants qui vont prendre sa place dans la chaine, puisqu’il les a éduqués pour le remplacer dans le système hiérarchique de valeur dans la société.

Voilà pourquoi je m’insurge de voir des parents en Afrique, payer pour leurs enfants, 10.000€ à des passeurs pour les envoyer en Occident être esclaves. C’est la pire des bêtises qu’un africain puisse commettre. Mais comme le système nous a tous formatés à poser comme notre meilleure aspiration, celle de devenir le chef des esclaves (employés) quelque part en occident, alors personne semble ne se rendre compte qu’il s’agit d’une bêtise.

L’Afrique est le seul El Dorado pour les nouveaux patrons. Et si ce ne sont pas les africains à le comprendre et très vite, d’autres viendront puiser et manger notre gâteau à notre place, avec notre aide, puisque nous serons des salariés à leur service.

Ils sont déjà en train de débarquer chez nous. Il suffit de voir qui occupe les classes Business des avions qui atterrissent tous les jours sur les pistes des aéroports de notre cher continent pour s’en rendre compte.

Le système éducatif nous enseigne comment on gère une banque, mais jamais comment on crée sa propre banque et c’est bien cela que le Rinvindaf vous enseigne.

Voilà pourquoi nous demandons à tous les participants d’oublier ce qu’ils ont étudié avant s’ils veulent profiter au maximum des enseignements qu’ils recevront.

Car tout diplôme eu avant, je dis bien tous les diplômes ne préparent qu’à servir et non à devenir patron.

Cette fois-ci, ce n’est plus seulement moi qui le dis, mais le quotidien suisse Le Temps dont l’article est publié ci-dessous avec le titre : “Devenir riche ne s’apprend pas à l’école”. Bonne lecture.

Leçon n° 102 : Peut-on importer le papier hygiénique alors qu’on est submergé par la forêt équatoriale ?

Leçon n° 102 : Peut-on importer le papier hygiénique alors qu’on est submergé par la forêt équatoriale ?

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    • Donc, tu veux me faire croire que ton pays le Cameroun importe les rouleaux de papier hygiénique ?
    • Ce n’est pas que je veux te faire croire. C’est la pure vérité. Tout nous arrive en partie de la France et l’autre des pays scandinaves, c’est à dire en Europe du Nord.
    • Et si ces gens ne vous envoient pas le papier hygiénique, vous faites comment pour aller aux toilettes ?
    • On utilise les feuilles de bananier
    • Et pourquoi donc ne pas créer des industries sur la base de ces feuilles de bananiers pour produire vos papiers hygiéniques ?
    • Le Blanc a dit que le papier ne peut provenir que d’un arbre et que si on n’a pas d’arbre, il n’y a rien à faire
    • Soit ! Mais est-ce que le Cameroun c’est un désert sans arbre ?
    • Les 3/4 du pays sont recouverts de forêt dense. Mais les blancs nous ont dit de ne pas toucher à la forêt parce qu’elle nous donne de l’oxygène et nous avons obéi, puisque le blanc ne se trompe jamais.
    • Et ceux qui vous ont dit de ne pas toucher  à la forêt qu’ont-ils fait de la leur ? Vivent-ils pires que vous par manque de forêt ? Ont-ils du mal à respirer ?
    • (…)
    • (…)
    • Et si je décidais de venir chez toi investir pour produire du papier  est-ce qu’il y a la sécurité ?
    • Vraiment je te le déconseille, parce que chez moi c’est trop dangereux pour les non-africains. Nous avons Boko Haram, un groupe terroriste.
    • Ah, je vois, j’en ai entendu parlé pour le Nigéria. Avant chaque chinois rêvait d’aller faire fortune au Nigéria, mais depuis l’histoire de Boko Haram là, nous avons compris qu’il vaut mieux rester ici chez nous.
    • Très sage décision.

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    Voilà le résumé d’une conversation que j’ai eu hier 20 Mai 2016 ici à Guangzhou à la rencontre annuelle des producteurs de papier et de pâte à papier.

    A ma grande surprise, les chinois ont présenté des rames de papier faits à base des feuilles de bananes. La Chine est premier producteur mondiale de la banane qui est totalement absorbée par son marché intérieur.

  • Et ils ont trouvé une deuxième vie pour les tiges et feuilles de bananiers après la récolte. Et les résultats sont plutôt époustouflants.

    Un bananier met tout de même 9 mois pour produire son régime qui arrive à maturité et prêt  à la récolte. Voilà pourquoi, ils viennent de trouver encore mieux que cela.

    3 plantes qui se récoltent au bout de 3 mois et permettent de produire une très belle et consistante pâte à papier qui ensuite servir pour fabriquer des cartons, aux papiers artistiques en passant par le papier hygiénique. Et la surprise pour moi, vient du fait qu’il s’agit en plus de 3 plantes dites envahissantes chez nous en Afrique équatoriale. Il s’agit notamment du xxxxxxxx, du xxxxxxx et du xxxxxx

    Rendez-vous à Bafang dans 2 mois. Vous aurez les noms. C’est promis.

    D’ici là, commencez à regarder autour de vous et demandez-vous si par hasard vous n’êtes pas en train de piétiner une plante qui peut changer votre vie. Vous comprendrez que l’Afrique est de loin plus riche que ce que nous pensons et la cerise sur le gâteau est que chez nous, tout est à faire, tout est à bâtir, de zéro.  Mais quand il n’y aura plus Boko Haram pour effrayer ceux qui veulent venir prendre notre gâteau est-ce que nous serons prêts à défendre ce gâteau grâce à notre travail et à notre créativité ?

    Guangzhou le 21 Mai 2016

Leçon n° 105 : Êtes-vous sauvages ou civilisés ? La sauvagerie camerounaise a de la cote en Chine et en France

J’ai pris ces images il y a 2 et 4 jours à 15.000 km de distance les premières des autres. Les deux photos ont comme thème, le Cameroun, mieux, la sauvagerie du Cameroun.

Les premières photos ont été prises dans une boutique d’un quartier populaire de la ville de Shenzhen, la capitale mondiale de l’électronique dont je vous reparlerai les prochains jours avec détail.

Elles représentent des bananes dites sauvages qui viennent de mon village au Cameroun, Batié. Ici, ce sont des bananes dites sauvages et destinées aux plus pauvres.

Mais les chinois du Cameroun  qui ont fait analyser la banane ont trouvé qu’elle était 100 fois plus nutritive que la banane classique dont la Chine est premier producteur mondiale.

Et si pour l’instant, les bateaux partant pour le Cameroun sont remplis de ces bananes que ces chinois du Cameroun ont décidé de cultiver eux-mêmes ici sur place, mais cela ne peut toujours pas satisfaire la forte demande chinoise, puisqu’au Cameroun, personne ne s’y intéresse vraiment.

Il y a donc à parier que dans les prochaines années,  des variées nouvelles seront adaptées au climat chinois et produits directement là-bas chez eux pour satisfaire la très forte demande. Et les camerounais n’auront que leurs yeux pour pleurer.

Les deuxièmes photos, je les ai prises il y a 2 jours en France, dans une ville qui s’appelle Strasbourg. C’est tout à l’est du pays.

Dans une des chaines d’un magasin spécialisé en produits frais. Je m’y suis rendu pour avoir la réponse que j’avais posée il y a quelques mois aux grossistes-importateurs français de fruits et légumes : quelles sont les mangues préférées des français ? Et on m’avait alors répondu à ma très grande surprise : “Les mangues sauvages”. Mais à l’époque il n’y en avait pas, parce que ce n’était pas la saison.

Et je me suis demandé 100 fois : est-ce qu’il s’agit vraiment de nos mangues sauvages camerounaises ? Et lorsque j’ai eu la confirmation de l’un des magasins d’en avoir finalement en stock, j’ai effectué le déplacement et Bingo.

Il s’agit bien de mes mangues sauvages de Nkongsamba. Durant toute mon enfance dans cette ville, c’était les mangues pour les pauvres. Et jusqu’aujourd’hui, ils sont bien rares les camerounais qui peuvent prétendre connaitre cette variété de mangue. Mais selon les chercheurs français, c’est la meilleure qualité de mangue, sans pesticide elle, n’a point besoin d’engrais chimique pour donner de bons fruits, très fibreux. La preuve, en France, elle coûte 14,80 € le kg c’est à dire, environ 10.000 F.CFA le kg, alors que la mangue civilisée à coté coûte

le kg c’est à dire 1.300 F.CFA arrivée d’Afrique (Cote d’Ivoire).

Et la mangue sauvage vient du Cameroun ? C’est la question que j’avais posé en hiver dernier lorsque je menais mon enquête. Réponse : “au début ce sont quelques français du Cameroun qui nous les envoyaient et puis la demande très forte n’a pas pu être satisfaite.

Et la mangue a été répliquée et rendue moins fibreuse  avec succès en Amérique du Sud, notamment en Colombie et en Equateur, des pays qui sont situés sensiblement aux mêmes latitudes que le Cameroun. Et depuis 2 ou 3 ans, nous sommes approvisionnés depuis ces 2 pays.

Et pendant ce temps, où sont les camerounais ? ils ronflent !!!

Bon début de semaine. A vous de choisir si cette semaine vous allez continuer de ronfler ou vous réveiller pour de bon.

Le bonheur ne se trouve pas forcément chez les autres pour qu’on meure en masse dans la Méditerranée pour aller le chercher.

Le bonheur se trouve chez nous, dans nos mains. Il suffit de savoir être curieux pour le comprendre et prendre sa part de gâteau.

Obala (à la plantation), le 30 Mai 2016

Jean-Paul POUGALA