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22/05/2013
LA FÉDÉRATION AFRICAINE FÊTE SES 50 ANS LE 25 MAI 2013 A la veille de mon voyage pour Luanda en Angola pour commémorer avec une série de conférences les 50 ans de l'Unité Africaine, j'ai envie de vous rappeler un éditorial que j'avais écrit et publié le 21/10/2012 au sujet du réveil de notre peuple.
Depuis plus de 20 ans, je suis engagé à participer comme penseur à la construction des Etats-Unis d'Afrique. Les événements des 3 dernières années rendent notre rêve plus problématique, mais n'ébranle en rien notre détermination à construire les Etats-Unis d'Afrique. Nous travaillons pour que ce rêves de nos héros et martyres ne se transforme jamais en illusion. Nous le devons pour nos descendants.
Comme je le disais déjà en Octobre dernier, chacun de nous à son niveau doit poser des actes qui libèrent les mentalités des freins multiples qui empêchent notre fédération continentale.
Pour ceux qui veulent venir suivre mes conférences de ces jours à Luanda, rendez-vous à la faculté de sciences sociales de l'Université Agostinho Neto de Luanda jusqu'au 30 Mai 2013. Il y aura un service de traduction simultanée en plusieurs langues. Vive l'Afrique Unie !!! JPP 22/05/2013
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NOTRE PEUPLE EST ANESTHÉSIÉ JPP21/10/2012
"La plus grande erreur de notre mouvement a été d’essayer d’organiser un peuple endormi autour de buts spécifiques. Vous devez d’abord réveiller les gens, puis vous aurez de l’action..."Malcom X "
Je vous souhaite un bon dimanche avec cette pensée de Malcom X que je fais mienne aujourd'hui, à la vue dos 50 ans d'erreurs à poser des débats inutiles alors qu'on aurait dû commencer par le commencement: Le réveil de la population. Il suffit de mettre un petit débat Chine-Afrique pour se rendre compte de comment les africains se sont assis dans la posture unique d'employés, d'esclaves modernes et jamais dans celle des patrons potentiels.
Avant de débattre de toute chose avec le peuple, songez d'abord à le réveiller, car on ne dialogue pas avec quelqu'un qui dort. On ne fait pas des projets pour un peuple qui ronfle. On n'indique pas la route à quelqu'un qui ne vous a rien demandé et qui ne sait toujours pas qu'il a suffisamment grandi, par conséquent qu'il ne doit plus se déplacer sur les fesses et qu'il doit maintenant se lever et commencer à marcher en tenant debout sur ses propres jambes.
Nos parents et prédécesseurs se sont trompés, à passer tout leur temps à faire le débat sur le débat sur quel genre d'experts devaient venir de la diaspora pour diagnostiquer et découvrir que le peuple avait juste besoin de l'eau potable et de l'électricité. Les techniques pour porter l'eau d'une rivière à la maison datent depuis les Étrusques, c'est-à-dire des siècles avant les Romains (même si le mensonge historique en a abusivement attribué la paternité aux Romains). 3.000 ans après, avons-nous encore besoin du moindre débat pour appliquer l'aqueduc étrusque ? Non. Arrêtez avec des formations inutiles dites de "Économie du développement", Faculté de réduction de la pauvreté", "faculté de maintien de la paix". Ceux qui ont eu de telles idées sont complètement nuisibles pour l'Afrique parce qu'ils démontrent tout simplement d n'avoir rien compris des enjeux du monde. L'Afrique n'est pas une réserve indienne pour qui on fabriquerait des pseudo théories au rabais.
Pensez un seul instant si les Sud-Coréens au lieu de se battre pour être les premiers au classement des universités dans le monde, s'étaient plutôt engouffrés das des pseudo formation du genre faculté de réduction de la pauvreté.
Pour comprendre le niveau de tromperie de telles formations, imaginez un seul instant sI la Chine au lieu de se demander comment battre l'occident en multipliant de façon exponentielle le nombre de ses ingénieurs et dans tous les domaines et avec un bon réseau d'écoles techniques, s'était mise à construire des facultés dite de "maintien de la paix". Et si l'Inde ou même l'Iran plutôt que de mettre ses ingénieurs à chercher comment construire sa propre bombe atomique s'était mise à multiplier les facultés de la paix, n'est-ce pas juste ridicule lorsqu'on connait le monde dans lequel nous vivons ?
Tout cela pourrait nous faire sourire, sauf que là ce sont nos enfants qui sont ainsi envoyés à la boucherie, entre les mains des gens qui vont même s'octroyer le luxe de les diviser en herbivore et carnassiers. Ils participent juste à mettre en œuvre les directives du système dominant pour endormir le peuple africain et le marginaliser complètement du concert des Nations avec ces formations tout aussi bidon qu'inutiles..
Les techniques pour maintenir l'Afrique dans le sommeil profond sont énormes et imprévisibles. Voilà pourquoi cela ne sert à rien d programmer ceci ou cela sans tenir compte du fait que le système dominant en se basant sur ses lieutenants africains, tient presque tout le peuple africain dans un sommeil profond. Les cerveaux sont presque tous endormis. Parlez de la Chine, vous allez comprendre très vite des énormités qu'ils vont débiter de la gravité de la situation. Il nous faut d'abord et avant tout, le réveil, le réveil et encore le réveil, même s'il faut passer par des thérapies de choc comme je tente de le faire avec la question de la négation de dieu. Je sais que je choque mais c'est juste semblable à la Nivaquine tellement amère qu'on nous faisait avaler contre le paludisme. Le goût était très mauvais, mais au moins on était sauvé de la maladie.
Le réveil n'est pas l'affaire d'une seule personne ou d'un groupe d'individus. Chacun de nous doit faire sa part. Si vous pensez d'avoir compris un piège du système, dites-le à votre voisin, dites-le à vos amis. C'est ainsi que nous réussirons à neutraliser tout le formol et toutes les substances injectées pour anesthésier tout notre peuple. Jean-Paul Pougala 21/10/2012
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Mon Interview sur Radio24 avec Gigi Donegli JPP20/05/2013 Pour ceux qui parlent italien à partir de demain mardi 21/05/2013 à 13:15 et pour la semaine, à l'occasion de la célébration des 50 ans de la fédération africaine, vous suivrez mon interview. Pour ceux qui ne parlent pas italien, sachez qu'on a parlé de plusieurs thèmes :
1- où en sommes-nous avec le rêve de Nkrumah ? Réponse : Nous venons de relier par de la fibre optique, les deux capitales qui pilotent désormais la fédération africaine Abuja au Nigeria et Alger en Algérie. Les autoroutes panafricaines sont en cours de construction. La construction de notre premier satellite est en cours en Algérie et son lancement est toujours prévu pour 2020. L'Europe a cru éliminer l'un des principaux financier de ces projets pour tout arrêter, mais la Chine est venu ajouter l'argent qui manque désormais de la Libye et les choses avancent.
2- C'est mieux l'argent des Chinois ou celui des Européen? Réponse : Le problème c'est n'ya jamais eu d'argent des européens, puisqu'ils ont toujours fait semblant d'aider l'Afrique et donc, je ne peux pas juger leur argent en Afrique, puisque je n'en connais pas la couleur. L'Argent des chinois, il n'y'en a ps, parce que pour démonter le système de corruption instauré par les Européens, les chinois ont tout simplement institué le troc. des autoroutes et des hôpitaux en échange d'exploitation d'une mine de cuivre ou de manganèse. Ce qui nous va très bien. A lutter contre cette nouvelle donne, sont les européens et les africains qui mangeaient dans l'ancien système de corruption généralisée. La route es t livrée clé en main, sans aucune possibilité de réduire le km ou la largeur pour remplir le compte en Suisse d'un politicien africain. Et ça, ce n'est pas mal du tout.
3-L'engagement de l'UE au Mali ? C'est le pyromane devenu pompier.
4- Les 3 milliards d'Euros promis à changer complètement le Mali ? Réponse : L'Afrique attend encore les 50 promis par le G7 depuis 20 ans. Je ne saurais dire s'il seront plus rapide de payer 3 milliards au Mali alors qu'ils n'ont pas été capables de payer pour les différentes promesses d'avant. Ont-ils plus de moyens aujourd'hui qu'hier ? c'est à chacun d'utiliser son cerveau pour répondre à cette question.
5- La corruption légendaire en Afrique ? Réponse : Les dirigeants africains n'ont pas l'exclusivité de la corruption. Avec eux, je parlerais plutôt d'incivisme et d’indélicatesse avec l'argent, comparé à ce que nous pouvons voir en Italie où il n'existe aucun km de route bitumée sans la corruption de la mafia.
6- Et si l'UE veut vraiment collaborer avec l'Afrique ? Réponse : Qu'elle fasse d'abord un effort de jouer franc jeu, parce qu'avec la Chine, les comédies du passé sont ridicules aujourd'hui etc...
7- Quelles opportunités d'investir en Afrique et où ? Réponse : Toute l'Afrique est en chantier et les premiers à le comprendre seront les plus malins. Les Italiens ont la fâcheuse habitude de ne voir l'Afrique que comme un endroit où on meurt de faim et où les gens ne pourront jamais payer le moindre produit. La Chine est venue démentir cette vision. L'Ethiopie est en train de devenir la capitale mondiale de la chaussure par ce que les chinois ont cru en ce pays et ont collecté les commandes des plus grandes marques de chaussures meme italiennes pour aller les produire en Ethiopie où le cout de la main d'oeuvre est deux fois moins cher qu'en Chine et l'abondance des matières première a fait le reste, sans oublier que le client européen est livré en 7 jours au lieu de 30 jours de la Chine. Comment les Européens qui sont voisins n'ont pas vu de telles opportunités ? Plutot que de se suicider, les artisans et industriels italiens doivent comprendre que l'Afrique est leur seconde chance, exactement comme les chinois l'ont compris avant. Ces industriels ont le savoir-faire et les capitaux et nous avons les matières premières et une jeunesse bien préparée pour répondre aux demandes des marchés exigeants.
Pour votre information, sachez que Radio24 est la première radio d’Italie spécialisée sur les questions économiques et industrielles. Elle appartient au quotidien Il Sole 24ore, un des plus grands quotidiens européens de finances.
Cette interview a été préparée avec le concours du comité d'organisation de la Summer School de Geostrategia Africana à Verona du 4 au 10 Août en Italien et en Français. Coût : 200€ tout compris : logement 4 étoiles, 3 repas par jour + cours matin et après -midi. Cinéma le soir sur des documentaires de geostrategie. pour voir s'il y aencore de places disponibles, contacter : Fortuna Ekutsu Mambulu Cell: +39 346 22 82 254 - 329 366 65 54
JPP20/05/2013
pour suivre en ligne mon interview :
http://www.radio24.ilsole24ore.com/programma/euranetplus/index.php
15/05/2013
http://www.africansummerschool.org/
SUMMER SCHOOL DE GEOSTRATEGIE AFRICAINE
à seulement 200€ (tout compris)
Enregistrez-vous dès aujourd'hui pour être certains que vous serez retenus pour participer avec nous du 4 au 10 Aout 2013 à Verona (Italie) à la première Summer School de Géostratégie Africaine".
Nous avons un nombre de place limité et un prix politique reservé à la jeunesse africaine : Le coût est de 150 € si vous êtes résident à Verona Et 200€ si vous êtes résident hors de Verona.
Dans ce prix sont inclus :
- Une semaine de cours - 3 repas chaque jour - hébergement dans un splendide château du 17ème siècle
Pour bénéficier de ce tarif spécial, vous devez être originaire d'un pays africain, sinon, vous serez obligés de payer le vrai tarif plein.
En habitant ensemble et parler de Géostratégie Africaine même jour et nuit pendant une semaine, l'objectif de ce cours est de vous préparer à mieux à murir le patriotisme et fraterniser entre africains de différentes origines autour des projets transnationaux et vous intégrer dans le tissus économique et industriel de la nouvelle Afrique en forte croissance économique, avant même la fin de séjour estudiantin en Europe.
Les participants à cette première expérience européenne feront partie des nouveaux pionniers de cette Afrique plus active et plus digne, que nous formons à ISMA (Douala) depuis 2012, pour créer et developper différents secteurs d'activités, avec à leur dispositon une équipe de personnes motivées au patriotisme africain pour les suivre et accompagner tout à fait gratuitement.
Pour vous enregistrer, visitez ce site :
http://www.africansummerschool.org/
à nous revoir à Verona.
Jean-Paul Pougala
12/05/2013
Leçon de Géostratégie Africaine n° 54
Dimanche le 12/05/2013
A LA DECOUVERTE DE HANNAH ARENDT
Jean-Paul Pougala
Le livre que j’ai sur ma table de chevet en ce moment est celui d’une penseuse qui m’a beaucoup façonné, et dont j’ai lu et relu les livres tant de fois et à chaque fois, c’est la même émotion, le même plaisir. Il s’appelle « La crise de la culture » publié en 1961 par Hannah Arendt. Un autre livre que j’adore de cette Grande dame s’appelle : « Condition de l’homme moderne », publié en 1958. Avant de vous parler de sa pensée et de ces 2 livres qui font partie de mes préférés, un mot sur l’auteur.
Hannah Arendt (1906-1975) est une penseuse d’origine allemande, naturalisée américaine. Ses ouvrages sont aujourd’hui enseignés dans les facultés de sciences politiques et de sociologie du monde entier.
Dès l’âge de 14 ans la découvre "la critique de la raison pure" de Emmanuel Kant qu'elle dévore en une seule journée va transformer à jamais sa perfection de la vie et ses passions qui vont suivre. Elle va ainsi chercher à tout lire des penseurs de l’antiquité et pour bien le faire, il faut parler grec et latin. Ce qu’elle fait avec brio. A tel point qu’à l’âge de 16 ans elle crée son premier club de de lecture et de recherche sur la littérature antique. A 18 ans, elle passe son baccalauréat comme candidate libre et entre à l’Université où elle étudie philosophie, métaphysique et théologie.
En 1941 grâce à faux visa, elle fuit l’Europe où les Juifs sont pourchassés de partout, pour les Etats-Unis, pour New-York. Ici elle connaitra 10 ans de galère, de misère. Elle passe des jours sans manger. Elle décide alors de se déplacer vers la région de Boston où il est plus facile de trouver les petits boulots. Ici, elle va vivre de ce qu’on appelle gentiment aujourd’hui de services à la personne. Il s’agit prosaïquement de faire le ménage chez les personnes plus fortunées. Cette expérience va bouleverser Hannah, ce qui va l’amener à s’intéresser tardivement à de nouvelles disciplines comme la Sociologie et la pensée Politique. Elle part de sa propre condition de vie personnelle pour écrire alors de petits éditoriaux qui sont publiés par différents journaux américains. Elle débute ensuite avec une carrière d’enseignante qui va l’amener dans les plus prestigieuses universités américaines, comme Princeton où elle devient en 1951, la première femme professeure dans cette université.
C’est l’ensemble de ces éditoriaux publiés précédemment dans les journaux américains comme The New Yorker qui sont regroupés dans le livre avec le titre original « Between Past and Future » qui sera ensuite converti en « La crise de la culture ».
CONCEPT DE L’HISTOIRE
Dès la première ligne de la préface, Hannah annonce les couleurs avec une citation du poète Réné Char qui dit : « notre héritage n'est précédé par aucun testament » et «moi je me sers où je peux ». Et c’est un très grand avantage de notre temps. Selon le poète, nous sommes donc entièrement libres d'utiliser où que nous le voulions les expériences et les pensées du passé.
Nous sommes libres de puiser à toutes les sources. Le fait qu’il n’existe pas de testament est dû au fait que le trésor qui est légué par nos prédécesseurs ne porte pas de nom, ni de valeur encore moins de l’indication où il se trouve. Elle écrit « Le testament qui dit à l’héritier ce qui sera légitimement sien, assigne un passé à l’avenir. Sans testament, ou sans tradition, qui choisit et nomme, qui transmet et conserve, qui indique où les trésors se trouvent, et quelle est leur valeur, il semble qu’aucune continuité dans le temps ne soit assignée et qu’il n’y ait, par conséquent, humainement parlant, ni passé, ni futur, mais seulement le devenir éternel du monde, et en lui, le cycle biologique des êtres vivants ».
A la suite de cette citation de René Char, elle l’explique dans cette préface en prenant l’exemple sur les évènements de la Seconde Guerre mondiale en France : « L’effondrement de la France, évènement pour eux totalement inattendu, avait vidé, du jour au lendemain, la scène politique de leur pays, l’abandonnant à un guignols de coquins ou d’imbéciles ».
Pour Hannah, le vrai héritage se trouve dans la capacité de conscience des évènements, dans la pensée, dans le questionnement. Il n’existe pas d’histoire, sans la conscience de questionner, médité de ceux qui sont chargés de raconter le souvenir. A ce sujet, peut-on parler d’une histoire africaine, si les historiens n’ont pas la capacité d’interpréter même sur le plan philosophique la signification de la violence de l’occupation coloniale ? Si les historiens africains n’ont pas la conscience de se questionner, de méditer sur la douleur même des victimes des déportations des êtres humains ?

LA PENSÉE
Pour Hannah, tout ce qui se passe lorsqu'on pense est soumis à un examen critique. C’est-à-dire qu'il n'existe pas de pensée dangereuse pour le simple fait que d’y penser est en lui-même une entreprise dangereuse. Ne pas penser est encore plus dangereux, parce que le résultat de l'action humaine non précédée par la pensée est hautement risqué.
Hannah est contre la philosophie et les philosophes qui selon elle, font du boucan inutile, du bla-bla qui ne sert à personne. Elle va même jusqu’à affirmer que la philosophie n’existe pas. Elle dit que la pensée n’est utile à la société que si elle naît d’évènements et d’expériences vécus. La phrase dit exactement ceci :
« Pour être confirmée dans mon identité, je dépends entièrement des autres (…) La pensée naît d'événements de l'expérience vécue et elle doit leur demeurer liée comme aux seuls guides propres à l'orienter. Aucune philosophie, aucune analyse, aucun aphorisme, aussi profonds qu'ils soient ne peuvent se comparer en intensité, en plénitude de sens, avec une histoire bien vécue et racontée ».
En d’autres mots, c'est l'expérience qui sert de borne, de jalon à la pensée, c'est l'expérience qui sert de phare, de repère à l’évolution, au progrès de la pensée, d'orientation à celle-ci. Elle est pour cela influencée par son professeur et amant Heidegger qui murissait un certain mépris à la biographie de certains auteurs considérés comme des sommités alors que sur le plan de l’action et du concret, n’avaient rien inventé. Il dira à propos du philosophe grecque pour se moquer de lui : « Sa vie et sa pensée ? Il naquit, il vécut, il mourut ». Dans la lettre qu’il écrit à Hannah il affirme : « Fréquenter les paysans est plus intéressant pour un penseur que fréquenter les collègues à l'université ».
COURAGE
Pour Hannah, la qualité majeure d’un penseur n'est pas l'intelligence, mais c'est son courage. Courage d'affronter le monde, courage d'aller contre le statu quo, courage d'aller contre la pensée unique, courage d’aller vers les autres cultures, courage d’affronter la diversité.
NATALITE
La faculté humaine de natalité, du commencement, de rebondir sur les difficultés de la vie. C'est au moment où nous avons perdu toutes les balises, tous les repères qu'il nous est donné la chance d'un nouveau commencement. C’est lorsque nous avons touché le fond que notre intelligence doit voir en cela une chance, celle de renaître, celle de repartir avec un élan plus motivé. Pour Hannah, l’échec n’est pas en soi quelque chose de mauvais, de définitif si nous avons à notre service la pensée pour la convertir en naissance. Et lorsqu’on renaît sur la base d’une douleur, d’un échec, on a tous les avantages pour rebondir plus que les autres.
Ne pas penser est encore plus dangereux que penser.
CRIMINEL
Hannah dit que nous sommes tous des criminels chaque fois qu’un être humain commet un crime, puisque cette personne appartient à l’espèce humaine, porte les mêmes gènes que nous tous. Et donc, ce qu’il vient de faire, chacun de nous peut le faire. C’est la théorie dite de la banalité du criminel. Puisqu’il est normal comme les autres. C'est un individu ordinaire et non le monstre qu'on voudrait. Nous avons la responsabilité d'appartenance à une espèce qui commet le mal. Elle n’excuse pas le criminel, mais elle nous invite à réfléchir sur notre responsabilité d'une espère humaine qui crée le mal. Ce mal n'est pas un objet, une nature et le criminel le monstre. Pour elle, le fait de vouloir exclure le criminel de l'humanité au motif qu'il est criminel, donc, qu'il est inhumain, c’est-à-dire indigne de vivre parmi nous est se mentir à soi-même. C'est l'artifice pour se détourner de la vraie question et éviter d'affronter la controverse de notre humanité criminelle.
Près de 40 ans après sa mort, on peut lui donner raison en commentant l’actualité de ces jours des Etats-Unis d’Amérique, son pays d’où elle formule sa pensée.
Aujourd’hui, en 2013, que ce soit les bombes du marathon de Boston à la séquestration de Cleveland, les Américains cherchent et trouvent avant tout le monstre. Selon la pensée de soit à Boston qu’à Cleveland, il n’y a pas de monstre. Ces criminels sont des Américains normaux et ne sont que le thermomètre de la société américaine, la plus violente du monde. Les statistiques de ces 40 dernières années parlent clair : les USA avec seulement 5% de la population mondiale, concentrent les 80% des tueurs en série, plus de la moitié des prisonniers dans le monde. Vouloir à tout prix voir dans chaque criminel un monstre empêche de s’interroger sur ce thermomètre de la société. L’auteur des séquestrations des 3 femmes sera certainement exécuté. Mais cela n’aura pas répondu à la question qui fâche : pourquoi la société peut-elle générer un tel individu ? Si on ose cette question, on commence par voir qu’un homme qui séquestre 3 femmes pendant 10 ans est le reflet d’une société misogyne, avec une forte propension religieuse pour attribuer à la femme la seule fonction de faire des enfants et s’occuper de l’homme. C’est le thermomètre de notre humanité qui hait et méprise la femme, Ailleurs, ce sont les femmes qui sont tuées ou violées tout à fait impunément. Dans plusieurs pays même occidentaux il y a des lois qui protègent les violeurs ou les assassins des femmes, c’est le sacro-saint principe du « crime passionnel », ou en stipulant par exemple qu’une femme qui au moment des faits portait un pantalon Jeans ne peut pas accuser un homme de viol (Italie). Ces violeurs collectifs en Inde ou ces assassins de leurs épouses ou ex-épouses en Allemagne ou en Italie ne sont pas des monstres. Ils sont normaux, ils sont nous-mêmes. La preuve : les tribunaux savent être indulgents à leur égard, il suffit de demander 20 fois à la même fille de raconter à 20 fonctionnaires différents comment elle a été violée et les prochaines filles ne tenteront plus de déposer la plainte. Et donc, le malchanceux qui sera pris sera un homme tout à fait normal, mais qui sera tombé sur une femme qui a le courage d’affronter ce que James Brown a appelé dans l’une de ses chansons : « THIS IS THE MAN’S WORLD »
DEMOCRATIE
Hannah dit que c’est un leurre de vouloir classer les penseurs en libéraux et socialistes. Et que ce sont des schémas qui servent à créer une confusion dans laquelle on fait facilement passer pour vrai tous les mensonges possibles. Ainsi, la démocratie ne peut pas être un système juste où les gens vont voter, sont libres de parler, même pour ne rien dire, libre de prier ou ne pas prier. Pour Hannah, la démocratie devrait être juste capable de répondre à cette question :
« Le peuple a-t-il la possibilité de "vouloir que ceci ou cela soit autrement" ? »
Si tel n’est pas le cas, il n’y a pas de liberté, il n’y a pas de démocratie. Et d’où le constat amer que nulle part sur cette planète il n’existe un peuple qui soit capable de vouloir que quelque chose soit autrement et l’obtienne. Il y aura toujours des experts pour se succéder à la radio, à la télévision pour contribuer à orienter le peuple comme des moutons vers l’abattoir en lui expliquant pourquoi c’est dans son bien d’obéir et se taire.

QUELQUES CITATIONS DE HANNAH ARENT
"Les hommes normaux ne savent pas que tout est possible".
- "La liberté d'opinion est une farce si l'information sur les faits n'est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l'objet du débat"
- "Dans la solitude, je suis "parmi moi-même", en compagnie de moi-même, et donc deux-en-un, tandis que dans la désolation, je suis en vérité un seul, abandonné de tous les autres."
- "Parce que le monde est fait par des mortels, il s'use; et parce que ses habitants changent continuellement, il court le risque de devenir mortel comme eux (...) Notre espoir réside toujours dans l'élément de nouveauté que chaque génération apporte avec elle."
- "Ce que nous avons devant nous, c'est la perspective d'une société de travailleurs sans travail, c’est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste."
- "Les plus grandes méchancetés de l'histoire sont commises par les hommes les plus insignifiants".
- « La société de masse ne veut pas la culture mais les loisirs. »
- « Le tiers-monde n'est pas une réalité mais une idéologie. »
- "La société de masse est peut-être encore plus sérieuse, non en raison des masses elles-mêmes, mais parce que cette société est essentiellement une société de consommateurs, où le temps du loisir ne sert plus à se perfectionner ou à acquérir une meilleure position sociale, mais à consommer de plus en plus, à se divertir de plus en plus (...) Croire qu'une telle société deviendra plus "cultivée" avec le temps et le travail de l'éducation, est, je crois, une erreur fatale (...) l'attitude de la consommation, implique la ruine de tout ce à quoi elle touche."
- « Si tu réussis à paraître devant les autres ce que tu souhaiterais être, c'est tout ce que peuvent exiger de toi les juges de ce monde. »
- "La pensée critique n’est possible que là où les points de vue de tous les autres sont ouverts à l’examen. C’est pourquoi la pensée critique, qui est pourtant une affaire solitaire, ne se coupe pas de « tous les autres ». Il poursuit assurément son chemin dans l’isolement, mais, par la force de l’imagination, il rend les autres présents et se meut ainsi dans un espace public potentiel, ouvert à tous les points de vue ; en d’autres termes, il adopte la position du citoyen du monde kantien. Penser avec une mentalité élargie veut dire qu’on exerce son imagination à aller en visite."
- « C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal. »
- « La pensée naît d'événements de l'expérience vécue et elle doit leur demeurer liée comme aux seuls guides propres à l'orienter. »
- « Ce qui séduisait l’élite, c’était l’extrémisme en tant que tel. »
- « Ce que voulait la populace, c’était d’accéder à l’histoire, même au prix de l’autodestruction. »
- « La principale caractéristique de l’homme de masse n’est pas la brutalité ou le retard mental, mais l’isolement et le manque de rapports sociaux normaux. »
- « Aimer la vie est facile quand vous êtes à l’étranger. Là où personne ne vous connaît, vous tenez votre vie entre vos mains, vous êtes maître de vous-mêmes plus qu’à n’importe quel moment. »
- « Le progrès et la catastrophe sont l'anvers et le revers d'une même médaille. »
- « Toutes les choses qui doivent leur existence aux hommes, comme les œuvres, les actions et les mots, sont périssables, contaminées, pour ainsi dire, par la mortalité de leurs auteurs. »
- "le danger est qu'une telle société, éblouie par l'abondance de sa fécondité, prise dans le fonctionnement béat d'un processus sans fin, ne soit plus capable de reconnaître sa futilité."
- "La tromperie n'entre jamais en conflit avec la raison, car les choses auraient pu se passer effectivement de la façon dont le menteur le prétend. Le mensonge est souvent plus plausible, plus tentant que la réalité, car le menteur possède le grand avantage de savoir d'avance ce que le public souhaite entendre ou s'attend à entendre."
- « Sans les masses, le chef n’existe pas. »
- "Pour le penseur, les mots justes trouvés au bon moment sont de l'action. »
- " Le danger du préjugé consiste précisément en ce qu'il est à proprement parler toujours - c'est-à-dire de manière extraordinairement solide - ancré dans le passé, et c'est la raison pour laquelle non seulement il précède le jugement en l'entravant, mais encore il rend impossible à l'aide du jugement toute véritable expérience du présent. Si l'on veut détruire les préjugés, il faut toujours en premier lieu retrouver les jugements passés qu'ils recèlent en eux, c'est-à-dire en fait mettre en évidence leur teneur de vérité. "
RELATION D’UNE ELEVE JUIVE AVEC SON PROF CATHOLIQUE
En librairie, surtout en Allemagne, vous trouverez la collection de la correspondance d’amour qu’elle a échangé en secret avec son amant et professeur Heidegger. Hannah avait dix-huit ans, Heidegger en avait le double. Il était le maître, elle était son élève et, surtout dans cette Allemagne conservatrice, elle était juive et il était catholique marié à une femme antisémite, père de deux enfants. Lorsqu’à la fin de la guerre Heidegger est accusé de nazisme, c’est Hannah qui va retourner en Allemagne juste pour se porter au secours de son ex-amant. Leurs lettres sont conservées aux archives municipales de la ville de Marbach en Allemagne. Ci-dessous, juste Un extrait des 3 premières lettres que Heidegger envoie à son élève et que j’ai prises de l'ouvrage d'Antonia Grunenberg, responsable du Centre Hannah Arendt de l'université Oldenburg. Les réponses de Hannah à son maître, vous les trouverez en librairie.
10.II. 1925
Chère Mademoiselle Arendt,
Il faut que je vienne ce soir encore auprès de vous, en m'adressant à votre cœur.
Tout doit être simple, limpide et pur entre nous. Alors seulement nous serons dignes d'avoir eu l'heur de nous rencontrer. Que vous ayez été mon élève, et moi votre maître, cela ne fut jamais que l'occasion propice à ce qui nous est arrivé.
Jamais je ne pourrai m'arroger le droit de vous vouloir pour moi, mais vous ne sortirez plus de ma vie, à quoi elle devra une vivacité accrue.
Nous ne savons jamais ce que nous pouvons devenir pour d'autres, à simplement être. Encore que nous sachions fort bien, à la réflexion, combien nous pouvons être destructeurs à leur égard, et leur mettre d'entraves.
Quant à la voie que va prendre votre vie encore si juvénile, cela demeure en réserve. Qu'il nous suffise de nous plier à cette vie à venir. Ma loyauté envers vous vise uniquement à vous être de bon secours pour que vous demeuriez loyale envers vous-même.
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21. II. 1925
Chère Hannah,
Pourquoi l'amour est-il d'une richesse sans commune mesure avec d'autres possibilités accordées à l'être humain, et un suave fardeau à ceux qu'il atteint, sinon parce que nous nous métamorphosons en ce que nous aimons tout en demeurant nous-mêmes ? Envers ce que nous aimons, nous éprouvons alors de la gratitude, et ne trouvons rien qui y satisfasse.
Remercier, cela ne se peut qu'en se faisant soi-même remerciement. Il appartient à l'amour de métamorphoser la gratitude en loyauté envers soi-même comme en foi inconditionnelle en l'autre. Ainsi l'amour ne cesse-t-il d'amplifier notre propre secret.
La proximité consiste, en l'occurrence, à être dans l'extrême distance par rapport à l'autre, distance qui ne laisse rien devenir flou, mais au contraire permet à un "toi" de se situer au sein de ce qu'a de diaphane mais aussi d'inconcevable, en une telle manifestation, le fait tout bonnement qu'elle ait eu lieu. Que la présence de l'autre fasse soudain irruption en notre vie, il n'est pas en notre pouvoir ni en nos ressources d'en endiguer le flux. Une destinée humaine s'offre à une humaine destinée, et se mettre au service du pur amour, c'est alors garder ce don de soi aussi vivace qu'au premier jour.

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27. II. 1925
Chère Hannah,
Le démonique m'atteint de plein fouet. L'apaisante prière de tes chères mains jointes et ton front resplendissant en sont les âmes tutélaires, dans la transfiguration qu'en accomplit ta féminité.
Jamais rien de tel ne m'est arrivé.
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Pour plus d’information sur Hannah Arendt, j’invite tous ceux qui vivent en Amérique du Nord et en Europe d’aller voir au cinéma ces jours-ci, le film qui est sorti depuis le 26/04/2013 qui parle de sa vie et de la pensée à partir de 1960 et qui s’intitule tout simplement : Hannah Arendt de Margarethe Von Trotta. Allez le regarder, si vous le pouvez.
Dimanche le 12/05/2013
Jean-Paul Pougala
Diplômé de l’université du ghetto africain.
11/05/2013
UNIR L'AFRIQUE POUR UNIR LE MONDE
JPP11/05/2013
Après la publication hier des photos de mes étudiants de 2 classes à l'Université de la Diplomatie de Genève (GSD), j'ai reçu beaucoup de courriers des africains qui m'accusent de les trahir parce que j'enseigne les blancs. Avant on m'accusait d'enseigner les blancs et laisser les noirs. Maintenant ma contribution est fixe à Douala.
Lorsqu'un entrepreneur qui a vendu les arachide à 6 ans décide d'enseigner, ce n'est certainement pas pour l'argent, mais surtout pour transmettre une idée de l'humanisme.
L'expérience de l'entrepreneur me pousse à toujours être au dessus des clivages qui ne soient pas ceux qui élèvent l'humain. Le vendeur sait qu'il doit pour survivre, vendre à tout le monde, il doit donc être pragmatique. Il comprend donc vite la stupidité du tribalisme ou du racisme. Je refuse tout ghetto qu'il soit économique, intellectuel ou racial. Je travaille depuis des années pour la fédération africaine avec ce credo : "unir l'Afrique pour unir le monde" Je vais donc en guerre contre le système que je définis "dominant", parce qu'il ne me permet pas d'atteindre cet idéal. Mais mon radicalisme sert surtout comme pédagogie à déconstruire le complexe d'infériorité des Africains afin qu'ils soient mieux à même d'exiger plus dans leurs rapports avec les autres. Mais cela ne peut à aucun moment inciter à une quelconque haine.
On ne peut pas d'un côté enseigner aux jeunes africains d'aller à la conquête du monde et de l'autre leur dire de haïr ce monde ou ne rien faire pour changer ce monde pour que l'arrimage se fasse comme on le souhaite. A ce cours "African Union & European Union Multilateralism", nous avons étudié le cadre néfaste et les mensonges de cette relation qui avec l'arrivée de la Chine, est mise à mal.
Ces enfants qui ensuite se trouveront à des postes de responsabilité dans leurs pays, savent ce qu'il faut faire pour bâtir un nouveau genre de relations dans l'intérêt de tout le monde. Je dis à Douala la même phrase que je repète à Genève ou à Bruxelles. C'est ce que j'ai dit depuis ma toute première conférence tenue à l'Université de Potenza en Italie en 1988, sur invitation des fédéralistes européens alors que je n'étais qu'étudiant en Economie à Perugia. Le titre de mon intervention étaient : "les 10 erreurs que l'Europe commet avec l'Afrique et qui seront la cause de sa ruine".
La publication de ces photos est donc voulue pour rappeler que malgré notre radicalisme, nous ne pouvons pas fuir le monde, parce que nous avons besoin du monde, exactement comme le monde a besoin de nous. Nous devons ouvrir notre intelligence pour aller à la conquête de ce monde, la tête haute, c'est-à-dire, non plus comme des mendiants ou des morts de faim, mais avec toute notre dignité, à parité avec le monde. Si dans nos relations professionnelles et personnelles avec les Européens nous ne pouvons pas instauré un respect mutuel, un win-win, un donnant-donnant
Et plus je crie fort contre la médiocrité des politiciens européens (qui n'ont pas renoncé à déstabiliser l'Afrique comme solution à leur sproblèmes), et que je parle si bien de la Chine aux Européens tout en sachant combien ça les énerve, et plus je suis invité par eux pour encore parler de la Chine et toujours de la Chine. Mais qu'est-ce que je recherche ? J'adore rappeler aux Européens que je leur avais dit que s'ils ne changeaient pas d'attitude avec l'Afrique, ils finiraient très mal. Et le pire reste à venir. A moins que ! La conclusion est toute trouvée : j'incite des industriels européens, qu'au lieu de se suicider, parce que tout va mal à cause de la Chine, leurs machines auraient une deuxième vie en Afrique et leurs expériences valorisées, si transmises à des jeunes africains qui pourront être leur fierté. Ce n'est pas un double langage, c'est du simple pragmatisme, dès lors qu'on met au centre les intérêts de notre continent. JPP11/05/2013
10/05/2013
LA CHEFFERIE TRADITIONNELLE AFRICAINE ARRIVE AU SÉNAT JPP10/05/2013 Nous avons rarement des bonnes nouvelles à propos de nos chefferies traditionnelles que lorsqu'il y en a, je ne puis m'empêcher de m'enthousiasmer et vous la communiquer. Mais avant parler de cette nouvelle, je veux revenir sur quelque chose de très important :
La dernière leçon 50-4/5 que j'ai publiée avant hier est une des leçons qui m'ont pris plus de temps surtout pour trouver et bien conserver les preuves de mes affirmations (en attente d'un éventuel procès). Cela m'a aussi pris du temps parce qu'il fallait passer de 25 pages (format A4) à la moitié. Or à mes yeux, tout me semblait si important. Mais en même temps, il fallait conjuguer avec la nécessité d'inciter toujours plus d'Africains qui n'aiment pas la lecture à me lire, à s'instruire, à se former. Et je suis arrivé à 13 pages. Oui, je sais qu'il est encore trop long, mais, moins de cela aurait dénaturé les enseignements de fond de cette leçon que je juge comme étant l'une des plus importantes.
C'est pour cela que j'attire votre attention là dessus, de la lire et relire. J'ai mis une copie en PDF sur mon blog www.pougala.org pour que vous pussiez la télécharger et la conserver dans votre ordinateur ou l'imprimer pour la distribuer dans nos quartiers populaires, comme vous le faites régulièrement pour mes leçons. Le site n'est peut-être pas encore disponible, puisque depuis le 2/05, jour de la dernière mise à jour, nous subissons une attaque informatique visant à détruire tout le contenu du site. Mais on est habitué, cela ne va pas tarder à être accessible. C'est aussi pour cela que je vous conseille sans cesse de toujours télécharger toutes les leçons dans votre ordinateur ou sur une clé USB.
Pour ce cours lui-même, vous avez besoin de bien le lire et d'assimiler chaque passage, parce que vous êtes des géostratèges. Vous êtes donc formés à ne pas vous contenter des slogans ou de la propagande sur les Etats-Unis d'Afrique par exemple, ou du manque de patriotisme des africains, mais pour comprendre jusqu'au fond, pourquoi cela n'a pas été possible jusqu'aujourd'hui, quelles sont les forces en présence qui ont intérêt à ce que cela ne se réalise pas? Et c'est parce que vous pourrez maîtriser toutes ces faiblesses que vous pourrez faire tourner vos cerveaux pour inventer des solutions de contournement de l'obstacle qui est plus grand que nous tous, réunis.
Vous avez aussi besoin de ce cours pour être en mesure de bien comprendre les mécanismes du système dominant, pour ensuite être capable d'expliquer au pouvoir politique dans votre ville, dans votre pays les vrais enjeux que nous ne pouvons affronter et gagner sans prendre un vrai élan dans nos racines, dans nos traditions, dans nos villages.
Vous avez été nombreux à me signaler les réactions de certains membres du clergé catholique et protestant en Afrique, à la sortie de cet article. Celle qui m'a le plus marqué, est celle des prêtres qui disent que je n'existe pas et d'autres qui disent que c'est un blanc qui écrit mes textes et je me contente de les publier, parce qu'un noir n'est pas capable d'un tel raisonnement pour tacler le système dominant. Lorsqu'un prêtre Noir dit à un fidèle noir comme lui qu'un noir ne peut pas parler convenablement de son institution, comprend-il qu'il est en train de s'insulter lui-même et pire, de confirmer que son propre rôle à l'intérieur de son institution n'est que subalternité au patron blanc ??? A quand son propre sursaut pour sa propre libération ?
Je ne veux finir donc en revenant sur la bonne nouvelle du jour, celle qui nous vient du côté de Yaoundé. c'est la nomination de plusieurs chefs traditionnels au nouveau Sénat du Cameroun. Au début, j'avais été contre la création d'une telle institution, la jugeant comme l’énième élément pour jeter l'argent du contribuable par la fenêtre, sans que rien ne change; je ne puis ne pas me réjouir de la tournure que cette institution vient de prendre. Car depuis 1884, c'est la première rencontre au cœur du pouvoir politique de ce pays du souffle identitaire en provenance de plusieurs chefferies traditionnelles du Cameroun. C'est la première fois depuis la violence de la période d'occupation coloniale que notre identité africaine, notre culture africaine, notre spiritualité africaine est prise en compte d'une manière si importante dans le modèle démocratique en construction. Si nous sommes incapables de valoriser nos chefferies traditionnelles, de valoriser notre propre culture, nous ne sommes rien.
A la différence du passé où des chefs traditionnels ou fils de chefs étaient nommés ministres pour une raison d'équilibre régionale, cette fois-ci ce n'est plus la promotion d'un individu, mais c'est la sagesse et la l'organisation sociétale des chefferies traditionnelles qui qui est reconnue et appeler à corriger le modèle importé dit démocratique que nous avons tant de mal à interpréter. Maintenant, nous attendons de nos sages qu'ils fassent en sorte que pour la première fois, la télévision d'état se réveille enfin pour parler de nous au positif, pour parler de notre tradition comme valeur, de notre spiritualité comme vertu, non plus comme folklore pour des touristes en mal d'exotisme, mais comme base de la cohésion nationale que nous ne pouvons bâtir sans être fiers de nous mêmes, sans assumer notre propre identité culturelle.
Repartir de nos villages pour conquérir le monde, repartir de nos chefferies pour structurer notre propre démocratie est le gage que nous ne sommes pas en train de construire la maison sur du sable mouvant, mais sur la roche. JPP10/05/2013
Le lien facebook de la leçon 50-4/5 :
https://www.facebook.com/JeanPaulPougala/posts/276453522491454?comment_id=1214120&offset=0&total_comments=16¬if_t=feed_comment
07/05/2013
Leçon de Géostratégie Africaine n° 50 POUR TELECHARGER OU IMPRIMER CE COURS, CLIQUEZ ICI
L’ESPIONNAGE RELIGIEUX - partie 4/5 : LE VATICAN (Jean-Paul Pougala)
Dans son livre intitulé « Il vangelo secondo la matematica » (l’évangile selon la mathématique), le penseur et mathématicien italien Piergiorgio Odifreddi soutient que « La vera religione è la matematica, il resto è superstizione. O, detto altrimenti, la religione è la matematica dei poveri di spirito. » (la vraie religion est la mathématique, le reste n’est que superstition. Ou, dit autrement, la religion est la mathématique des pauvres d’esprit). Mais ce qui nous intéresse le plus aujourd’hui est ce que ce mathématicien va dire pour définir le Vatican : « un nido di vipere e spelonca di ladri», c’est-à-dire, (le Vatican est un nid de vipères et une grotte pour cacher les truands).
Lorsqu’il dirigeait le département de philosophie de la prestigieuse université américaine, la Harvard University, un autre mathématicien, le Britannique Alfred North Whitehead (1861-1947) déclara ceci : « la théologie chrétienne a été le pire désastre de l’histoire de l’humanité », avec ses 9 millions de personnes tuées en Europe après 1484, toutes des personnes qui refusaient la pensée unique de la vision déiste du clergé. A la fin de l’empire romain au 5ème siècle de notre ère, c’est l’église catholique romaine qui prend le relai et va gouverner, mieux, commander sans partage dans toute l’Europe pendant tous les 1000 ans du Moyen-Age. A la Renaissance à partir du 15ème siècle, des voix des intellectuels téméraires se lèvent, certains, pour contester l’existence de dieu, d’autres pour contester le pouvoir de l’Eglise catholique.
En 1497, la ville italienne de Florence est le théâtre du plus grand bûcher public de l’époque. La musique devait être essentiellement religieuse, les peintres ne pouvaient dessiner que Jésus ou Marie portant Jésus, les poèmes et les livres ne devaient traiter que de dieu. Tous ceux qui s’écartaient de cette ligne furent brulés dans ce bucher. Même les instruments de musique jugés trop festifs furent brûlés.
Mais ce qui trouble le sommeil du pape à Rome n’est pas l’activisme des non-croyants, mais plutôt les nouveaux croyants, les dissidents, la montée du protestantisme. Pour le pape, le fait de dire que dieu n’existe pas ne trouvera jamais l’adhésion de la masse populaire, surtout une masse depuis très longtemps conditionnée par les messes dominicales, les nombreuses fêtes religieuses et les veillées de prières tous les jours. Le plus grand danger pour le pape, ce sont les autres religions qui naissent et contestent l’hégémonie du pouvoir du clergé catholique. Ce sont les protestants. Et c’est surtout pour les espionner, les contrôler pour mieux les combattre que le Pape Pie V crée les premiers services secrets modernes, en 1566, une véritable structure organisée d’espionnage qu’il va appeler la « Sainte Alliance ». C’est ce service qui va assassiner le roi de France Henri V, jugé trop mou pour combattre les protestants en France. A peine 6 ans après sa création, ce sont ces services secrets qui vont organiser en 1576 toujours en France, la mort de 10 à 15.000 protestants le jour de Saint Barthélémy, le 24 aout 1572.
La « Sainte Aliance » sera complétée en 1909, grâce à Monseigneur Umberto Benigni, par une autre structure, celle-là de contre-espionnage, dénommée : « Sodalitium Pianum ».
COMMENT EN EST-ON ARRIVE LA ?
Tout commence au 11ème siècle lorsque le pape décrète sa compétence universelle pour commander tous les pays du monde connu à l’époque. Le mot « catholique » signifie « universelle » pour revendiquer cette autorité, ce pouvoir, pas seulement religieux, mais aussi politique et économique sur le monde. C’est pour cela qu’à cause de son prosélytisme, et contrairement au judaïsme, le christianisme est une religion de conquête coloniale, parce qu’il nait avec des prétentions hégémoniques sur les autres peuples. Il naît comme continuation de l’empire romain en décadence, mais conserve toute la fatuité, l’insolence, l’arrogance et la soif de gouverner le monde. Il naît avec une présomption de supériorité civilisationnelle et spirituelle sur les autres cultures et spiritualités du monde. C’est une culture, une civilisation qui se veut supérieure, au point de sentir le devoir de la propager au monde. Mais il s’agit, somme toute, d’une civilisation caractérisée par la brutalité, l’atrocité et la bestialité. Par exemple, même les animaux sont condamnés à mort. L’inhumanité de ce modèle prend souvent des allures plutôt grotesques, comme par exemple, les chenilles qui détruisent les récoltes sont excommuniées avec tout le rituel qui va avec et condamnées à l’exil. Un cheval qui fait tomber son maitre, un chien qui mord un enfant, un cochon qui a bouffé la récolte du voisin etc… tous ces animaux subissaient un procès qui finit presque toujours par la sentence de mise à mort avec un cérémonial des plus morbides, comme la mutilation, l’amputation ou la pendaison de l’animal. Toute la population avait l’obligation d’assister à cette mise à mort qui souvent allait de pair avec celle du propriétaire de l’animal. Il faut attendre le milieu du 18ème siècle pour qu’en Europe, l’Eglise catholique mette fin à cette barbarie et le dernier procès contre un animal s’est passe en France, en 1741, c’était contre une vache coupable, selon le clergé : « d’actes honteux ».
Pour les humains, la torture est encore pire et va prendre le nom de « purgatoire » comme maladie et « d’indulgence » comme remède. C’est contre cette tyrannie théocratique qui n’épargne même pas les animaux que les résistances vont s’organiser à partir du 15ème-16ème siècle, pour lutter surtout la goute d’eau qui a fait déborder le vase et a un nom : le purgatoire.
LE PURGATOIRE
Dans son livre de 516 pages intitulé "La naissance du Purgatoire", publié en 1981 chez Gallimard dans la collection : “Bibliothèque des histoires”, l’historien français Jacques Le Goff soutient que contrairement à ce qu’affirment ses collègues historiens, le Moyen-Age n’a pas été que les 1000 ans de sommeil mentale de l’Europe, mais bien plus. Dans une interview qu’il accorde à Nicolas Truong dans le mensuel « Le Monde de l'éducation » de Mai 2000, il va déclarer : « Au Moyen Âge se met véritablement en place l'élément fondamental de notre identité collective occidentale, qu'est le christianisme». Pour comprendre le poids de ces mots il faut attendre un an, pour lire dans le numéro de Juillet-Aout 2001, du même magazine où il ajoutera : « Le christianisme. C'est une spiritualité, une vision du monde, mais surtout un processus de civilisation, la civilisation européenne ».
Mais en quoi le Purgatoire est-il si important à l’Eglise Catholique ? Pour le savoir, il faut rentrer dans son livre « La naissance du Purgatoire » où il explique que c’est grâce à l’invention du Purgatoire que l’Eglise va revivre son deuxième souffle.
La bible est un livre sacré, son contenu est supposé dicté par dieu lui-même. Oui mais voilà, au 13ème siècle l’église va surprendre tout le monde en organisant la vie même chez dieu. Jusque-là on était habitué au fait que le Pape représentait dieu sur terre et dieu s’occupait des hommes après leur mort. Cette fois-ci, constatant que dieu était trop laxiste, et incapable de bien gérer l’au-delà, l’Eglise catholique va prendre les devants et créer ce que Luther appellera au 16ème siècle « Le Troisième Lieu », ou tout simplement, « Cet au-delà "inventé" qui n'était pas dans l'Ecriture » conclura Jacques Le Goff, ce Purgatoire qui sera validé ensuite par le Concile de Lyon en 1274.
Cette décision de l’Eglise va recevoir une publicité inespérée au début au 14ème siècle avec la publication du plus grand chef d’œuvre poétique de tout le moyen-âge, le livre de l’Italien Dante Alighieri, dénommé « La Divina commedia », la Divine Comédie (ou « La Commedia » à l’origine), un cantique de poèmes écrits entre 1307 et 1321. Ce sont des poèmes en langue florentine. Son succès est tel que ce qui n’était qu’un dialecte régional, va s’imposer sur les autres dialectes de la péninsule où jusque-là, seul le latin est la langue officielle, pour devenir l’italien que nous connaissons aujourd’hui.
Dante va s’imaginer après la mort où les choses ne se passent pas exactement comme il a toujours cru d’une destination simple entre le paradis et l’enfer en fonction de ses péchés sur terre. Les choses ne sont pas aussi faciles parce qu’il se retrouve devant une troisième voie : le purgatoire. Contrairement, à l’enfer qui est éternel, le purgatoire de Dante est temporaire. L’Eglise catholique va s’engouffrer dans la popularité du livre de Dante, pour cette nouvelle vision de la vie après la mort. Et va pratiquer l’impensable : monnayer la sortie du purgatoire. En d’autres termes, le clergé va instituer qu’après la mort, désormais, tout le monde passera d’abord par ce purgatoire, quel que soit la bonté de votre vie sur terre. Et pour sortir du purgatoire, les familiers doivent faire beaucoup de prières. A moins que vous décidiez de payer, alors là, votre séjour au purgatoire s’écourte immédiatement et vous passez directement au paradis.
Cette nouvelle stratégie de la peur du purgatoire, mais une peur qu’on peut dissiper avec l’argent aura un nom : « l’indulgence » et va procurer à l’Eglise un pactole financier inespéré, de l’argent frais qui va servir pour ériger la plupart des somptueuses cathédrales et monastères que nous connaissons de nos jours à travers toute l’Europe. L’indulgence est le nouveau pouvoir que dieu aurait donné au pape pour agir en son nom, même pour des situations qui se passeraient dans la compétence territoriale de dieu lui-même, c’est-à-dire après la mort. C’est un dieu paresseux qui agit par procuration. Le problème c’est que rien de tout cela n’est écrit dans la bible, ni dans l’ancien testament, encore moins dans le nouveau testament. La solution est vite trouvée : comme pour les musulman et les juifs, il est alors formellement interdit aux fidèles de toucher ou de lire la bible jugée avoir des pouvoirs que les non-initiés, les non-prêtres ne doivent pas approcher. On a ainsi avec l’indulgence et le purgatoire, des nouveaux péchés dits de métier. Le hasard veut que ces nouveaux péchés touchent les professions les plus riches, comme les banquiers, les commerçants. L’astuce est simple et la filouterie bien rodée : dieu est contre la richesse, tous ces métiers qui rendent riches sont condamnés par l’Eglise et par conséquent, leurs opérateurs doivent passer plus de siècles au purgatoire que les autres. A moins qu’ils payent très cher le ticket de sortir du purgatoire et ce, même avant leur mort. C’est ainsi qu’à la lecture des testaments, il était fréquent de découvrir que le banquier qui vient de mourir a laissé l’essentiel de ses biens au clergé, pour dit-il payer l’indulgence pour ne pas séjourner même un seul jour au purgatoire. Une publicité du clergé de l’époque récitait ceci : « le bruit de l’argent dans la caisse de l’église fait passer automatiquement l’âme du défunt directement du purgatoire vers le paradis ».
D’autres éléments vont s’ajouter à l’indulgence, comme le fait de ne pas vouloir faire le jeune du carême. Ainsi, si un riche veut continuer à manger les produits gras durant la période du jeûne du carême, il devrait juste payer une forte somme d’argent à l’Eglise catholique et il a son indulgence, ou le droit de violer les commandements de dieu.
Pour justifier ces comportements délictueux et immoraux du clergé, l’église va créer deux classes sociale, celle du clergé, les illuminés et le peuple, tout le peuple, les non-prêtres, appelés « laics ». Seuls les premiers peuvent posséder et lire la bible, rigoureusement en Latin, même si en Europe presque personne ne connait le latin, même pas les prêtres eux-mêmes. Mais pourquoi cette interdiction de la bible au peuple ? parce qu’il est impossible d’instaurer un tel totalitarisme dans le respect des textes bibliques. Plusieurs entorses sont alors permises, validées par les ordonnances du Pape, qui à la fin dépassent de loin, les pages même de la bible. On en compte environ 1800. En voici 3 pour exemple, de pratiques inventées par le clergé et qui ne figurent nulle part dans la bible :
- "Tu n'appelleras personne père car un seul est ton père et il est dans les cieux". Or pour marquer sa domination sur le peuple, le clergé impose que même le plus vieux d'un village, du haut de ses 103 ans doit appeler un jeune prêtre de 25 ans "mon père"
- "Tu honoreras le Seigneur ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte". Personne ne peut donc expliquer d'où l'Eglise sort son culte aux Ange et à la vierge Marie.
- "l'évêque doit être mari d'une seule femme". Cette partie est en parfaite contradiction avec le célibat des prêtres.
- Toute cette tromperie va perdurer jusqu’à un événement en apparence anodin, mais qui va faire écrouler tout l’édifice : l’imprimerie. Lorsque Gutenberg invente les nouvelles techniques d’imprimerie dites de typographie, pour permettre de réduire drastiquement le coût du livre en multipliant sa quantité, parmi les premiers livres à être imprimés, il y a la bible. La multiplication de la bible va finalement permettre à la partie de l’Europe avec le moins d’analphabètes (Europe du Nord) de lire elle-même son contenu et de comprendre pour enfin déduire que le clergé avait menti. Le plus grand foyer de contestation va naitre dans le sud de l’Allemagne et pour cause, c’est là que sont concentrées les plus grandes banques, c’est-à-dire, celles-là même dont les propriétaires ont été les plus spoliés par le clergé avec l’histoire du purgatoire et de la conséquente indulgence. C’est d’ici qu’un certain Matin Luther va conduire la fronde qui va se propager à toute l’Europe surtout du Nord. Ce n’est donc pas un hasard si c’est un Allemand qui invente la typographie, qu’il soit associé à un banquier (Allemand) pour exploiter son invention, que leur cible soit de vulgariser la bible pour mettre à nue ce qu’ils appellent « l’imposture du clergé » et que ce soit un Allemand Luther à faire la révolution contre l’église catholique.
Du côté du clergé catholique, la contre-attaque ne se fait pas attendre. Elle prend tout d’abord la forme du refus catégorique de la légitimité des églises concurrente. Et à aujourd’hui, après 5 siècles, l’Eglise Catholique romaine est la seule organisation religieuse au monde qui refuse de se faire appeler par son vrai nom : Eglise catholique. Elle se considère comme la seule légitimée à parler de Jésus Christ, toutes les autres ne sont que des imposteurs. Voilà pourquoi elle préfère d’être appelée non pas l’Eglise catholique, mais « l’Eglise ». Là, nous ne sommes plus dans une bataille purement religieuse, mais politique. En effet, qui détient le pouvoir religieux contrôle aussi plus facilement la politique. L’autre contre-attaque prendra le nom de la « Sainte Alliance », les services secrets du Vatican, réputés par certains comme étant les meilleurs au monde.
LA SAINTE ALIANCE ET LA SODALITIUM PIANUM ! QU’EST-CE QUE C’EST ?
C’est le responsable de la Sainte Alliance au milieu du 17ème siècle, un certain Paluzzo Paluzzi, qui va pour la première fois expliquer au public et officiellement ce que fait le service secret du Vatican : « Si le pape ordonne de liquider quelqu'un pour défendre la foi, on le fait sans poser de questions. Il est la voix de Dieu, et nous, son bras exécuteur. » Ces propos sont reportés par le journaliste d’investigation péruvien, Eric Frattini (né à Lima en 1963), dans son livre : "La sainte alliance : histoire des services secrets du Vatican" publié en 2006 et traduit en français chez Flammarion.
Parlant de la Sainte Alliance, Frattini affirme : «elle a œuvré dans l'ombre au cours des cinq derniers siècles, faisant assassiner des rois, finançant des coups d'Etat, soutenant des dictatures, créant nombre de sociétés secrètes chargées d'éliminer des opposants, aidant à l'évasion de criminels nazis, provoquant des faillites financières et nouant des relations occultes avec la mafia et les trafiquants d'armes ».
Selon Antonella Colonna Vilasi, professeure d’Espionnage dans différentes facultés de plusieurs universités italiennes, dont Molise, Naples, Pontife etc., dans une interview concédée au journaliste Alfonso Palumbo dans le journal Prisma News du 9 Juin 2012, les espions du Vatican sont composés essentiellement : « d’un réseau de prêtres qui n’ont pas peur, prêts à tout, même à mourir, ce sont des soldats de l’ombre aux ordres du pape. Depuis 500 ans, ce sont les avangardistes de la foi chrétienne, ils obéissent aveuglement à l’autorité pontificale : en diffamant, en conspirant, en empoisonnant et en assassinant la cible choisie, au nom de dieu ». Ils se servent aussi des services de certains fidèles plus croyants pour atteindre l’objectif. Et lorsque le journaliste Palumbo lui demande quel est le meilleur service secret du monde, elle répond en paraphrasant le chasseur de criminels Nazis Simon Wiesenthal, qui répondant à la même question avait alors dit sans trop réfléchir : « les services secrets de l’Etat du Vatican ». Wiesenthal avait été émerveillé de la capacité des services secrets du Vatican à cacher une personne ou de la trouver partout sur la planète terre, grâce à une forte ramification des églises presque partout dans le monde, avec toujours une direction locale de la « Sainte Alliance » à l’intérieur de chaque ambassade du Vatican dénommée Nonce Apostolique.
L’instrument le plus puissant entre les mains du Vatican pour espionner le peuple a été de tout temps la « confession ». Mais cela ne lui sera pas très utile lors de l’unité d’Italie, qui a signé la fin de l’emprise du Vatican sur un tiers du pays en 1870. On a accusé ces services secrets de n’avoir pas su anticiper les évènements qui vont finir par confiner le pape dans un espace aussi petit que les 44 hectares. Mais ces derniers ont répondu que ce sont les prêtres, les cardinaux et le pape qui n’ont pas su analyser les informations qui venaient des services secrets. La vérité est que les partisans de Garibaldi (l’artisan de l’unité d’Italie), même si ce dernier avait été excommunié par le pape en personne, ont continué d’aller à l’église, et ont mené une intense activité de contre-espionnage qui consistait principalement, à fournir les mauvaises informations aux espions du Vatican, surtout dans les isoloirs de confessions.
L’Italie ne sera pas le seul pays qui, pour réussir son unité et stabiliser son autorité doit faire face à l’hostilité du Vatican et de ses puissants services secrets qui travaillent plutôt pour la maxime romaine : diviser pour mieux régner. Nous allons voir comment, avec deux exemples de rapports conflictuels avec le Vatican, non pas avec 2 pays communistes mais occidentaux : le Royaume Uni et les Etats-Unis d’Amérique.
EN ANGLETERRE
En Angleterre, c’est le roi Henri VIII qui au 16ème siècle va mettre le pied dans le plat du catholicisme. De 1533 à 1540, il prend sa liberté de Rome. Il déclare alors que « il existe plusieurs Jésus et chacun suit le sien en fonction de ses intérêts. L’autonomie spirituelle est le socle de la liberté d’une nation. Le Royaume Uni ne peut pas se dire indépendant tout en recevant des ordres d’une spiritualité décidée à Rome ». Comme Le pape à Rome ne l’entend pas de cette oreille et ne veut pas se laisser faire, c’est le début de 30 années de turbulences et de guerre civiles qui vont accompagner 3 règnes successifs de Henri VIII (1491-1547) à Eduard VI, puis Marie Ière. 30 ans qui vont voir l’Angleterre se libérer du catholicisme pour s’installer dans le protestantisme et revenir au catholicisme, c’est-à-dire, perdre le bras de fer avec Rome qui sait que le temps joue toujours en sa faveur.
Tout commence avec une histoire personnelle qui va mettre le roi Henri VIII en route de collision avec la domination spirituelle de Rome. Lorsqu’il devient roi le 22 Avril 1509, il a 18 ans. Il doit épouser Catherine d’Aragone (fille du roi d’Espagne) qui a 26 ans, la veuve de son frère ainée Arthur, mort de tuberculose en 1502 à l’âge de 15 ans. Pour l’épouser, il faut le certificat de virginité décerné par le pape en personne. Cette histoire chiffonne le jeune roi, qui décide d’y mettre un terme.
Mais comment peut-il dire à ses sujets qui depuis des siècles croient que dieu existe et qu’il a son seul et unique représentant sur la terre, c’est le Pape à Rome, que ce n’est pas vrai ? Surtout, il a envie de leur dire que dieu existe bel et bien oui, mais son seul et unique représentant n’est plus le pape, mais le roi d’Angleterre ? Henri VIII sait par ailleurs que ce n’est pas facile de se lever un matin et d’aller contre une institution millénaire comme l’Eglise catholique. Il a un casse-tête à résoudre : il sait que le point fort de l’Eglise catholique c’est la prise sur la masse de pauvres. Comment drainer tous ces pauvres avec qui on ne peut pas trop philosopher pour leur expliquer le principe de l’autonomie spirituelle comme gage de l’autonomie tout court ? Le roi est une personne très intelligente. Contre les idées de tous les conseillers, il va avoir une intuition, une idée qui va se révéler révolutionnaire pour solutionner son problème : frapper les pauvres au portefeuille. Et ça marche. Henri VIII décide tout simplement d’obliger tous les adultes à aller à la messe au moins une fois par semaine et si on ne veut pas y aller, il suffit de payer une petite amende de 12 pences. Oui, mais ce montant équivaut à la moitié du salaire hebdomadaire d’un ouvrier. Et c’est comme cela que les pauvres, les ouvriers, les artisans vont se bousculer en masse pour aller à l’église le dimanche, tout en se faisant bien jolis. C’est Elisabeth Ière qui va officialiser le tout dans sa fameuse Uniformity Act adoptée en 1559.
Aujourd’hui, au 21ème siècle, être un catholique au Royaume Uni est avant tout être un traitre. Ainsi, un Premier Ministre Britannique ne peut pas être de confession religieuse catholique. Il peut être de toutes les sectes : scientologue, Mormon, Témoin de Jehova etc… mais pas catholique. Un diocèse anglican peut usurper du nom d’un diocèse catholique, ce qui est illégal, même en commerce où vous ne pouvez pas usurper du nom d’un concurrent. Mais au Royaume uni, si le diocèse qui subit un tel préjudice est un diocèse catholique, il n’y aura aucune poursuite. Parce qu’au pays de la « démocratie avancée », il existe des lois pour punir toutes les formes de discrimination possible, mais pas pour l’Eglise catholique. Il est par exemple formellement interdit à l’héritier au trône d’épouser une ou un catholique. Car pour les Britanniques, un catholique est un sujet du Vatican et un Roi du Royaume Uni ne peut pas prendre des ordres d’un pays étranger. Etre catholique c’est menacer la sécurité nationale de tous les Britannique.
LES USA : OU COMMENT LES NOIRS SONT A L’ORIGINE DE LA REDUCTION DU VATICAN EN L’ETAT LE PLUS PETIT DU MONDE AVEC 44 HECTARES.
Réagissant à un ensemble de mesures prises par l’administration Obama comme la surpression des subventions fédérales à l’Eglise catholique américaine, dans la revue catholique dénommée : American Papist, du 26 novembre 2011 dans un article intitulé : « La discrimination anticatholique du gouvernement Obama fait l’objet d’une audition à la Chambre des Représentants », on peut lire sous la plume de Daniel Hamiche, ceci : « Rompant tous ses engagements antérieurs – y compris ceux jurés par Barack Obama lors de sa prestation controversée à la Notre Dame University le 17 mai 2009 – preuves, s’il en était besoin, de l’erreur commise par la présidence de cette université catholique d’avoir défié la mise en garde des évêques américains, et de l’absence de parole du médiocre politicien qu’est Obama –, le gouvernement américain a déclaré une guerre sournoise mais impitoyable à l’Église catholique ».
Le ton acerbe et même injurieux et offensant de cet article de la part d’un prélat, montre à quel point l’église catholique est aux abois, sur le territoire américain, perçue par l’administration américaine comme une ennemie à contrôler et même à combattre, malgré la liberté religieuse que professe ce pays. Pour comprendre l’origine de cette haine réciproque, il faut retourner à la bulle papale, citée 3 fois dans le tome1 qui dit que les noirs n’ont pas d’âmes et sont assimilés à des animaux, donc peuvent être réduits en esclavage.
Le 1er janvier 1863, en pleine guerre civile (depuis 1861) contre le Sud qui ne veut pas lâcher prise sur le commerce et l’exploitation des esclaves noirs capturés en Afrique, le président des Etats-Unis Abraham Lincoln proclame l’abolition de l’esclavage des noirs. Cet acte va encore plus attiser les braises de la guerre. Il est vécu par le Pape à Rome, comme un véritable affront. Il va alors s’activer pour prêter main forte aux rebelles du Sud. Les services secrets du Vatican vont faire tourner à plein régimes deux diocèses : celles de New-York dans le nord unioniste et celle de la Nouvelle Orléans dans le sud séparatiste. C’est à travers ces 2 points que des contacts sont entretenus avec le chef des rebelles séparatistes Jefferson Davis le Pape Pie IX à Rome. Deux correspondances en particulier entre les deux hommes vont entrer dans les livres d’histoire. La première, écrite le 23 septembre 1863 depuis Richmond, est signée par Jefferson Davis, adressée au Pape pour le remercier de son soutien. La deuxième lettre qui nous intéresse est la réponse du Pape Pie IX envoyée de Rome le 3 décembre 1863, où le pape donne tout le soutien au chef rebelle. Lorsque les Agents de Lincoln interceptent cette lettre du pape, et la font lire au président Lincoln, il va tout simplement déclarer : « Cette lettre du pape change complètement la nature et le fondement de la guerre ». C’est en effet, le premier état étranger qui ose défier Washington en apportant son soutien à la rébellion. Lincoln a raison de s’inquiéter, car la papauté n’est pas un état comme un autre et la soumission religieuse des fidèles va au-delà de tout sentiment nationaliste. Ceux qui croient qu’avec le pape ils ont une place bien au chaud au paradis, après leur mort, ne vont pas la perdre pour satisfaire un politicien qui parle de sauver la Nation. Ainsi, à la fin de la guerre, les statistiques montreront que les catholiques irlandais représentaient les 76% des défections dans l’armée unioniste de Lincoln, les catholiques allemands, les 16% et toutes les autres confessions religieuses, les restants 8%.
Le président Lincoln a un ami qui l’informe de ce qui se fait et se dit dans l’Eglise catholique. Il s’appelle : Charles Chiniquy, un ancien prêtre catholique né en 1809 au Canada et envoyé aux USA, dans l’Illinois avec le titre de « prêtre colonisateur » pour les immigrants français de cet Etat. Il critique presque tout de l’Eglise catholique, comme son immense patrimoine immobilier, le dogme de l’adoration de la Vierge Marie qu’il juge une pratique païenne, il est suspendu de l’Eglise et excommunié en 1858. Il va quitter l’Eglise catholique en entrainant avec lui tout son diocèse de Sainte Anne et passer le restant de sa vie à une croisade anti-catholique. Il déclare dans son livre autobiographique : « Voilà donc la vérité, mes amis, concernant l'attitude de l'Église Romaine. Ils ont la Bible, vous la trouverez sur la table des prêtres et de certains catholiques, mais il n'y a pas deux prêtres sur 10.000 qui lisent la Bible du commencement à la fin et y prêtent attention. Ils lisent quelques pages par ci par là et c'est tout ».
Il raconte à Lincoln qu’il est condamné à mort par la papauté à Rome, pour avoir proclamé l’abolition de l’esclavage. Il l’exhorte par conséquent de ne plus s’exposer en publique : « Par cette lettre, le Pape dit à ses esclaves aveugles (les fidèles de toutes les églises catholiques des Etats-unis) qu’en abolissant l’esclavage et en poursuivant la guerre contre les séparatistes du Sud, vous avez outragé le Dieu du ciel et de la terre. Par cette lettre du Pape à Jeff Davis vous n'êtes pas seulement un apostat, comme vous le pensiez avant, que chaque homme a le droit de tuer, selon les lois canoniques de Rome: mais vous êtes plus vile, criminel et cruel que le voleur de chevaux, le vulgaire bandit, et le brigand sans foi ni loi, voleur et assassin (…), c'est l'explication unanime que m'a donné un grand nombre de prêtres de Rome, avec qui j'ai eu l'occasion de m'exprimer sur ce sujet. Au nom de Dieu et au nom de notre cher pays, qui a tant besoin de vos services, je plaide que vous fassiez plus attention à protéger votre précieuse vie, et ne pas continuer à vous exposer comme vous l'avez fait jusqu'à présent ».
La réponse de Lincoln à son ami Charles Chiniquy est des plus touchantes : «Si le Vatican m'a condamné à mort, c'est un vrai miracle que ses tireurs ne m'aient pas encore atteint. Mais peut-on s'attendre à ce que Dieu fasse un miracle perpétuel pour sauver ma vie? Je ne crois pas. Les Jésuites sont si experts dans ces actes de sang que Henri IV (roi de France qui a été assassiné par les mêmes Jésuites), a déclaré qu'il était impossible de leur échapper, et il devint leur victime, alors qu'il pensait qu'il faisait tout ce qu'il pouvait pour se protéger. Depuis la lettre du Pape à Jeff Davis, un million de poignards ont certainement été aiguisés pour percer ma poitrine (...). Toute personne qui a une mission de justice à accomplir doit se soucier non pas de comment et où il va mourir, mais s'il doit mourir au poste d'honneur et du devoir ».
Sur le terrain de la guerre elle-même, les forces armées unionistes de Lincoln sont en train de prendre le dessus et en Juillet 1864, c’est le dernier raid des séparatistes sudistes sur Washington. En Septembre, c’est Atlanta qui est prise par les unionistes de Lincoln. Le 9 Avril 1865, c’est la reddition du général Lee et donc, la fin de la guerre. Lincoln a gagné.
5 jours plus tard, le 14 Avril 1865, Lincoln est assassiné. Mais pour saluer son sacrifice, le 13 décembre 1865, c’est la ratification du 13ème amendement à la constitution américaine abolissant l’esclavage. Et Rupture des relations diplomatiques entre les Etats Unis d’Amérique et le Vatican. 11 jours plus tard, c’est-à-dire le 24 décembre à la veille de noël, c’est la création du Kux Klux Klan, suivi par la White Anglo-Saxon Protestant (WASP) deux mouvements racistes qui se battent pour la « suprématie blanche » en se référant à des passages de la bible, notamment la Genèse 9:27. Ils sont très actifs dans le fameux « Bible Belt », la ceinture biblique, ce sont les 11 états séparatistes qui viennent de perdre la guerre et 6 autres états qui leur sont frontaliers et qui se considèrent comme des fondamentalistes chrétiens. Ils ne vont pas mettre longtemps à faire parler d’eux. En 1866 on a les massacres des Noirs à Memphis et à La Nouvelle-Orléans.
Avec l’émotion de la mort de Lincoln, c’est son dauphin qui sera élu pour le remplacer. Débute alors une chasse à l’homme contre Pie IX. Les américains financent ouvertement les rebelles italiens conduits par Garibaldi pour renverser le Pape à Rome. 5 ans après la mort de Lincoln, le 18 Juillet 1870, l’armée française de Napoléon est contrainte de quitter Rome, où les troupes de Garibaldi s’installent. Les Etats Pontificaux sont terminés à jamais, depuis l’an 752 crées sur la base d’un faux document selon lequel l’inventeur du christianisme l’Empereur Romain Constantin 1er, lorsqu’il déplace la capitale de son empire de Rome à Constantinople (Turquie) aurait cédé au pape Sylvestre 1er, tous ses provinces de l’Occident. Ce faux document prend le nom de « Donation de Constantin » et symbolise la rupture avec les Orthodoxes qui se disent les vrais et légitimes chrétiens, puisqu’ayant continué sous le commandement de Constantin et les catholique romains, des imposteurs.
Pour les Américains, Lincoln a été vengé. Le pape est confiné dans 44 hectares de lambeau de terre avec toute l’humiliation qui perdure encore de nos jours, coloriées de scandales financiers et sexuels, jusqu’à la démission du Pape Benoit XVI et son remplacement par un Jésuite, François Premier. Les mauvaises langues disent qu’il a été contraint à la démission par les Jésuites qui contrôlent les services secrets et les finances du Vatican et donc, la fondation de tout l’édifice.
Si les Américains n’ont pas complètement effacé le Vatican, c’est parce qu’ils avaient besoin de la docilité d’un micro Etat qui à son tour peut contrôler, 1 milliard de fidèles vrais ou supposés, dans le monde. En effet, ce calcul va se confirmer à la deuxième guerre mondiale avec ses trois protagonistes, L’Allemagne, l’Italie et le Vatican.
En Allemagne, Hitler va obtenir la plus grande légitimité de sa politique dans l’accord qu’il signe avec le Vatican, c’est le Concordat du 20 juillet 1933. Ce qui attire notre attention dans ce concordat, est son article 14 qui dit « Les nominations d’archevêques, d’évêques et toute autre nomination ne deviendront définitives que lorsque le représentant du Reich aura donné son accord pour ce qui est de savoir si ces nominations ne présentent pas d’inconvénients au point de vue politique générale. »
Dans le Communiqué que le 3ème Reich publie dans la presse le 10 juillet 1933 pour informer le peuple allemand de cet accord, Hitler déclare : « La conclusion du concordat me paraît apporter la garantie suffisante que les citoyens du Reich de confession catholique se mettront dorénavant sans réserve au service du nouvel État national-socialiste ».
A la fin de la guerre, toute la faute sera portée uniquement sur l’Allemagne. L’Italie en sera épargnée. Pas d’occupation militaire de la capitale italienne pendant 50 ans, comme dans le cas de l’Allemagne, pas de procès du genre Nuremberg aux responsables de la guerre. Rien. Cette amnésie collective voulue par les Américains va arriver à l’impensable où lorsqu’on pose la question aux Italiens s’ils ont perdu ou gagné la deuxième guerre mondiale, la majorité répond sans hésiter qu’ils ont gagné la guerre, contre Hitler et Mussolini, grâce à leurs Alliés américains. Il y a une raison à tout cela. Avec la guerre froide, le Vatican tenu en apnée par les Américains du fait d’avoir été poussé à la faute pendant la deuxième guerre mondiale (avait-il beaucoup de choix avec Hitler et Mussolini, confiné dans 44 hectares ?) a été très utile pour combattre les ennemis communistes de l’Est, et par définition, des athées.
Il faudra attendre l’année 1984 pour le re-établissement des relations diplomatiques entre le Vatican et les USA du conservateur Ronald Reagan, après 119 ans de rupture. En échange, le Vatican mènera une campagne contre ses propres prêtres en Amérique du Sud jugés trop hostiles à l’ultralibéralisme américain et qu’on accusera de prêtres communistes ou pratiquant la « théologie de la libération ».
Mais malgré ses 45/60 millions de fidèles qui font d’elle la toute première religion aux USA, le catholicisme est paradoxalement classé dans ce pays comme religion minoritaire. De tous les 44 présidents américains, un seul a été catholique, Kennedy, élu dit-on avec l’aide de la mafia italienne, et il a été assassiné. Son frère, sur le point d’être élu à la présidence des USA a lui aussi été assassiné. Avant Reagan, il n’y avait eu qu’un seul Catholique à siéger à la Cour Suprême des Etats–Unis, il va en nommer de nouveau, jusqu’à Obama qui en nommant Sotomayor, fait basculer, à la majorité de ses membres et pour la premier dans l’histoire des USA le nombre des juges de cette Cour Suprême.
QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?
La leçon de ce cours nous vient de l’Abbé Charles Chiniquy qui jusqu’à sa mort en 1899, a multiplié les conférences à travers les Etats-Unis pour expliquer les vrais raisons du complot du Vatican contre les Etats-Unis. Il dit que le soutien de la papauté aux sécessionnistes du sud s’expliquait par une volonté de balkaniser le pays et d’empêcher sa fédération politique, parce qu’il fallait empêcher que le président de la fédération américaine soit plus puissant que le Pape. La sécession des 11 premiers états, n’était que la première étape de la dislocation, car ces 11 états n’auraient jamais accepté ensuite de former une confédération, mais se transformer en 11 pays indépendants. Et grâce à l’action des hommes de l’Eglise, on aurait encouragé les autres états à prendre leur indépendance jusqu’à avoir 50 pays indépendants. Dans cette situation, on aurait 50 chefs ‘etats fragilisés par leur division et seul le Vatican aurait un maillage fédéral des Etats-Unis et donc par définition, ce serait le Pape qui serait le vrai président des Etats-Unis.
20 ans plus tard, en 1884, à la Conférence de Berlin, forts de l’expérience de la puissance de la fédération américaine, Il est curieux de constater que la priorité des participants à la rencontre sera de diviser le continent africain en une cinquantaine d’Etats. Le chiffre de cinquante n’est pas un hasard. Démanteler l’Afrique en une cinquantaine de morceaux a une parfaite analogie avec l’expérience américaine. Les erreurs commises par le Vatican à la guerre de secession américaine seront corrigées pour l’Afrique. L’occupation coloniale sera précédée de l’arrivée des missionnaires chrétiens. Là aussi ce n’est pas un hasard. Il faut se rappeler les objectifs confiés à l’Abbé Chiniquy lorsqu’il est dépêché dans l’Illinois et surtout son titre : « prêtre colonisateur ». On arrive à la conclusion qu’aujourd’hui, l’Afrique, toute l’Afrique est sous colonisation religieuse. Les pays ont eu l’indépendance certes, mais à cause de leur fragmentation, qui commande réellement en Afrique sont les ONG ou les missionnaires qu’ils soit catholiques, protestants ou musulmans, c’est eux qui rythment la vie politique et économique du continent africain. Ils sont de loin au contact de toute la population et au parfum de ses humeurs alors que les dirigeants sont souvent cloitrés dans leur tours, tel que voulues et construites par les conseillers Européens.
Le Pape est la seule personne qui a un pouvoir fédéral sur l’ensemble des pays africain, puisque chaque chef d’Etat ne contrôle que ses petites frontières. Les hommes du Vatican, eux, n’ont aucune frontière en Afrique et la coordination de ses hommes sur le terrain est un atout pour soigner les intérêts de ce pays aussi petit soit-il de 44 hectares, mais dont le pouvoir dépasse largement celui de tous les 53 présidents africains réunis. Leurs pouvoirs atomisés ne sont pas sommables, ne sont pas additionnables, d’où l’urgence des Etats-Unis d’Afrique, pas pour la nostalgie des héros de nos indépendances, mais comme unique réponse stratégique adaptée à l’adversité que le système dominant a imposé à l’Afrique.
Connaitre l’histoire des relations conflictuelles de la course au pouvoir réel entre les américains et leurs cousins européens nous permet d’anticiper les conflits sur le continent africain et ailleurs. Le soutien du Vatican au chef rebelle séparatiste sudiste Davis est le même qu’on a retrouvé au Sud Soudan qui a porté à l’émiettement du plus grand pays africain en superficie entre deux pays, un au Nord prétendument musulman et l’autre au sud, soi-disant chrétien.
C’est le même appui qu’on trouve aux rebelles au Nord du Mali où le pyromane devient pompier pour la circonstance, et qui ne vise que l’objectif de diviser ce pays dont la superficie est le double de la France. C’est le même support dont bénéficient les multiples rebelles en République Démocratique du Congo, avec pour soi-disant les combattre, ces mêmes pyromanes qui les arment et les financent, précieux prétexte pour occuper le Congo faisant de ce pays africain, celui au monde avec le plus grand contingent des casques bleus des Nations Unies. Mais aussi le pays le plus religieux d’Afrique, où chaque maison est une église réveillée, garantissant au passage la précarité économique du peuple et l’effacement de toute conscience populaire.
Le soutien hors d’Afrique à la radicalité des factions rivales chrétiennes et musulmanes au Nigeria ne va se terminer que par la division en deux nations indépendantes, du pays le plus peuplé d’Afrique si on ne prend pas conscience du fait que depuis la fin de l’empire romain, remplacé par la papauté, la religion est le cœur même de la réorganisation et du commandement du monde.
Si la Chine moderne n’a jamais voulu avoir des relations diplomatiques avec le Vatican c’est parce qu’elle est consciente que la liberté religieuse n’existe nulle part au monde. Ce sont les pays qui utilisent le prosélytisme chrétien et musulman pour conquérir et dominer les autres qui l’invoquent. Accepter que l’Eglise catholique installe ses diocèses sur les 9500 km2 du territoire chinois aurait signifié, instaurer un maillage du territoire par un service secret étranger plus puissant que les services de renseignement chinois et donc, qui aurait pu faire basculer le pouvoir à Pekin à tout moment. Voilà pourquoi le Dalaï-Lama est un parfait idiot-utile qui permet à l’occident d’utiliser le prétexte religieux des moines tibétains pour émietter la Chine en préconisant de chasser plus de 100 millions de populations de la province chinoise du Tibet et la rendre indépendante avec un pouvoir théocratique, qui sera bien sûr balayé par le christianisme et l’islam, c’est-à-dire, par tous les auto-proclamés « démocrates » qui en Occident, aujourd’hui soutiennent l’indépendance du Tibet sous le contrôle du Dalaï-Lama. L’enseignante italienne d’espionnage, Antonella Colonna Vilasi, nous révèle un récent accident diplomatique entre la Chine et le Vatican, parce qu’une cellule spéciale des services secrets du Vatican était chargée à compiler l’encyclopédie en ligne Wikipédia avec des informations fausses et alarmantes sur la Chine, décrite comme dictatoriale.
L’erreur de beaucoup de dirigeants africains c’est croire qu’ils vont utiliser le prélat local pour le mettre à son service. Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que les prêtres africains, tous les prêtres africains sont là pour satisfaire d’abord les intérêts de leur employeur qu’est le Vatican. Pire est que le Vatican veut leur pouvoir et non être à leur service.
EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Lors des élections présidentielles de 2011, le président sortant Joseph Kabila a cru par erreur que les hommes de dieu étaient avec lui avec toutes ses largesses à leur égard. Il a d’abord fait chapeauter la Commission Electorale Indépendante par un homme de dieu. Et autorisé que le Vatican dépêche 30.000 observateurs catholiques dans les 64.000 bureaux de vote, avant d’être surpris le jour de la proclamation de sa réélection de la contestation des résultats, non pas par les partis ou candidats rivaux, mais par la conférence des évêques catholiques congolais. Au lendemain des élections, dès le 14 decembre 2011, à contester la crédibilité des élections, c’est celui-là même qui avait présidé 20 ans auparavant la Conférence Nationale Souveraine au Congo, c’est le cardinal catholique congolais Laurent Monsengwo Pasinya. 3 semaines plus tard, c’est au tour de la Conférence épiscopale nationale congolaise (CENCO) qui, dans son rapport du 11 Janvier 2012, demande sans ménagement à la CENI, organe indépendant chargé d’organiser et de valider les résultats des élections, de modifier son verdict ou tout simplement de se dissoudre ou de démissionner.
AU CAMEROUN
Au Cameroun, en 1990 l'opposition politique mené par John Fru Ndi exige le multipartisme et l'organisation de la conférence nationale souveraine. Mr Biya, la déclare sans objet. La situation est très tendue. Personne ne sait comment tout cela va se terminer. Les services secrets du Vatican mettent alors au point une stratégie infaillible où quel que soit le vainqueur, l'Eglise catholique serait toujours comme le point de recours des différentes parties antagonistes.
Les tacticiens venus de Rome mettent alors sur pied une stratégie portant à organiser les camerounais dans deux factions artificielles, une derrière l'Archevêque de Yaoundé, Monseigneur Jean Zoa et l'autre derrière l'Archevêque de Garoua, le cardinal Christian Tumi. C'est la messe pour la paix que le premier organise le 30 mars 1990 devant les militants du RDPC, le parti au pouvoir qui officialise le parti pris de Jean Zoa pour Paul Biya, Les semaines suivantes, à l'occasion de la fête de la pentecôte, il y a la publication d'une lettre pastorale par l'ensemble des Evêques du Cameroun, officiellement pour parler d'économie, mais qui va tacler Biya et prendre indirectement le côté de l'opposant John Fru Ndi. Le piège se referme sur la population camerounaise. Désormais l'opinion publique, les journalistes vont articuler leurs positions autour de ces 2 personnages qui jouent, chacun, son rôle de faux antagoniste. Le pot aux roses viendra au grand jour, lorsque passé les élections présidentielles de 1992, l'Archevêque de Yaoundé Jean Zoa qui semblait être pour le parti au pouvoir, va le 11 Décembre 1992 se joindre aux autres évêques pour soutenir l'Evêque de Bamenda Monseigneur Paul Verdzekov attaqué par le gouvernement camerounais pour avoir utilisé la radio publique française Radio France Internationale du 7 décembre 1992, comme caisse de résonnance pour son opposition au pouvoir en place à Yaoundé.
L'erreur des politiciens africains, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, est de ne pas savoir qu'on n'est jamais pour ou contre un prêtre catholique, qu’un prêtre catholique n’est jamais pour ou contre un politicien africain, parce qu'il ne décide de rien sans l'accord de sa hiérarchie, sans l'accord de Rome. Parce qu'il est là pour soigner au préalable les intérêts de ses employeurs à Rome. Le sort réservé par Rome aux prêtres Sud-Américains, jugés trop proches des souffrances de la population est là pour nous le rappeler.
Les services de renseignement en Afrique ne peuvent pas fonctionner convenablement et efficacement si ce sont les politiciens qui font l’allégeance aux services de renseignement d’autres pays, mêmes religieux. Lorsqu’un président est Pasteur protestant ou Prêtre catholique ou bien va s’agenouiller dans les loges, comprend-il qu’il vend l’âme même de la Nation ?
En Europe, plusieurs pays comme la Hongrie ont inscrit dans la constitution que le pays fonde sa culture dans ses racines chrétiennes. Lorsqu’un Agrégé et professeur d’université en Afrique déclare qu’il est catholique ou protestant et fier de l’être, se demande-t-il quelle place il offre dans sa tête à la culture africaine, c’est-à-dire à lui-même ? Avant d’être fier de squatter la spiritualité des autres, se demande-t-il quel message de respect pour lui-même, il envoie à ses maîtres en brandissant ainsi le mépris qu’il a pour ses propres ancêtres ?
Dans la plupart des pays africains, à cause de ces intellectuels en mal de reconnaissance du maître, la plupart des cérémonies de commémoration, comme les funérailles d’Etat se passent à la cathédrale, c’est-à-dire des funérailles chrétiennes. Ce geste en apparence sans importance est le symbole de la dépendance spirituelle du pays. C’est-à-dire, de la dépendance tout court. Il existe même dans certains pays africains une mode macabre d’un programme des obsèques calqué sur l’interprétation qu’on croit faire de l’aristocratie française d’avant 1789.
CONCLUSION
Il me plait de conclure avec ces mots du penseur Kenyan Okot O'bitek, professeur à l'Université de Nairobi et créateur du courant de pensée dénommé "Black Theology", qui affirme :
« Les Africains gagneraient en réinstaurant leurs religions traditionnelles et en évacuant définitivement le christianisme et l’islam (…) Les religions traditionnelles africaines sont une meilleure réponse que le christianisme et l’islam au besoin de religion ressenti par les Noirs. Parce qu'elles sont supérieures en termes de réponses adéquates et de répercussion concrète dans l'environnement »
Douala le 7/05/2013
Jean-Paul Pougala
(diplômé de l’université de la rue et des vendeurs à la sauvette)
www.pougala.org
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02/05/2013
PRESENTATION DE MA NOUVELLE SALLE DE CLASSE VIRTUELLE - JP Pougala
Bienvenue à cette nouvelle Classe
Cet espace est une sorte de salle de classe qui existe depuis 2010 avec la crise ivoirienne et qui vient de dépasser les 5000 adhérents qui est le maximum d'un compte traditionnel Facebook. Je vous ai soumis le problème et vous avez été très nombreux à me conseiller quoi faire. D'où la création de cette page qui permettra à un plus grande nombre d'accéder à mes enseignements gratuits.
Ici, je suis le maître, parce que je pense avoir quelque chose à enseigner à la jeunesse africaine pour lui fournir les instruments nécessaires pour maîtriser le présent pour affronter le futur la tête haute. Ce que je vous enseigne est le fruit de mes propres recherches et surtout mon contact direct avec la réalité dans certaines situations. Mes positions sur l'Europe et la Chine viennent de 20 ans de séjour en Europe et 15 ans en Chine, avec la chance de participer à des négociations bilatérales et multilatérales entre les pays africains et l'Union Européenne d'un côté et la Chine de l'autre.
Cela ne rend pas plus crédible ce que je transmets comme leçon sur l'UE et la Chine, mais on ne peut pas rester à Paris ou à Londres et décréter de l'attitude que l'Afrique doit avoir avec l'un ou l'autre, sans avoir jamais accédé à la chambre des boutons pour savoir ce qui s'y fait, et qui ne se dit jamais, sans savoir ce qu'il s'y dit et qui ne se fait jamais. La culture ne se décrète pas. Vous devez vous cultiver à outrance en lisant beaucoup, à 180° dans tous les domaines. Ce que je vous apporte n'est qu'une infime partie de ce qui va vous aider à vous forger votre propre opinion.
Si vous en avez la possibilité, cherchez à faire partie des délégations de votre pays pour négocier dans plusieurs domaines. Cela vous permettra d'apprendre l'esprit du bluff qui souvent accompagne les négociations entre les nations, comme celles des entreprises.
DECEPTIONS
- Ne me dites pas que je vous ai déçu avec mes textes parce que je suis un penseur et je dis ce que je pense et non ce que vous pensez. Il est donc évident que si nous pensions la même chose, vous ne seriez pas inscrits à mes cours. Je ne suis pas un politicien et donc, je ne cherche nullement l'unanimité autour de mes idées. Je ne suis donc inscrit dans aucune logique de compromis quelque soit le thème que je traite.
- Si vous êtes chrétiens ou musulmans africains, c'est inutile d'occuper mon espace à expliquer pourquoi vous avez trahi la mémoire de vos ancêtres. Ce n'est pas à vous que je m'adresse, parce que à mon avis, vous êtes irrécupérables. Mes textes s'adressent d'abord aux africains qui ont su et on pu résister à la violence spirituelle déiste pour préserver le culte des morts de nos ancêtres. Afin qu'ensemble nous préparions un manuel de pédagogie pour mieux expliquer aux plus jeunes notre propre spiritualité.
- Si vous êtes partisan d'une théorie égytologique antique de l'Afrique, ce n'est pas ma vision des choses. Je crois que nous n'avons pas suffisamment les moyens financiers pour objectivement parler de notre moyen-âge et de surcroît de notre antiquité. Avec le peu de moyen à disposition, commençons déjà de chercher à connaitre notre histoire récente, inventer des subterfuges pour amener les 5 pays Européens qui ont pratiqué l'occupation coloniale de l'Afrique d'accéder à toutes leurs archives pour savoir enfin ce qui s'est passé. Il s'agit notamment de : Espagne, Portugal, France, Royaume Uni et Vatican. L’égyptologie antique a pêché par le fait de se faire financer par la France et espérer utiliser ce thème comme instrument identitaire devant nous permettre de nous affranchir de la France. Aucun patron ne donne les moyens à son domestique pour se libérer de lui. S'il l'aide, c'est qu'il a au préalable contrôlé que cela ne lui permettra jamais de s'affranchir de lui. C'est ma position de toujours même sur la notion de coopération internationale qui n'est qu'un bluff et si vous venez à mes cours, c'est que vous acceptez cette vision des choses.
- Homophobie. Je ne suis pas homophobe et je ne suis en rien d'accord avec la chasse à l'homme dans plusieurs pays africains contre les homosexuels. Je constate que ceux qui nous invitent à nous joindre à eux dans cette haine sont ces mêmes religions déistes qui son responsables de la violence contre le peuple africain. Hier ce sont les Noirs qui n'avaient pas d'âme et donc, assimilables aux animaux. Depuis quand ai-je la certitude que dans leurs têtes je n'occupe plus la même position, au point de me joindre à eux pour désigner une nouvelle classe de personnes à haïr ??? merci de ne pas me dire que je vous ai deçu parce que je n'associe pas ma voix au lynchage des groupes désignés d'individus.
- Antisémitisme : Je ne suis pas antisémite. Faire croire que le malheur du continent africain vient de méchants juifs est un raccourcis dangereux auquel je ne m'associe pas. Comme pour l'homophobie, il est curieux de constater que ce sont les mêmes qui sont contre nous qui le sont aussi contre les Juifs. A l'opposé, je suis très émerveillé par l'expérience juive d'un peuple meurtri, assassiné et éparpillé par le système dominant et qui a reussi à prendre le dessus et de renverser la vapeur à son avantage. Je me demande constamment quelles sont les exemples que nous pouvons copier pour notre peuple, afin qu'on renverse la vapeur nous aussi.
- La Chine : ce matin 2/5/2013, la General Motor retire de toutes les télévisions du monde entier sa campagne publicitaire pour son nouveau 4 x 4, parce que comme pour Tin-Tin au Congo, cela ferait référence à une littérature coloniale raciste de 1913 d'un Britannique insultant les asiatiques et hypothisant le PERIL JAUNE. Parce que sa demande de vendre ces 4x4 sur le territoire chinois a été invalidée vendredi dernier au motif que la campagne de pub portait atteinte à la dignité du peuple asiatique. Il y a des africains qui sont à ce point formaté par les idées du maître au point d'être raciste contre la Chine au même titre que leurs maîtres. Ils m'accusent 'espions de la Chine, oubliant que la première règle qu'on donne à un espion est la discrétion par rapport au commanditaire. Le plus ridicule est qu'ils invitent à une prudence avec la Chine qu'ils accusent d'avoir des arrières pensées en Afrique en oubliant qu'à Pékin, ce sont les Américains, les Européens, les Asiatiques en dernier lieu les Africains qui font la queue pour chercher à profiter tous de la montagne des réserves monétaires chinoises. En d'autres termes, c'est l'Afrique qui a besoin de la Chine et non l'inverse. La Chine produit 4 millions de baril de pétrole par jour et complète avec les approvisionnement en provenance de la Russie, premier producteur mondial du pétrole. avec ses 9,5 millions de km2, la Chine est aujourd'hui le premier pays au monde avec le plus grand nombre de mines ouvertes. En Australie et au Canada, la Chine est le premier exploitant des mines de fer, avec toute la fierté de ces pays, parce que les anciens clients occidentaux n'achetaient plus, puisque toutes leurs usines sont en train de fermer. Je me demande, juste comment l'Afrique peut elle aussi profiter des investissements chinois, pour venir à bout de cette bombe à retardement qu'est en Afrique le contingent de nombreux jeunes qui débarquent chaque année sur le marché du travail sans que le nombre actuel d'entreprises réussisse à les absorber tous. Ne me dites pas que je vous ai deçu parce que je suis engagé dans une telle démarche. Avant cela, j'ai passé 20 ans avec les Européens et je sais en quoi la Chine représente le vrai tournant à des siècles de misère. Arrêtez de dire que nous devons compter d'abord sur nous-mêmes, parce qu'aujourd'hui, nous sommes des esclaves. Si nous pouvions compter sur nous mêmes pour couper nos chaines, alors pouvez-vous m'expliquer pourquoi nous ne l'avons pas faite depuis 500 ans ?
INTERVENTIONS Comme dans une salle de classe normale, votre intervention doit être ordonnée et respectueuse de l'opinion des autres. J'exclus de la classe tous ceux qui utilisent les injures ou incitent à la haine qu'elle soit raciale ou tribale. Je suis contre la violence de l'Islam et du Christianisme en Afrique, mais jamais je n'inciterai à aller contre leurs adeptes, pour quelques raisons que ce soit, parce que ce sont d'abord des victimes. On peut ne pas être d'accord avec quelqu'un, avec une idée, sans être forcément désagréable.
Plusieurs personnes en Afrique accèdent au net tous les jour, juste pour contrôler ce que j'ai dit et je cherche même à travers mes éditoriaux de faire en sorte qu'ils reparte avec quelque chose capable de les motiver à affronter la journée plein d'espoir pour l'avenir. Ceci dit, les défaitistes et tous ceux qui veulent nous perdre du temps avec des contre-positions inutiles ne sont pas les bienvenus.
DEMOCRATIE Comme je l'ai dit plus haut, ceci est une salle de classe virtuelle et non un espace d'exercice de la prétendue démocratie à laquelle je ne crois pas et où des gens viendraient dire tout et le contraire de tout, juste pour qu'on ait la patente de libéraux.
LECTURE Ces leçons ne seront valables que si elles sont complétées par vos propres lectures. Il faut beaucoup lire. La culture ne se décrète pas. Malheureusement, dans notre communauté, des gens ont des idées arrêtées qui n'ont de prise sur rien du tout, juste parce que leur paresse à la lecture les pousse à se contenter de la propagande que le système prépare pour eux et répéter à longueur de journée sur les médias-mensonge gracieusement mis à notre disposition même en FM jusqu'au plus profond de nos villages. Notre liberté se trouve dans les livres, surtout dans ceux que nous n'avons pas encore lus.
Quoi lire ? ce n'est pas parce qu'on va lire les auteurs africains qu'on va forcément être bien formés, la plupart répétant les idées reçues du système dominant. C'est pour cela qu'il faut lire de tout. Les penseurs perses, indiens ou sud-américains sont autant de lectures qui nous permettront de fuir le ghetto intellectuel qui nous guette. La plupart des penseurs africains n'ont connu que l'Occident dans leur vie. Ils n'ont jamais voyagé ailleurs, hors d'Afrique et d'occident et cela se ressent dans leurs littératures qui se terminent toujours par imaginer qu'au monde il n'y a que nous et les occidentaux, à qui il faut prouver qu'on n'est pas totalement des sauvages, mais un peu aussi civilisés. C'est une littérature qui passe le temps à montrer les muscles, ce qui restera au niveau purement théorique et n'intéresse même pas son destinataire.
CONCLUSION Je viens de créer une page Facebook où seront dès lundi 6 Mai 2013 publiés tous mes nouveaux textes, toutes mes nouvelles leçons. L'ancien compte ne pouvant recevoir plus de 5000 adhérents, continuera d'exister, mais là n’apparaîtra que les anciens textes re-publiés, pour ceux qui ne l'avaient pas lus avant. Avant de vous identifier à cette nouvelle page, soyez certain que vous avez bien compris l'esprit qui anime ma présence et le temps que je dédie sur facebook. Si vous savez déjà tout, c'est que vous n'avez pas besoin de mes leçons. Si vous avez des idées contraires aux miennes, plutôt que de passer votre temps sur mon mur à me critiquer, vous ferez mieux de créer votre propre page et d'y exprimer toute votre vision du monde, ensuite vos élèves apprécieront et en profiteront, pour le plus grand bonheur de notre peuple.
J'ai une pensée pour les prisonniers qui me suivent en Afrique en utilisant abusivement des téléphones portables. J'ai été touché par un de vos commentaires disant "plus je vous lis et plus je comprends qu'on n'avait pas besoin de voler pour s'en sortir" ou un autre qui dit : "si j'avais lu cette leçon sur la banane il y a quelques années, je ne serais jamais derrière les barreaux".
J'ai une autre pensée à tous les jeunes qui ont fini leurs études hors d'Afrique et qui ont, malgré la pression de la famille de rester dehors, décidé de rentrer. Vous avez fait le bon choix. L'Afrique a besoin de ses pionniers dans tous les domaines et c'est avec nous, ici en Afrique que vous avez la chance d'écrire des pages d'histoire, ce qui n'aurait jamais été possible là où vous étiez. Des moments de découragement seront nombreux, parce que le plus souvent vous serez combattus par ceux-là mêmes pour qui vous croyez vous sacrifier. Mais je n'ai pas connaissance de personnages historiques qui ne soient pas passés par des calomnies, les menaces ou les insultes qui ne les ont jamais fait changé d'idée. C'est le destin de tous ceux qui ont la détermination à mettre leur propre signature pour donner un vrai cap à leurs sociétés.
JPP02/5/2013
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01/05/2013
Leçon de Géostratégie Africaine n° 21
50 ANS D’ERREURS GEOSTRATEGIQUES DES DIRIGEANTS AFRICAINS : L’EXEMPLE DE LA BANANE de Jean-Paul Pougala
(N.B: cette leçon extraite du Tome2 a été publiée pour la première fois le 5/2/2012)
L’histoire retient que le traité de Rome instituant la Communauté Economique Européenne a été signé le 25 Mars 1957. Ce qui ne figure pas dans les livres d’histoire est que cette signature était initialement prévue pour le 21 Mars 1957 et qu’elle a été repoussée de 4 jours. Oui, les livres d’histoire (tous écrits par les Européens) ne s’attardent pas sur ce détail, pourtant très important pour un Africain. Il faut donc aller creuser dans les mémoires laissés par certaines personnalités présentes à cette cérémonie pour découvrir que la date a été repoussée de 4 jours à cause de la banane. Oui, je sais que cela peut prêter à sourire, mais c’est très sérieux. Car c’est le début d’une stratégie globale dont l’objectif de fond était la pérennité de l’économie coloniale, même au-delà des indépendances africaines.. Il a fallu 4 jours de négociation pour trouver comment l’économie de rente coloniale, au service de certains pays allait persévérer même avec la nouvelle union en création. En Italie, il y avait de fait un monopole d’état sur la banane en provenance de sa colonie, la Somalie et en France depuis 1932, il existait une sorte de task-force pour approvisionner le pays de la banane provenant de 5 colonies : Cameroun, Côte d’Ivoire, Madagascar, Martinique et Guadeloupe.
La banane se révèle ainsi dès le Traité de Rome comme un instrument de contrôle géostratégique sur les Etats africains, même avant leurs indépendances ensuite reconnues par leurs bourreaux. Et parce qu’en 1960, la France sera obligée de reconnaitre l’indépendance des 3 premiers pays, tout sera fait pour que ce soit les populations françaises restées dans ces ex-colonies à s’occuper de la banane, orientant la population locale vers des cultures de loin, moins rentables comme le coton, le café et le cacao. Nous allons voir comment.
A-LA RENTABILITE DE LA BANANE
La banane est le fruit le plus rentable au monde parce que sa récolte est hebdomadaire et se pratique toute l’année. Son rendement effectif passe de 20 tonnes à l’hectare pour la banane Bio au Sénégal selon les chiffres fournis par l’APROVAG l’organisation de producteurs APROVAG, Tambacounda au Sénégal, à 60 tonnes par hectare dans les serres marocaines, selon les chiffres fournis par l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat au Maroc. En comparaison, le cacao produit à l’hectare 300 kg, selon les chiffres fournis par le CNRA, Centre National de Recherche Agronomique de Côte d’Ivoire, rendus publiques par Monsieur Lancine Bakayoko le 27/10/2009, c’est-à-dire qu’à cause des choix erronés des économistes et politiciens ivoiriens, depuis la pseudo-indépendance, un agriculteur ivoirien de cacao est 200 fois plus pauvre qu’un agriculteur marocain de la banane. C’est encore pire pour le café. Selon une étude très sérieuse réalisée par l’IRCC l'Institut de Recherches du Café et du Cacao de Côte d’Ivoire, entre 1969 et 1982, on obtient dans la zone de Gagnoa une moyenne pondérée de 180 kg de café à l’hectare, c’est-à-dire que les économistes et politiciens Ivoiriens ont sciemment réduit à la misère des paysans de 333 fois pire que leurs homologues, paysans marocains. On retrouvera la même situation presqu’à l’identique partout ailleurs en Afrique subsaharienne.
B-LA GESOTRATEGIE DE LA BANANE
La Banane est le fruit le plus consommé au monde. Selon les chiffres fournis par le Monde Diplomatique du mois d’Octobre 1996, par Ghislain Laporte, on en produisait 52 millions de tonnes en 1996 (100 millions de tonnes en 2011). Et les deux principaux producteurs, l’Inde et la Chine, consommaient la totalité de leur production. Ce qui restait 11 millions de tonnes sur le marché international dont 4 millions de tonnes allaient vers l’Union Européenne. Et dont les 2/3 contrôlés par deux multinationales américaines, United Brands Company (marque Chiquita) et Castel & Cooke (marque Dole), et une mexicaine : Del Monte.
Ce qui est détestable sur ces chiffres ce sont deux éléments essentiels :
1-La totalité de 79 pays dit ACP(Afrique, Caraïbes et Pacifiques) à qui l’Union Européenne fait miroiter un avantage incontestable avec la convention de Lomé, Cotonou, fournissent à peine le double (857.000 tonnes) des toutes petites iles espagnoles des Canaries (420.000 tonnes). A peine 4 fois plus que la minuscule Martinique, avec 1.100 km2 et 382.000 habitants qui elle a fourni l’UE pour 220.000 tonnes de bananes, contre les 802 millions d’Africains Subsahariens (chiffres 2007).
2-Pire, la quantité des 79 pays ACP est le tiers de la quantité livrée à l’UE par l’Amérique du Sud qui ne bénéficie nullement des mêmes conventions, soit 2,5 millions de tonnes.
Il en ressort de ces 2 points, une volonté de détourner l’Afrique des productions rentables comme la banane qui ne doivent selon cette logique purement coloniale, (même à plus de 50 ans de la reconnaissance par l’occident des indépendances africaines), réservant la production sur le sol africain, exclusivement aux occidentaux. L’erreur des gouvernants africains a été de demeurer dans cette logique coloniale de croire qu’il n’existe autre vérité au monde que celle qui viendrait de l’Union Européenne et qui porterait à une passivité totale, faisant croire qu’il n’existe que le marché de l’UE. A les anesthésier dans cette passivité, sont arrivées des Organisations Non Gouvernementales (ONG), dites écologiques qui ont toutes vanté l’urgence de sauver la forêt africaine, mais dont le vrai rôle était celui de détourner les Africains de l’exploitation de cet espace vital pour la création des plantations d’innombrables productions bananières pouvant perturber le très juteux business de la banane sur le marché mondial et garantir une véritable autonomie financière de l’Afrique. Cet exemple de la banane est très symptomatique de cette situation qui est arrivée à la contradiction des pays comme le Sénégal qui ont négligé leur propre production interne de bananes pour en importer.
C-POURQUOI LA BANANE ?
Plusieurs institutes de recherches sont unanimes sur le caractère exceptionnel des nutriments que renferme un doigt de banane mur : Riche en potassium, la banane est un médicament contre l'hypertension. Il est aussi indiqué dans la médecine douce dite naturelle contre l’ulcère d’estomac, la diarrhée. Riche en fer, la banane stimule la production d’hémoglobine, ce qui contribue à diminuer l’anémie. La banane contient la vitamine B6, dont le role est de réguler le glucose dans le sang.
Même en se passant de l’exportation, l’Afrique aurait dû développer une large assiette interne des consommateurs de banane, car ce qui fait priser ce fruit, c’est sa forte teneur en vitamine C. Et une ration d’un seul doigt de banane par jour suffirait pour combler les besoins en vitamine C des enfants africains. Et il existe un gros grand marché en Afrique même, vue le fort taux de populations enfantines et les besoins d’apport des vitamines.
D-LE CERVEAU DES AFRICAINS EST-IL EN SOMMEIL ? Sur les 55.000 tonnes de bananes vendues dans le monde en 2010, 40% étaient produites en Asie, 27% en Amérique du Sud et seulement 13% en Afrique. Là il s’agit de la banane dite dessert, c’est-à-dire, la banane mangée comme fruit, la banane mure. Mais selon les chiffres fournis par la FAO, en 1995 il a été produit dans le monde 24.000 tonnes de banane à cuire dite verte, 17.000 tonnes étaient produites en Afrique, c’est-à-dire 71% et 4.000 tonnes en Amérique du Sud, c’est-à-dire 17%. On peut dès lors déduire que si les Africains ne produisent que les 13% de la banane mondiale, ce n’est pas à cause de leur incapacité mais à leur état de passivité mentale aptes à soigner les intérêts économique de l’Occident dès lors qu’il s’agit d’avoir affaire au marché ; mais pas les leurs, puisque lorsqu’il s’agit de produire pour se nourrir, lorsqu’il s’agit de satisfaire à un instinct de survie, ils battent tous les records mondiaux. On peut donc dire que le cerveau des Africains semble en sommeil lorsqu’il s’agit de produire pour vendre, pour vendre hors de l’Union Européenne. Ils sont alors à la merci des conseils savamment erronés que lui prodigue l’Union Européenne, c’est-à-dire la décourager à produire la banane pour la commercialisation, à moins que cette dernière ne soit entièrement sous le contrôle des entreprises occidentales installées en Afrique.
En 2007, 65% de la banane vendue sur le marché mondial provenaient de deux pays qui étaient auparavant, champions du café et qui ont tous les deux détruit les champs de ce maudit café, pour passer à la banane et c’est la Colombie et le Costa Rica. C’est ce qui a fait que la même année, sur les 10 pays plus gros exportateurs de la banane au monde, 7 étaient de l’Amérique du Sud, permettant à cette partie du monde de contrôler les 95% de la banane exportée dans le monde. Pendant ce temps, les Africains se préparaient à fêter les 50 ans d’indépendance, mais avaient toujours des difficultés à se défaire du commandement colonial de ne s’occuper que du café, du cacao et du coton, un autre produit tristement célèbre lié aux déportations des Africains vers l’Amérique pendant 4 longs siècles.
En 1978, le Maroc décide d’interdire l’activité d’importation de la banane. Le Roi avait tout simplement compris que la banane pouvait être un instrument de géostratégie entre les mains du royaume. Et malgré les conditions climatiques défavorables comme (contrairement au Congo ou au Cameroun), le Roi décide de créer des serres équipées et prêtes à produire avec des lotissements de 1,53 hectares donnés en location à un prix dérisoire à ses citoyens. Le Maroc qui importait chaque année 24.000 tonnes de banane en 1978, dès 1982 est capable de satisfaire sa demande interne au niveau d’avant l’interdiction. Selon un rapport publié par 3 professeurs : Skiredj, Walali et Attir de l’ Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat, des 2 hectares de démarrage de la campagne 1980/81, on est passé à 2.700 hectares en 1996 et 3.500 hectares en 2011, avec une production annuelle de plus de 100.000 tonnes de bananes
E-QUE FAUT-IL FAIRE ?
La politique d’approche doit être radicale et en 3 directions :
1-40% de la banane produite en Afrique pourrit par manque de marché à l’international. Pour y remédier, il faut procéder comme on l’a fait au Maroc : stimuler et organiser le marché intérieur en collectant systématiquement toute la banane-dessert disponible chez les petits producteurs pour les conserver dans les Murisseries desquelles les bananes sortiront muries dans les quantités correspondant à la demande du marché interne.
2-Démocratiser la production de la banane en créant de petites parcelles de plantation. C’est la seule possibilité pour rompre avec les pratiques coloniales de l’esclavage des plantations de banane qu’on observe encore de nos jours, non seulement en Afrique, mais aussi en Martinique et en Guadeloupe où la culture de la banane est solidement et exclusivement entre les mains des descendants d’anciens esclavagistes.
3-Pour produire, il faut savoir vendre. Le marché international de l’aviation comme des jouets répondent à des logiques spécifiques à chaque pays, à chaque produit et à chaque culture. Il faut avoir la flexibilité d’esprit de comprendre que le monde ne se limite pas à 4 pays Européens, fussent-ils les plus riches. Il existe une très forte marge pour le développement de la consommation de la banane dans de nombreux pays comme la Russie, l’Iran, la Turquie etc…
F-LA COOPERATIVE
Il existe un marché interne africain à saisir, mais pour y arriver, il faut le stimuler et produire pour le satisfaire. Pour éviter le piège des multinationales du secteur de la banane il faut tout simplement démocratiser le business dela banane avec des petites parcelles ne pouvant excéder 5 hectares et surtout, être sûr et certain que les propriétaires sont ceux là-mêmes qui travaillent au quotidien dans ces plantations. Cela évitera le fâcheux problème de spéculation foncières qu’on retrouve dans certains pays où les autochtones se frottent les mains et font travailler des esclages venus d’ailleurs, comme en Côte d’Ivoire notamment. La coopérative doit donc véritablement regrouper uniquement les paysans faisant partie du projet, et c’est elle qui devra se charger de fournir les premières plantes de bananes aux agriculteurs. C’est elle qui ensuite doit se charger du contrôle de la qualité et du respect des normes internationales pour le gazage et le transport maritime, pour couvrir d’abord le marché national et après international.
Aujourd’hui, le vrai profit de la banane réside dans la distribution. Aucune politique ne sera complète et efficace pour sortir nos agriculteurs de la misère du café, du cacao et du coton si elle ne prend pas en compte la nécessité de créer des murisseries directement dans les grandes villes de nos pays afin d’instaurer une sorte de concentration dite « verticale ». C’est à ce prix qu’il sera possible de contourner certaines faiblesse du manque de compétitivité de la banane africaine, trop longtemps restées dans la logique d’infantilisation globale du continent africain par les européens. Pour stopper la logique coloniale des champs actuels de la banane, il faudra arriver à une transition vers ces petits propriétaires et éviter toute exploitation directe par des entreprises transnationales. C’est à ce prix que nous réussirons une véritable redistribution des retombées du fruit le plus consommé au monde, la banane. C’est ce qui se fait déjà dans de nombreux pays sud-américains où contrairement à l’Afrique, les gouvernants ont négocié pour obliger les entreprises multinationales du secteur à cesser de produire elles-mêmes, et acheter leurs cartons de bananes directement aux paysans.
L’exemple de la coopérative APROVAG (l’organisation de producteurs, Tambacounda) dans l’arrondissement de Missirah au Sénégal, me semble intéressante à signaler et à adapter ailleurs en Afrique. Ils se sont organisés de manière à dédier à la banane 16% de leurs terres, c’est-à-dire 0,25 des 1,63 hectares de chaque planteur, pour un total de 250 hectares consacrés à la culture de la banane, pour avoir de l’argent. En 2008, la production a été de 5.000 tonnes (avec une perte de 20% dû au manque de murisserie et 5% consommé par les agriculteurs eux-mêmes), la coopérative a ainsi vendu 4.000 tonnes de bananes, réalisant un petit pactole de 640.000.000 francs CFA (975 760 €) pour cette population villageoise estimée à près de 52 845 habitants, et une marge bénéficiaire nette de : 1 561 000 francs CFA par hectare dans les 3 communautés rurales : Missirah, Dialacoto et Néttéboulou. Cette coopérative a fait le choix pénalisant qui limite sa productivité à 20 tonnes à l’hectare, pour protéger la santé de ses membres, ayant renoncé aux engrais chimiques qui sont la principale source de malheur dans les plantations de bananes dites industrielles. Maturation et conservation :
La banane est un fruit dit climactérique, c’est-à-dire que sa maturation peut être contrôlée pour en diminuer les pertes, et réguler sa mise sur le marché, grâce à l’acétylène ou à l’éthylène, des produits de l’industrie pétrochimique, obtenus à base du gaz. Les bananes collectées des petits producteurs doivent être immédiatement stockées dans des magasins frigorifiques appelés « mûrisseries ». Là, elles subissent un traitement à l'acétylène à des températures et l'hygrométrie bien spécifiques passant de 18°C à 14°C en 4 jours pour la maturation ou stable à 6-7°C pour la conservation.
G-ACP-UE UNE COOPERATION INUTILE A SAVEUR COLONIALE
50 ans après la reconnaissance par les européens de l’indépendance de plusieurs pays africains, le moment est peut-être venu de rendre cette indépendance effective. Aujourd’hui, 46 pays africains se trouvent dans une situation de subalternité mentale, à peine mise à nue avec l’exemple de la banane. L’Afrique doit avoir le courage de sortir de son adolescence en prenant une décision radicale de façon unilatérale et d’informer l’Union Européenne qu’elle met fin à toutes les ficelles que cette dernière avait tissées pour la contrôler et la tenir en esclavage. L’exemple le plus emblématique est le fameux regroupement dénommé ACP (Afrique Caraïbes et Pacifique) qui est la preuve vivante que la colonisation n’est jamais finie et pour cause :
1-Ce ne sont pas les Africains qui ont pris l’initiative de sa création. Ce qui signifie qu’un tel regroupement n’a pu être pensé par les Européens que pour répondre aux intérêts exclusifs de l’Europe. Et seulement supposer qu’ils l’ont fait pour les intérêts des africains est encore plus insultant pour l’intelligence de ces derniers. Dans l’un ou l’autre cas, l’image de l’Afrique en sort complètement en lambeaux.
2-Il est anormal que 46 pays d’Afrique subsaharienne soient associés à un quelconque débat avec l’Union Européenne, en excluant les pays de l’Afrique du Nord, alors même que l’Union Européenne se présente toute unie quel que soit le thème du débat, quel que soit le lieu.
3-Le siège de l’ACP se trouve à Bruxelles, et financé à 100% par l’Union Européenne, ce qui est tout à fait inacceptable sur le plan même du symbole, pour des pays qui se croient indépendants depuis plus de 50 ans. Si cet ACP était pour les pays concernés, comment expliquer donc que le siège ne se trouve pas dans l’un de des pays membres de cette entité juridique ? Que se passe-t-il dès lors que ses intérêts sont divergents avec ceux de l’Union Européenne ? La vérité est plus amère et c’est que les gouvernants Africains qui se bousculent pour ce genre d’organisation, croient sincèrement et naïvement que cela peut faire le travail à leur place d’inventer, de créer des solutions originales pour bâtir le bonheur et la prospérité de leurs populations. Quelle dignité un fonctionnaire africain ressent-il lorsqu’il est logé et nourri aux frais de l’Union Européenne ? C’est une véritable forme de prostitution intellectuelle des nations africaines.
4-Lorsqu’en 1973, le Royaume Uni rejoint l’Union Européenne, deux ans plus tard, en 1975, il y a une miraculeuse augmentation du nombre des pays membres de l’ACP. Ce petit miracle tient au fait que le Royaume-Uni y a apporté ses propres colonies membres de son fameux « Commonwealth ». C’est la preuve même du fait que l’ACP est une organisation coloniale et fonctionne dans une logique purement coloniale, parce que les pays qui y adhèrent sont dans la tête de ses créateurs, ni plus, ni moins que des colonies. Et l’Afrique ferait mieux de s’en aller.
5-L’Equateur qui n’est pas membre de cette organisation a fourni en 2011, 40% de la banane exportée dans le monde, avec ses presque 5 000 000 de tonnes de bananes-dessert. Pour consoler ses prétendus protégés de l’ACP pour leur effacement presque total de ce marché, l’Union Européenne a donné à partager par les 79 pays ACP, la manche de 220 millions d’euros, c’est-à-dire une moyenne 2,70 millions d’euros chacun. Pour quoi faire ? Pour résoudre quel problème ? Mystère. La stratégie de la régionalisation des relations internationales mise en place par l’Union Européenne avait pour objectif de la renforcer et de fragiliser ses partenaires du sud du monde qui se sont ainsi installés dans une relation inégale d’une partie qui parle d’une seule voix et choisit en formatant selon ses ambitions et ses intérêts exclusifs, des partenaires aussi peu homogènes que le groupe des ACP. L’Afrique doit comprendre qu’on ne sort pas de siècles d’esclavage et de violence coloniale sans une véritable prise de conscience de l’exigence vitale d’une rupture mentale avec ce passé, pour s’émanciper vers la liberté. Tous les bricolages, tous les raccommodages qui s’appellent ACP ou CEMAC, ou CEDEAO sont des configurations artificielles dont le seul objectif est de diviser les Africains et empêcher l’émergence des Etats-Unis d’Afrique.
H-QUELLES LECONS POUR LA JEUNESSE AFRICAINE ?
La jeunesse africaine doit pouvoir se poser une importante question : pourquoi l’Union Européenne qui fragmente le continent africain dans des regroupements les plus déraisonnables n’applique pas à elle-même ces conseils, en créant par exemple un regroupement des anciens pays communistes de l’UE, un regroupement des 6 membres fondateurs de l’UE, un regroupement des pays riverains de la mer Méditerranée de l’Union Européenne, un r egroupement des pays atlantiques de l’UE ??? La crise économique que vit l’Occident nous prouve qu’il n’existe en absolu, ni pays riche ni pays pauvre, il existe des populations riches en prise de conscience de ses propres intérêts et d’autres pauvres en cette conscientisation. L’ennemi du continent africain, n’est pas l’Union Européenne, c’est la médiocrité africaine, c’est cette mentalité de subordonnés qui fait qu’on préfère agir par procuration et voir un européen diriger les équipes nationales de football, même s’il n’a jamais fait preuve nulle part de ses capacités d’entraîneur, diriger les plus grandes entreprises publiques, même si l’heureux gagnant de ce loto africain n’a jamais prouvé ses capacités de gestionnaire nulle part etc…
Qu’est ce qui peut justifier que des pays s’obstinent dans l’esclavage du café et du cacao avec des rentabilités de 180 kg à l’hectare oubliant la banane qu’ils importent, alors qu’ils pourraient réaliser sur cette même banane une rentabilité minimale de 20 tonnes à l’hectare ? Peu importe, si un européen a dit que c’est le bon choix à faire, oui, très probablement il doit avoir raison. Pourquoi pourrait-il en être différemment, puisque son ancêtre a eu le dessus sur le mien ; puisque même son dieu a pris le dessus sur la divinité qu’étaient mes ancêtres ; puisque son pain au blé a remplacé mon beignet au mil, au sorgho, au manioc ; puisque ses prénoms ont remplacé les miens ; puisque sa langue a remplacé la mienne ; puisque sa monnaie a remplacé la mienne ; puisque ses présidents ont tué les miens ; pourquoi donc ne serait-il pas infaillible lorsqu’il choisit à ma place les joueurs de mon équipe nationale ? Lorsqu’il décide à ma place que je ne dois pas toucher à la forêt pour créer mes plantations, de peur que le monde entier étouffe par manque de l’oxygène qui viendrait de ma brousse ? Il a forcément raison lorsqu’il vante le mérite du cacao et me conseille de m’y éterniser dans sa culture pour faire la gloire de quelques chocolatiers de luxe à Bruxelles, à Paris ou à Viennes. Il a forcément raison sur tout. Si tel n’est pas le cas, suis-je vraiment normal ?
05/02/2012
Jean-Paul Pougala
(*)Jean-Paul Pougala est citoyen camerounais et Directeur de l’institut d’Etudes Géostratégiques de Genève en Suisse.
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27/04/2013
VOICI CE QUE LES OCCIDENTAUX N’ONT PAS COMPRIS DE L’ECONOMIE MODERNE
Quand j'écoute les économistes français débiter du n'importe quoi sur les médias au sujet des prétendus contrats milliardaires que le président Français Hollande ramènerait de la Chine et qui devrait créer des emplois en France, je ne sais pas s'ils font vraiment exprès ou s'ils sont tout simplement confus.
Ils se sont même vantés du fait que Hollande serait le premier président européen reçu par le nouveau président chinois. Je leur répond que la Chine est 1000 fois plus complexe que ce qu'ils peuvent imaginer et on peut y effectuer cent voyages sans jamais vraiment en profiter.
Aujourd'hui, tous les chemins mènent à Pekin. Mais tout dépend aussi de comment vous y arrivez. Et c'est ici que l'Afrique marque des points et l'Europe en perd.
Je vous invite à relire la leçon n°25 que j'ai publié le 20 Janvier 2012 ci-dessous et que vous retrouverez dans le tome2 en septembre. JPP27/04/2013
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LEÇON DE GEOSTRATÉGIE AFRICAINE N° 24 (Extrait du Tome2)
VOICI CE QUE LES OCCIDENTAUX N’ONT PAS COMPRIS DE L’ECONOMIE MODERNE de Jean-Paul Pougala (*)
Le Dumping Social, la sous-évaluation de la monnaie chinoise, le Yuan, la concurrence déloyale etc. Voilà quelques-uns des florilèges d'accusations que font pleuvoir sur la Chine la majorité des économistes et politiciens occidentaux. Et si ce beau petit monde était à côté de la plaque ?
La croissance de la Chine et son positionnement stratégique au rang de la première puissance mondiale montante a fait naître un désarroi sans précédent chez les anciens puissants d’hier et la conséquente navigation a vu chez les économistes et politiciens occidentaux qui étaient incontestablement il y a peu de temps les références pour un modèle économique réussi, qui semblait indétrônable. Avec la Chine qui a imposé un nouveau modèle économique, le désarroi est total, et 10 ans après, la boussole leur semble toujours introuvable pour mieux orienter les idées et comprendre de quel côté se trouve le Nord au XXIème, c’est-à-dire à l'Est
ET SI LA COMPÉTITIVITÉ AVAIT PRIS UN NOUVEAU VISAGE ! Comme il est déconcertant de voir des économistes occidentaux s’accrocher à des considérations puériles pour expliquer leur manque de compétitivité vis-à-vis de la Chine et le conséquent désert industriel qui semble avoir stablement élu domicile en Occident, en invoquant tous les bas salaires pratiqués en Chine, ce qui est faux.
Ceci est faux parce qu'en matière de salaires, ils sont deux fois plus bas en Afrique et en Amérique du Sud qu'en Chine, sans que ces deux régions attirent les mêmes investissements. Les vraies raisons sont ailleurs :
1- Il existe en Chine un état fort qui est présent dans presque tout le processus économique avec un objectif bien précis et bien visible, celui de sortir des millions de chinois de la misère.
2- Dans la formation du coût d'un produit, la main d'œuvre compte pour environ de 2 à 4 %, pire, à 10%. Il est donc absurde qu'en Occident, on utilise la question des salaires prétendument élevés pour justifier la non compétitivité des entreprises. Si un producteur Italien met un article sur le marché à 100 € alors que son concurrent chinois est capable de l'offrir à 25 €, la différence de 200% ne peut nullement être justifiée par les 10% de coût de l'emploi. Même si on avait offert le coût des salaires gratuitement au producteur européen, il resterait toujours une différence de 190% à couvrir et c'est peut-être en se concentrant sur cette valeur que l'Occident peut avoir un début de solution à sa crise qui n'est qu'au début, malheureusement. Il s'agit notamment des coûts liés à l'architecture industrielle elle-même du pays de l'acquisition des matières premières à la qualité de la formation professionnelle et au type de la logistique pour toucher le client du bout du monde et que nous allons étudier ci-dessous.
3- Les matières premières achetées par l'Etat.
Contrairement à l'Occident où chaque industriel doit se débrouiller tout seul pour trouver les intrants dans le monde entier, la Chine utilise d'autres méthodes: il existe des mastodontes d'états qui se chargent de grouper ses achats et donc, réussit à décrocher les meilleures conditions d'achat qu'un privé Occidental ferait rarement, ou grâce à une guerre humanitaire.
4- Produits semi-finis par l'Etat.
Contrairement à l'Occident où une industrie par exemple d'automobiles s'installe et se fournit chez des sous-traitants, en Chine, c'est l'Etat qui produit l'essentiel et le fabriquant de bicyclettes se développe en achetant les pièces fournies par l'Etat. C'est le cas chez les fabricants de climatiseurs, et bien d'autres secteurs clés, là où le fabriquant italien doit se débrouiller tout seul pour assurer sa production de A à Z, très souvent, son concurrent chinois qu'il doit affronter sur le marché, n'a eu qu'à traiter la partie de S à Z, très souvent de l'assemblage et la vente. Or, le prix des pièces qu'il assemble, non seulement proviennent de l'Etat qui veut des devises et qui ne vend pas mais cède pour créer des emplois et stimuler son économie.
5- POUR LES CHINOIS L’ENERGIE NE SE VEND PAS
En termes de capitalisation boursière, selon les informations fournies par Fortune Global 500 pour l'année 2010, sur les 7 plus grandes sociétés du monde, 6 sont des sociétés qui s'occupent d'énergie dont une américaine, une Britannique, une hollandaise et 3 chinoises. Mais le plus intéressant est de constater une fracture entre les entreprises occidentales et chinoises sur les bénéfices réalisées qui sont plus forts chez les premiers. Par exemple, la Shell avec 97.000 employés, réalise 20,116 milliards de $ de bénéfice, la Exxon Mobile avec 103.000 employés a réalisé un bénéfice net de 30,40 milliards de $, alors que les chinoises semblent à la traîne : la Sinopec avec 640.000 employés ne réalise que 7,63 milliards $ de profits alors que sa consœur la China National Petroleum, avec 1.500.000 employés a réalisé à peine 14,37 milliards de $ de profit.
Selon les évaluations classiques en Occident, Shell et Exxon sont à féliciter parce qu'elles ont fait du bon travail. Mais selon la vision pragmatique des chinois, le montant élevé de leurs profits est un indicateur du niveau du frein à la compétitivité d'une nation. Pour la Chine, la compétitivité de ses entreprises commence avec le coût de l'énergie. Les entreprises du secteur ne doivent réaliser des bénéfices que pour leur propre développement pour la recherche et les besoins d'exploration de nouveaux gisements, alors qu'en Occident, les bénéfices colossaux font le bonheur des actionnaires qui iront ainsi figurer sur la liste des individus les plus riches du monde.
Cette différente conception du monde de l'économie a été encore plus criante en 2008, lorsqu'en pleine crise économique, avec la volée des prix du pétrole brut sur les marchés, toutes les entreprises pétrolières de l'Occident annoncent des bénéfices historiquement élevés. La Exxon Mobil par exemple annonce les bénéfices de 45 milliards de dollars en hausse de 11% par rapport à 2007 ; en France, Total annonce les bénéfices de 22 milliards de dollars (17 milliards d'Euros) alors que pour la même année, leur concurrente chinoise, Petrochina, la première en terme de quantité du pétrole produit perd de l'argent parce qu'une décision politique très intelligente (à mon avis) prise par le gouvernement de Pékin sur le gel des prix du carburant porte à une chute drastique de 22% des résultats nets, pour permettre aux entreprises chinoises de rester toujours les plus compétitives du monde. Il est évident que tous les produits dérivés du pétrole en plastique comme les jouets, les accessoires pour voitures, emballages etc. proviennent à 90% de la Chine, ce n'est pas parce là-bas la main d'œuvre coûte moins cher. C'est tout simplement parce que l'état a placé le vrai bénéfice à la fin de la chaîne en terme d'emplois crées, de devises étrangères accumulées, d'excédents de la balance commerciale et non pas spéculer de façon idiote sur tout ce qui bouge, allant même jusqu'à l’auto-flagellation (se donner des coups à soi-même) comme c'est le cas en Occident. En Chine, il existe un objectif clair, c'est celui de la redistribution des richesses créées qui doivent se traduire en termes de millions de personnes qu’on réussit à sortir de la misère et non la célébration de la gloire de voir des noms de quelques milliardaires dans le classement annuel de Forbes.
Sur le plan des produits pétroliers, en Europe, les gouvernants semblent vouloir le beurre et l'argent du beurre à la fois. On veut la compétitivité des entreprises, mais en même temps, on taxe jusqu'à 77% les produits énergétiques qui entrent pour près de 40% dans la formation du coût d'un produit fini, transporté, livré à la boutique et même le coût du déplacement de l'acheteur pour venir le prendre peut être pris en considération.
Ce qu'on vient de voir pour le pétrole est identique sinon pire dans le secteur de l'électricité qui en Chine est presque gratuite. La même année 2010, la première société d'électricité au monde, State Grid corporation de Pékin, avec 1.564.000 employés et ses centaines de millions d'abonnés, ne réalise que 4,56 milliards de dollars US de bénéfice, c'est-à-dire moins des 5 milliards de dollars d'EDF (Électricité De France) un an plus tôt, en 2009 (avant sa chute de 74% en 2010 à cause des déboires sur les marchés étrangers) et avec ses 158.000 employés, c'est-à-dire, 10 fois moins que son concurrent chinois et 20 fois moins d'abonnés. La vérité est que pour Edf, entreprise publique, les abonnés sont des pigeons qu’il faut plumer avec des augmentations à chaque début d’année sous des prétextes les plus variés, comme l’homologation au prix du pétrole, lorsque ce dernier monte.
LA LOGISTIQUE COMME INSTRUMENT DE PUISSANCE GEOSTRATEGIQUE
La Chine a des mastodontes de mer qui pratiquent très souvent des prix politiques. Ce n'est nullement du dumping, mais les opérateurs sont juste facturés au prix coûtant. Un exemple est la COSCO (China Ocean Shipping Company), propriétaire de 201 bateaux porte-conteneurs soit 900.000 EVP (Equivalent Vingt Pieds, taille moyenne d’un conteneur) permet aux transitaires de facturer un conteneur 20-40 pieds de la Chine pour livraison à n'importe quel port en Europe pour des prix incroyablement bas, en fonction des objectifs que l’Etat chinois veut atteindre en terme d’exportation ; C'est-à-dire que parce que COSCO est une entreprise publique qui ne recherche pas le bénéfice pour elle-même, mais le bénéfice pour la nation chinoise, elle est un instrument très puissant de géostratégie, qui participe à l’objectif de conquérir, tous les marchés potentiels. Elle rapproche les côtes chinoises des côtes du monde entier. On arrive ainsi au paradoxe que le coût de transport terrestre à l’intérieur de la même Europe va souvent jusqu’à 4 fois plus cher que le coût du transport maritime de 30 jours de mer de la Chine jusqu’en Europe. Et lorsqu'on sait que 75% des échanges en Europe se font entre pays Européens eux-mêmes, on peut aisément imaginer toute l'aubaine que cela représente pour la Chine dans les années à venir, si rien n'est fait par les économistes européens pour trouver une solution à long terme.
Le 7 Juin 2010, c’est ce même Cosco qui a acheté pour 1,90 milliards de yuan, les lots mis en vente par la municipalité de Shanghai, c’est-à-dire que pour ce que deviendra dans les 10 ans à venir le premier centre financier du monde, l’immobilier est encore une fois sous le contrôle de l’état chinois. En effet, sur les 11 lots mis en vente, 9 ont été achetés aux enchères par les entreprises publiques et seulement 2 aux privés chinois.
Cosco est à l’image de la polyvalence des géants publiques chinois, contrôlant tout ou presque dans son secteur, de la gestion des ports (3,4 milliards de dollars pour la concession de la gestion de conteneurs dans le port de Pirée en Grèce en 2008.) à l’immobilier en passant par la construction des bateaux et la fabrication des conteneurs. Ce qui lui donne un avantage inouï au service de la compétitivité des entreprises chinoises sur toutes leurs concurrentes qui selon le modèle de développement du capitalisme occidental, pêchent par une trop grande spécialisation dit-on pour réaliser le maximum de profit.
Par exemple, sa succursale française COSCO FRANCE dont le siège est à Paris est présente dans toutes les villes portuaires françaises et travaille surtout comme une société commissionnaire de transport, agissant dans le domaine de la consignation, la réparation de navires, mais aussi, le fret aérien, avec le même objectif que le produit sorti de l’usine chinoise doit arriver n’importe où sans souffrir d’une quelconque pénalisation liée au transport ou à la logistique.
En Juin 2011, 52 Avions Airbus A320 sont sortis de la nouvelle usine de Tianjin en Chine. Là encore c’est Cosco qui est devenu incontournable au titre d’entrepreneur général des programmes de la société Airbus de Tianjin, et chargé du transport des grosses pièces de l'Europe à Tianjin, notamment le transport par péniche, le transport intérieur et le transport océanique par conteneur dans la section européenne, ainsi que le transport intérieur et le transport aérien à la section de Tianjin.
Ici aussi, le choix d’une société publique chinoise n’est pas un hasard, mais c’est le résultat d’une décision géostratégique bien pensée. C’est en effet Cosco qui est choisi pour mener bientôt la même opération mais en sens contraire de la Chine vers l’Afrique, pour l’assemblage de l’avion chinois dénommé XIAN MA-60 sur lequel la Chine a fait un pari pour remplacer les mauvaises habitudes africaines de n’acheter que les vieux avions en Occident paradoxalement plus coûteux (que le neuf chinois), et qui se révèlent de vrais cercueils volants au-dessus du continent africain. La Xia MA-60 équipe déjà les compagnies : Air Zimbabwe, Air Burkina, Air Burundi, South African Express, British Caledonian, Laos Airlines, Sri Lanka Air-Force, mais aussi, selon le quotidien chinois People Daily du 25 Mai 2011, les compagnies de plusieurs autres pays en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud et sont en service sur une centaine de lignes aériennes. Selon les indiscrétions à Pékin, Cosco effectuera bientôt le même transport des parties d’avions des côtes chinoises vers les côtes africaines, dans la ville portuaires de Kribi au Cameroun où un port en eau profonde est en construction pour accueillir ce genre de bateau. Lorsque la société EADS (Airbus) s’est installée en Chine, elle l’y était contrainte, comme condition posée par la Chine à l’achat d’un nombre important de ses avions. Mais lorsque la Chine prévoit de construire ses avions destinés à l’Afrique directement sur le sol africain, ses économistes et stratèges démontrent d’avoir compris ce que les économistes occidentaux peinent encore à comprendre et c’est que : dans l’économie moderne, vous ne pouvez pas vous obstiner à être prospère tout seul et que pendant que tout va à merveille, c’est le bon moment pour aider à se renforcer de nouveaux partenaires à être là pour vous aider lorsque les moments difficiles arriveront, parce que vous leur aurez donné les moyens et la possibilité d’être cette porte de recours, cette issue de secours.
LA FAIBLESSE DEMOCRATIQUE
Si la démocratie du suffrage universel était quelque chose de si merveilleux, nul doute que l’Occident préférait la conserver et même la cacher comme un secret militaire, afin de l’utiliser comme avantage sur les autres peuples de la planète. Si la démocratie du suffrage universel pouvait permettre le développement d’une nation, il est parfaitement évident que l’Occident ne serait pas si engagé à financer des oppositions créées ad-hoc pour tel ou tel autre pays, pour les aider à devenir de dangereux concurrents sur le plan de la production industrielle, sur le plan de la production intellectuelle. La vérité est toute autre et bien plus amère. C’est que l’Occident a compris que l’une des raisons de son déclin est bien la démocratie du suffrage universel qui a porté au pouvoir les personnalités les plus médiocres, à condition qu’elles soient soutenues par les puissances de l’argent qui sont rarement là pour l’intérêt général.
La médiocrité des hommes politique s’est accompagnée des économistes piégés par la prétendue supériorité sans faille de l’ultra-libéralisme. On a ainsi vu des économistes de renom en Espagne, en Grèce, au Portugal, en France, en Italie soutenir une thèse des plus grotesques selon laquelle l’Allemagne avait le devoir d’aider financièrement les pays Européens en crise, parce que selon eux, l’argent allemand provenait de la vente des grosses berlines dans ces pays. Ce genre de raisonnement trahit l’état de déconfiture de ces économistes qui ne sont tout simplement plus en mesure de comprendre que l’Allemagne n’a pas les moyens de se sauver elle-même et que la crise allemande n’est plus qu’une question de temps comme pour tous les pays occidentaux qui à première vue semblent épargnés, puisqu’ils sont régis par les mêmes modèles économiques. Pire, ce sont les même qui projettent de faire la concurrence à la Chine. Comment peuvent-ils y parvenir, s’ils se refusent à l’exercice le plus facile qui aurait consisté non pas à vouloir partager les gains allemands, mais à se demander comment réussir eux aussi à vendre en Allemagne, premier marché de l’union Européenne.
La vérité est que ces économistes se sont déjà rendus et ont renoncé à se battre, faute d’idée. Et ils sont déjà en train de passer au plan B, d’un Occident qui deviendrait une destination touristique pour les nouveaux émergents. C’est le président américain Barack Obama qui a vendu la mèche le 18/01/2012, en présentant dans un parc d’attraction touristique en Floride son désir de faire des USA, la première destination touristique du monde, au nom de la relance de l’emploi. Ce que Monsieur Obama ne sait pas, c’est que le tourisme n’a jamais aidé un pays à se développer. La France dont il veut contester la première place avec ses 77 millions de touristes en 2010 (contre 59 pour les USA, deuxième), n’aurait pas les problèmes financiers qu’elle connait, si le tourisme était une baguette magique. Ces économistes occidentaux qui croient avoir trouvé leur plan miraculeux pour sortir de la crise, en prédisposant les infrastructures pour accueillir les nouveaux riches de Chine, Inde et Brésil, doivent se demander pourquoi l’endroit qui attire les touristes fortunés en France, la prestigieuse Côte d’Azur est paradoxalement la région (PACA) avec le plus fort taux de pauvreté de toute la France ? (source Insee). Aucun pays ne peut s’en sortir en s’éloignant des métiers de la production. Un touriste, fut-il le plus riche du monde, ne consommera jamais la nourriture de 5 personnes et s’il faut importer pour satisfaire à ses besoins, on revient au point de départ, sans compter les problèmes que cela comporte de se spécialiser sur les riches. L’Ile Maurice croyait éviter les problèmes du tourisme sexuels de la Thaïlande des pédophiles occidentaux, en misant sur un tourisme de luxe. 30 ans après, le pays s’est retrouvé la capitale africaine de la drogue, introduite dans les Yachts de luxe et les Jets privés qui ne sont soumis à aucun contrôle, pour ne pas froisser ces riches. Qu’à cela ne tienne, si la crise peut transformer le racisme institutionnel qui faisait que seules les populations de race blanche pouvaient entrer aux USA sans visas, l’engouement touristique du président américain serait un progrès pour l’humanité. Et l’allié de toujours, Taiwan serait le premier à en bénéficier. La vérité est que le nord du monde en crise n’attire plus grand monde, même plus les pauvres du sud.
CONCURRENCE INTELLECTUELLE
Selon un article publié par Christine Murris dans le Magazine français Valeurs Actuels du 19/01/2012, en France, sur 16.800 places offertes par les écoles d’ingénieurs en 2011, seuls 14.700 étudiants se sont inscrits. Pire sur les ingénieurs sortis en 2010, seuls 42% sont allés créer des richesses. Les autres ont été engloutis par l’industrie de la spéculation qu’est le secteur financier. Avant même leur sortie d’école note-t-elle, ils sont démarché par plusieurs entreprises d’assurance, de banques pour utiliser leurs capacités mathématiques pour leur faire gagner plus de fric, sans faire d’effort.
Au même moment, sur les 11 universités que compte la troisième ville chinoise de Tianjin, 9 sont des écoles pour former les ingénieurs. En Occident, le pouvoir politique est détenu par des personnes qui ont suivi une formation de droit ou de littérature. EN Chine, ce sont les ingénieurs qui ont le pouvoir politique. On comprend dès lors la différence d’engouement des jeunes chinois et occidentaux pour la formation en métiers de création de la richesse. Mais puisque les 2 parties sont en concurrence, comment s’étonner que toutes les mesures prises en occident contre la désertification industrielle sans toucher aux valeurs mêmes sur lesquelles toute la société s’est bâtie n’est que de la pure propagande qui ne convainc même pas celui qui la dit. La vraie concurrence des nations aujourd’hui est d’abord intellectuelle. Une nation s’en sortira ou non par sa capacité à former et mettre à la disposition de ses usines suffisamment des cerveaux pour penser, pour créer et ensuite seulement on pourra parler de compétition.
L’occident a depuis 2 siècles cru que l’intelligence était le fait de l’ADN d’une population caucasienne dite Blanche. Le défi que l’orient lui a lancé sur ce domaine est colossal et il n’arrive pas à relever le défi, c’est la concurrence des ingénieurs. Un ordinateur, un téléphone est vieux après 3 mois, c’est le défi lancé. Et ce ne seront pas les symboles qui pourront changer la donne.
COMMUNISTE DEDANS, CAPITALISTE DEHORS
Dans le rapport 2011-2012 du forum des 1600 entreprises Européennes en Chine il est écrit que la Chine est un pays communiste à l’intérieur et capitaliste à l’étranger. Ce rapport qui n’est pas tendre du tout dit que «il doit être particulièrement agréable pour la Chine de pratiquer le libéralisme économique le plus déchaîné à l’exportation tout en continuant à s’appuyer sur les fondamentaux du dirigisme à la soviétique sur le marché intérieur ». Ce rapport de 338 pages, signé par le Président de l’European Union Chamber of Commerce, Monsieur Davide Cucino et son secrétaire général Monsieur Dirk Moens, traduit la frustration de tous les entrepreneurs occidentaux qui ont couru en Chine dans l’espoir de conquérir le milliard de consommateurs Chinois et qui se trouvent à n’avoir pour seule issue louable que d’exporter de la Chine vers leurs pays d’origine.
Tout ceci nous interpelle sur la nécessité de revoir de fond en comble toutes les théories économiques des deux siècles précédents qui ne prennent jamais en considération la possibilité d’un pays de jouer sur deux registres en même temps, le communisme à l’intérieur et le capitalisme débridé à l’exportation. Sans cette réécriture, il n’y a pas de solution au problème de la compétitivité des entreprises occidentales. On pourra même réduire à zéro le coût du travail en Occident, cela ne changera pas de beaucoup la trajectoire de la course vers le mur dès lors que la problématique est viciée par une variable non maîtrisée : le rôle de l’état dans l’économie moderne.
QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ? Les privatisations forcées du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale sont des cathédrales d’erreurs monumentales à ne plus commettre. Céder par exemple au Cameroun l’entreprise publique d’électricité SONEL aux privés américains de AES a été une erreur stratégique de grande importance, non seulement parce que les délestages n’ont pas cessé, mais aussi parce que dans un pays qui veut décoller à partir de ses industries, le prix de l’énergie à commencer par l’électricité doit être conçu dans une politique globale des mesures pour assurer la compétitivité des entreprises, pour qu’elles soient mieux aguerries pour affronter la jungle du marché international, en position de force.
Les recettes que les Africains formés en occident ont appliquées comme du copier-coller en Afrique selon lesquelles il faut taxer tout ce qui bouge est une autre erreur stratégique qui mène droit dans le mur. L’urgence pour l’Afrique est de produire la richesse. Et l’état doit s’activer afin que cette production soit effective et à grande échelle et sa redistribution devienne plus aisée, pourvue qu’il y ait d’abord quelque chose à partager. L’Afrique doit exporter au maximum ses produits finis, pour constituer un capital de devises étrangères nécessaires au bien-être de sa population. Le prix stratégique de l’énergie (gaz, essence, électricité) est plus important que le bas coût de la main d’œuvre. Taxer les bouts de routes bitumées peut donner l’illusion d’alléger le poids financier de l’Etat en Afrique, mais cela fait juste partie des recettes erronées du système rentier de l’Occident, qui plombent la compétitivité africaine. Il se pose en Occident même le problème de la moralité même de leur système. Le 10 janvier 2012 c’est le PDG de Free, Monsieur Niel qui devenant le 4ème opérateur de la téléphonie mobile en France, en divisant les prix par 5, a mis à nu la mafia rentière d’un capitalisme protégé par l’état pour arnaquer sa propre population.
Les économistes africains doivent s’activer à écrire leurs théories économiques qui prennent en compte les spécificités africaines, les intérêts africains, au lieu d’être dans une attente permanente de recevoir la consécration d’un poste de subalterne dans telle ou telle autre Institution Occidentale. A mon avis, le courage et l’autonomie des économistes Africains de se distancer des formules élaborées par les bureaucrates de Washington, pour trouver leur propre voie, à partir de nouvelles variables purement africaines et revisitées dans un contexte du 21ème siècle ferait honneur à ces mêmes intellectuels car ils auront eu l’ambition historique d’être des précurseurs d’une nouvelle Afrique, d’une Afrique avec leurs signatures, plutôt que, comme ils croient par erreur, qu’ils n’ont de valeur que si sur leur curriculum, il y aura le nom d’une institution internationale qui sont pour la plupart au service de l’occident et donc, contre les intérêts même de l’Afrique. Ils doivent tous se poser la question : pourquoi après l’échec de l’Union Européenne d’empêcher les Chinois d’investir en Afrique, pourquoi après l’échec de l’administration américaine de freiner les investissements chinois en Afrique, ce sont désormais ces institutions où tous souhaitent aller travailler, qui ont pris le relai ? Comment expliquer que le Fond Monétaire International, plutôt que de se réjouir que grâce surtout à la Chine, l’Afrique soit finalement sortie de la misère, monte au créneau pour tout chambouler ? Au début du mois août 2011 à Nouakchott en Mauritanie, se tenait l'African Caucus, une réunion rassemblant les pays africains et leurs créditeurs, avec le directeur du FMI à la tête. Ce qu’on retiendra de cette rencontre, c’est l’énervement contre les 1000 milliards de dollars que la Chine a puisé de ses réserves en devises pour l’injecter dans l’économie africaine (pour comparer, le fameux plan Marshall était de 100 milliards de dollars, c’est-à-dire, 10 fois moins). On a vu des scènes ahurissantes des autorités burundaises, très contentes de la signature des contrats avec la Chine, mais plonger le lendemain dans l’angoisse des représailles du FMI. En RDC, c’est par décret du 21/12/2010 que Monsieur Obama a exclu la République Démocratique du Congo de la liste des pays africains pouvant bénéficier du projet AGOA, et exporter aux USA sans droit de douane, à cause des nombreux investissements chinois dans le pays, même si les motivations officielles parlaient du recul de la démocratie. Paradoxe : pour profiter pleinement des avantages de l’Agoa, et exporter les produits finis vers les Usa, le Congo avait bien besoin que quelqu’un investisse au préalable pour créer les usines de transformation. Et comment lui reprocher d’accepter l’argent chinois ? Qui, faut-il le rappeler n’a aucune odeur lorsqu’il finance les fonctionnaires USA qui prennent ces décisions, y compris son président, mais pue dès lors qu’il s’agit de l’Afrique.
Les municipalités africaines doivent rivaliser d’ingéniosité pour créer de la richesse et donc créer des postes d’emplois à leurs administrés. 90% des bibles utilisées par les nombreuses confréries religieuses aux USA sont imprimées en Chine. Et la plupart de ces imprimeries appartiennent à des mairies qui en tirent des revenus pour bitumer de nouvelles routes, et pour créer de nouveaux emplois dans la commune. En Afrique ce sont des municipalités capables de créer des ressources qui pourront garantir l’émergence d’un état fort en mesure de résister et freiner les élans individualistes et égoïstes des privés. Sans cela, il n’est pas exclu que le continent se libère du joug de l’occident pour se retrouver avec un joug interne d’une poignée de clans qui installent ensuite et allègrement une économie rentière, exactement le modèle qui est en train de mener l’occident droit dans le mur.
20/01/2012
Jean-Paul Pougala (en-vendeur de maïs grillé) www.pougala.org
N.B : cette leçon n° 24 est extraite du tome 2 de "Géostratégie Africaine" dont la sortie est prévue pour Septembre 2013 prochain
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Sur la demande de plusieurs jeunes Géostratèges Africains, voici
Leçon de Géostratégie Africaine n° 37 (Extraite du Tome 3)
-------------------------------------- POUR IMPRIMER CETTE LECON 37, CLIQUEZ CE LIEN
LE MARTYRE DE LA PREMIERE SCIENTIFIQUE AFRICAINE : HYPATHIE, Par Jean-Paul Pougala
Publié le 15 juillet 2012
En ce dimanche, jour sacré pour les chrétiens, je veux vous faire partager la passion que j’ai pour une personne que j’enseigne à mon cours de « Evolution de la Pensée Politique » et cette personne c’est Hypatia ou Hypathie en français. Hypathie est la première femme professeure de philosophie, de mathématique, de physique et d’astronomie à Alexandrie en Egypte. Née en 370 et morte en 415 de notre ère, c’est la première femme scientifique africaine victime de la folie chrétienne. En 2012, les Africains l’ont oubliée et commémorent son bourreau à sa place. Voici comment c’est arrivé.
Théon, professeur de Mathématiques, de physique, d’Astronomie à Alexandrie forme sa fille en ces matières qui va compléter son enseignement philosophique à Athènes auprès de Plutarque le Jeune. C’est ici qu’elle reçoit toute l’influence des enseignements de Platon et de Plotin. Elle étudie aussi en Syrie où elle subit l’influence des enseignements du philosophe Syrien Jamblique de Chalcis (250-327), mais en traduisant toutes ces pensées à la mathématique, qui est sa marque de fabrique : elle apporte une nouveauté à la philosophie Grecque et Syrienne, c’est leur traduction en Mathématique. Elle est la dernière directrice de l’alors considérée comme la plus grande bibliothèque du monde.
Lorsqu’elle rentre à Alexandrie, elle enseigne dans l’école de son père Théon, avant d’en prendre la direction. Avec lui, ils vont partager leur passion pour l’astronomie et rédiger et éditer plusieurs manuels de mathématiques, d’astronomie et de philosophie. Elle met un pieds dans l’assiette de l’ignorance et de la superstition que véhicule la religion en cherchant à comprendre le monde. elle réfute catégoriquement l’idée d’un Dieu unique qui aurait créée le monde en 6 jours.
Tout va bouleverser pour la jeune femme, lorsque la nouvelle religion montante, le Christianisme prend le dessus et cherche à s’imposer comme religion unique de l’Égypte. L’empereur Romain Constantin est le tout premier homme politique de l’histoire à comprendre comment on peut utiliser une religion déiste (monothéiste) pour dompter la population. Il institutionnalise le christianisme qu’il impose dans toutes les colonies de l’empire romain, dont l’Égypte de fin antiquité. La stratégie de l’Empereur est simple : en poussant le peuple à croire à un divin placé au ciel qui commanderait tout le monde, il devient alors plus facile pour le politicien de se faire passer pour l’intermédiaire du divin pour faire accepter son commandement.
Mais l’Egypte est alors le berceau de l’instruction et de la recherche astronomique où les scientifiques ont déjà la preuve mathématique que l’église ment et elle sait qu’elle ment sur Dieu et le ciel.
Par exemple :
- Avant notre ère Aristarque de Samos (-310 à – 230) est le premier à avoir décrit notre système cosmologique avec la Terre qui tourne autour de son axe et autour du Soleil.
- Eratosthène a mesuré avec précision la circonférence de la Terre
- Hipparque de Rhodes a découvert une méthode de détermination des longitudes
- Hypatie qui a lu tous ces auteurs construit un astrolabe plan, pour relever les positions des planètes, des étoiles et du soleil et les résultats sont consignés dans son livre appelé : « canon astronomique ».
C’est pour mettre fin à tout ça que Rome va nommer Cyrille d’Alexandrie, patriarche en 412. Il déclare la guerre à tous ceux qui ne veulent pas se soumettre à la christianité, surtout aux intellectuels qui se disent laïques. L’impardonnable pour l’église catholique c’est la brèche ouverte par Hypathie dans ses travaux d’astronomie mettant en doute les dogmes enseignés.
Le pire pour l’église catholique, c’est le fait qu’en plus, elle est une femme. Et celle à qui on remettait tout courrier qui ne portait pour seul indication du destinataire que les mots : « à la philosophe » est le symbole de ce qu’une femme ne doit pas être: instruite. Son cas est encore grave, parce qu’en plus, elle enseigne et elle dirige la plus célèbre école d’Alexandrie. Son châtiment doit servir d’exemple à toutes les femmes à qui viendrait la moindre sensation d’irritation ou de chatouillement de vouloir apprendre à lire et à écrire.
En 415, c’est une foule de chrétiens conduite par l’Evêque Cyrille en personne qui va agresser la professeure, la dénuder, la promener ainsi dans toutes les rues d’Alexandrie, avec des coups et des fouets qui pleuvent sur son corps en sang. Il ne faut pas qu’elle meurt vite, elle doit tenir le temps de montrer à toutes les femmes de tous les quartiers d’Alexandrie ce qui les attend, au cas où. Les deux yeux sont crevés, le vendre ouvert, un doigt coupé à chaque carrefour, elle va succomber de manière très atroce à toutes ces ouvertures et mutilations faites sur son corps par ces chrétiens. Tous ses livres furent brulés. Ne sont arrivés jusqu’à nous que les titres de ses nombreux ouvrages, dont le contenu n’est parvenu jusqu’à nous que grâce à un de ses élèves, devenu son disciple qui lui, avait pris le risque de cacher ses cours et les correspondances échangées. Il s’agit de Synésius, ensuite fait évêque avec le nom de Cyrène et de qui nous apprenons la leçon principale de Hypathie : « Le monde dans lequel nous vivons est une copie imparfaite de la réalité. C’est le devoir de tout intellectuel à s’efforcer de connaitre d’abord et ensuite de comprendre ».
Qu’est-il advenu à l’auteur de cette mort tragique, Cyrille? Il fut récompensé, par la canonisation et fait Saint : Saint Cyrille d’Alexandrie commémoré chaque année par l’Église catholique romaine le 28 janvier, mais fêté le 28 février.
Voilà un exemple de comment les chrétiens africains prient, fêtent et célèbrent la mémoire des bourreaux de leurs ancêtres. Le martyre de celle qui s’énervait d’être appelée la plus belle femme du monde, voulant qu’on la juge par son intelligence et non par son corps, servira à faire progresser l’humanité entière lorsque Giordano Bruno va tomber sur les écrits de l’évêque Cyrène racontant Hypatie. Quand il sera lui aussi assassiné par l’église catholique pour les mêmes thèses du refus du Dieu unique, c’est Galilée qui prendra le flambeau.
Aujourd’hui, sur les 30 millions de km2 du continent africain, aucune école, aucun collège, aucun lycée, aucune place, aucune ruelle, aucune bibliothèque ne porte le nom de Hypathie. A la place, Saint Cyrille est l’ange gardien de petits enfants africains qui lui dédient leurs prières avant de dormir, pour qu’il les protège dans leur sommeil. En Afrique, Saint Cyrille couronne les noms de cathédrales, d’écoles catholiques, de dispensaires; et en toute bonne foi, c’est aussi le prénom de bien d’africains, contents de le porter en hommage au bourreau de leur héroïne Hypatia. Avec ce pied de nez fait aux Africains par l’Eglise Catholique Romaine, comment croire à la sincérité de la repentance faite par le pape Jean-Paul II en 1992, sur l’ile de Gorée au Sénégal de tous les crimes causés par l’église catholique au continent africain ? Et si au nom de cette repentance, toute l’Afrique exigeait à l’église catholique de rouvrir le dossier Hypathie ???
Le respect de la dignité africaine viendra aussi de notre capacité à valoriser nos propres martyrs et non nous contenter de célébrer ceux qu’on nous impose par procuration.
dimanche le 15/07/2012, Leçon de Géostratégie Africaine n° 37
Jean-Paul Pougala (ex-vendeur de canne à sucre)
Cette Leçon de Géostratégie Africaine n° 37 est présente dans le Tome 3 réservé à la spiritualité
Si tu veux télécharger ou imprimer cette leçon 37, clique ici
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SI TU ES PAUVRE, SUPPOSONS QUE TU ES DIEU JPP21/04/2013
 Si tu es pauvre, alors ce message est pour toi. écoute-moi bien. J'ai envie de t'inviter à raisonner sur 5 points. Essaye de réchauffer un peu ton cerveau et essaye de penser sans chercher les références dans la bible ou dans le coran ou d'un gourou. Dans cet exercice, tu dois juste essayer de te mettre à la place d'un dieu hypothétique. Et tente de répondre à ces 4 questions :
1- Si tu es dieu, tu aides les riches, tu oublies les pauvres. Et à ta surprise, tu vois que ce sont les pauvres qui te remercient le plus. Au lieu de se révolter contre toi, pour obtenir quelque chose, même les miettes, ils chantent tous les dimanches pour te remercier d'être trop bon et te disent qu'ils sont très contents de toi, pour les avoir oubliés. Est-ce que tu serais encouragé de faire le moindre geste en leur faveur ? N'aurais-tu pas peur qu'en les aidant, ils deviendraient encore plus fous?
2- Imagine que tu es Jésus, le fils de dieu; que tu souffres à cause des mécréants qui veulent ta tête. Et tu as besoin de l'aide de ton père qui est le patron de toute la boutique. A sa place, des vendeurs de tapis courent vers toi pour t'expliquer comment ton papa est bon et gentil, ce qu'il a dit et ce qu'il a fait de merveilleux. C'est-à-dire qu'ils sont complètement hors sujet, par rapport à ton propre problème. Le minimum ne serait pas que tu te poses certaines questions simple-simple ? Du genre : puisqu'il est mon papa, puisqu'il me connait, puisqu'il sait où j'habite, pourquoi a-t-il besoin de donner de la procuration à des gens que je ne connais pas pour venir me dire qu'il est gentil ? Pourquoi ne me parle-t-il pas personnellement ?
3- Tu es dieu. Supposons que le monde est une grande entreprise, une industrie que tu as réussi à bâtir tout seul. Question : si tu as été si intelligent pour monter une telle boite, comment peux-tu être si médiocre pour assurer un bon service de ressources humaines et recruter des gens compétents pour te représenter et parler en ton nom? De tous les chômeurs que tu as sur la terre, tu n'as pas trouvé mieux que des pédophiles, des assassins d'enfants, des preneurs d'otage d'enfants pour te représenter et assurer ton service de communication ? Ou bien tu as encore besoin de prendre des cours de marketing pour savoir comment on gère son image ?
4- Si tu es dieu, tu as crée le monde et tu as posé la condition rude pour vivre sur terre que beaucoup n'arrivent pas à s'en sortir, tellement ces conditions sont difficiles, en mettant les humains en compétition entre eux comme les animaux : le plus fort détruit les faibles. C'est-à-dire que pour juste 100 ans de vie sur terre, tu as rendu la vie des 90% des habitants un vrai cauchemar, un enfer. Est-il possible que pour l'éternité au paradis, près de toi, que tu poses comme unique et simple condition de prier et d'aller chanter tous les dimanches ton nom? Si tu passais par ce chemin, pour sélectionner ceux qui méritent une récompense du paradis, te sentirais-tu crédible ?
5- Si tu es dieu, tu donnes la vie à des gens, de l'intelligence, des bras, des pieds et une santé de fer. Et au lieu qu'ils l'utilisent pour s'en sortir, ils passent le temps dans la faineantise à te prier et te getter les fleurs afin que tu leur donne quelque chose sans qu'ils aient mérité. Pour le moins ne te sentirais-tu pas comme s'ils te prenaient tous pour un idiot?
CONCLUSION : Avant de te plaindre que tu n'as pas de chance et que tu es pauvre, demande-toi combien de fois ton ancêtre s'est déplacé avec la chance pour venir t'apporter la bénédiction et la prospérité et tu étais absent, parce que tu étais parti le trahir avec la spiritualité de ses bourreaux d'hier. Si tu étais à sa place, que ferais-tu ? retourner avant cette chance ou bien rester là à attendre que le traître soit rentré de son forfait des groupes de prière ?
En matière de spiritualité, chaque peuple de la terre a développé sa propre vision, sa propre philosophie, sa propre vérité. Et à ce jour, aucun peuple ne peut vanter la moindre supériorité sur l'autre, parce que relevant de la pure intimité. Pourquoi dois-tu, comme africain, être le seul peuple qui fuit sa propre vision de la vie, du monde pour se faire humilier en allant squatter la religion des autres ?
Tous les dimanche et les vendredis, des rues entières de Kinshasa, Bamako, Abidjan, Lagos, Nairobi, Yaoundé, Accra vont retentir au son des Alléluia lancés par des Africains qui se sont donné pour spécialité d'exploiter la faiblesse et de la crédulité populaire. Certains se contentent de soutirer quelques sous, d'autres envoient des jeunes mourir au nom de dieu. Notre silence, notre passivité vis à vis de ce fléau est une faute. et l'histoire retiendra que nous sommes des complices de ce vol à main armée, opéré sur nos populations les plus crédules par ces multiples associations de malfaiteurs qui opèrent en toute tranquillité bénies par le système dominant avec une expression des plus moqueuses qui prend le nom de : "liberté religieuse".
JPP21/04/2013
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MONS - BELGIQUE - LIBRAIRIE - GEOSTRATEGIE AFRICAINE J'ai le plaisir de vous informer que vous pouvez trouver désormais le livre "Géostratégie Africaine" à la librairie SCIENTIA dans la ville de Mons en Belgique.
Voici comment y arriver :
 LIBRAIRIE SCIENTIA Passage du Centre, 9-11-13 7000 Mons (Belgique) Tél.: +32 (0)65 31 65 62 Fax: +32 (0)65 35 45 56
http://www.librairiescientia.eu
E-mail: librairie.scientia at skynet.be
Je profite de l'occasion pour remercier tous les géostratèges africains qui sont toujours nombreux à s'impliquer dans la distribution capillaire du livre partout dans le monde, sans oublier désormais les librairies que nous avons exclues dans un premier temps pour bâtir notre propre réseau d'édition et de distribution afin de garantir le prix bas en Afrique(5000F) et surtout, échapper à une certaine censure du système dominant. JPP20/04/2013
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EXAMEN FINAL DE GEOSTRATEGIE AFRICAINE 2011/2012 - JPP19/04/2012 Voici le thème de l'examen de fin de semestre de la première promotion l'année dernière des classes de "Géostratégie Africaine" à ISMA à Douala au Cameroun. Merci de ne pas me demander le corrigé, par respect pour les étudiants qui ont payé pour bénéficier de ces cours à ISMA. J'espère que même sans corrigé, il vous permettra de parfaire vos connaissances et votre niveau d'éveil stratégique. JPP19/04/2013
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Année académique 2011/2012
Examen de fin de 1er Semestre
Master 2 en : Banque-Finance / Marketing
Epreuve de Géostratégie Africaine
Durée 02 heures
Thème 1
Dans l’empire romain, les Faisceaux sont un ensemble de tiges liées avec une hache qui la surmonte. A Rome, les haches enveloppées dans ces faisceaux de verges étaient portées par les Sergents d’armée appelés les Licteurs, qui marchaient devant les consules et les magistrats.
A l’époque de la Révolution Française, il a servi de motifs de décoration Depuis, le 9 décembre 1926, c’est le journal appartenant à Benito Mussolini et dirigé par son frère Arnaldo qui publie pour la première fois, officialisant le symbole de l’état italien. Et ce symbole est le « Fascio Littorio ». Et c’est de cela que viendra le nom fascisme. En allant dans l’empire romain puiser le symbole de son régime, Mussolini voulait retrouver le pouvoir des heures de gloire de l’empire romain. Pour lui, Rome du XXème siècle devait redevenir ce qu’il était 2.000 ans avant pour la puissance, la force et la gloire.
Le premier Janvier 1960, à l’indépendance du Cameroun, contre toute attente, c’est ce symbole fasciste qui est choisi comme emblème du nouveau Cameroun. Voir les images ci-dessous :
Questions :
a- Comment expliquez-vous que ce symbole, comme celui du Nazisme qui depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et l’échec du fascisme, est devenu un sujet de controverse et n’est plus utilisé que par des groupuscules néo-nazis et néo-fascistes pour faire de la provocation, ait été choisi par les dirigeants Camerounais pour le symbole de cet état africain et qui s’accroche avec fierté à la poitrine des policiers, des gendarmes, des militaires, sur la première page des passeports de tous les camerounais etc...
b- Après 52 ans d’indépendance, ce petit détail qui aurait dû faire la honte de tout un pays, parce que objet de risée à l’étranger, semble n’avoir jamais été remarqué par personne au Cameroun, pas par les politiciens, pas par les enseignants d’histoire et encore moins par les journalistes, pourquoi à votre avis? c- Citez en les motivant, 5 autres exemples de situation de copier-coller malveillants en vigueur dans le pays.
Thème 2 A l’indépendance des pays africains, les hymnes nationaux de plusieurs pays africains ont été composés avec plus d’un clin d’œil à la Marseillaise (l’hymne français) qui a servi de base aux hymnes de nombreux pays d’Afrique francophone, alors que les hymnes des pays anglophones du Nigeria au Zimbabwe abondent en un mot : GOD (dieu), tiré tout droit de GOD SAVE THE QUEEN (l’hymne britannique). Pire, dans plusieurs autres pays africains, on ne s’est même pas embarrassé de copier l’hymne du maître, on lui a tout simplement demandé de le composer. Le jour de la célébration de l’indépendance du Niger, à Niamey, on ne fêtait pas la liberté retrouvée, mais l’invité du jour, un français du nom de Français Nick Frionnet, auteur de l’hymne national du pays. C’était la consécration de toute sa carrière de chanteur. Examinons des fragments des hymnes nationaux de 3 pays africains suivants :
- Exemple 1 – HYMNE DE GUINEE
Peuple d'Afrique ! Le passé historique ! Que chante l'hymne De la Guinée fière et jeune Illustre épopée De nos frères Morts au champ d'honneur En libérant l'Afrique ! Le peuple de Guinée Prêchant l'unité Appelle l'Afrique. Liberté ! C'est la voix d'un peuple Qui appelle tous ses frères de la grande Afrique. Liberté C'est la voix d'un peuple Qui appelle tous ses frères à se retrouver. Bâtissons L'unité africaine Dans l'indépendance recouvrée.
- Exemple 2 - HYMNE DU SENEGAL
Pincez tous vos koras, frappez les balafons. Le lion rouge a rugi. Le dompteur de la brousse D'un bond s'est élancé, Dissipant les ténèbres. Soleil sur nos terreurs, soleil sur notre espoir. Debout, frères, voici l'Afrique rassemblée
Fibres de mon cœur vert. Épaule contre épaule, mes plus que frères, O Sénégalais, debout ! Unissons la mer et les sources, unissons la steppe et la forêt ! Salut Afrique mère.
Sénégal toi le fils de l'écume du lion, Toi surgi de la nuit au galop des chevaux, Rends-nous, oh ! rends-nous l'honneur de nos ancêtres, Splendides comme ébène et forts comme le muscle Nous disons droits - l'épée n'a pas une bavure.
Sénégal, nous faisons nôtre ton grand dessein : Rassembler les poussins à l'abri des milans Pour en faire, de l'est à l'ouest, du nord au sud, Dressé, un même peuple, un peuple sans couture Mais un peuple tourné vers tous les vents du monde. Sénégal, comme toi, comme tous nos héros, Nous serons durs sans haine et des deux bras ouverts. L'épée, nous la mettrons dans la paix du fourreau, Car le travail sera notre arme et la parole. Le Bantou est un frère, et l'Arabe et le Blanc.
Mais que si l'ennemi incendie nos frontières Nous serons tous dressés et les armes au poing : Un peuple dans sa foi défiant tous les malheurs, Les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes. La mort, oui ! Nous disons la mort, mais pas la honte.
- Exemple 3 - HYMNE DU BURKINA-FASO
I. Contre la férule humiliante il y a déjà mille ans, La rapacité venue de loin les asservir il y a cent ans. Contre la cynique malice métamorphosée En néocolonialisme et ses petits servants locaux Beaucoup flanchèrent et certains résistèrent. Mais les échecs, les succès, la sueur, le sang Ont fortifié notre peuple courageux et fertilisé sa lutte héroïque.
Et une seule nuit a rassemblé en elle L'histoire de tout un peuple. Et une seule nuit a déclenché sa marche triomphale: Vers l'horizon du bonheur. Une seule nuit a réconcilié notre peuple Avec tous les peuples du monde, À la conquête de la liberté et du progrès La Patrie ou la mort, nous vaincrons !
II. Nourris à la source vive de la Révolution. Les engagés volontaires de la liberté et de la paix Dans l'énergie nocturne et salutaire du 4 août N'avaient pas que les armes à la main, mais aussi et surtout La flamme au cœur pour légitimement libérer Le Faso à jamais des fers de tous ceux qui, Çà et là, en polluaient l'âme sacrée de l'indépendance, de la souveraineté.
III. Et séant désormais en sa dignité recouvrée L'amour et l'honneur en partage avec l'humanité, Le peuple du Burkina chante un hymne à la victoire, À la gloire du travail libérateur, émancipateur. A bas l'exploitation de l'homme par l'homme ! Hé en avant pour le bonheur de tout homme, Par tous les hommes aujourd'hui et demain, par tous les hommes ici et pour toujours !
IV. Révolution populaire notre sève nourricière. Maternité immortelle du progrès à visage d'homme. Foyer éternel de démocratie consensuelle, Où enfin l'identité nationale a droit de cité, Où pour toujours l'injustice perd ses quartiers, Et où, des mains des bâtisseurs d'un monde radieux Mûrissent partout les moissons de vœux patriotiques, brillent les soleils infinis de joie.
QUESTIONS :
a- Lequel de ces 3 hymnes a été composé par le français Herbert Pepper ? Donnez 5 preuves qui motivent votre choix.
b- A votre avis, pourquoi des pays prennent leur indépendance pour s’émanciper peuvent-ils confier le plus fort symbole de l’acte fondateur de la nouvelle nation à celui qu’on vient de répudier, chasser, émarger pour retrouver la liberté ?
c- Au Cameroun, comment expliquez-vous que les Camerounais soient incapables de créer leur propre hymne national propre à eux et sont obligés de se contenter en 2012 d’une chanson coloniale composée il y a 84 ans par un ancien combattant de la Première Guerre mondiale, le pasteur français Camille Armand Chazeau, et validé par le gouverneur français, Theodore Marchand en 1928, c’est-à-dire bien 32 ans avant l'indépendance du Cameroun ?
d- Pour quelle raison pensez-vous que l'histoire officielle n’attribue jamais la paternité de l’hymne à Chazeau, mais plutôt à 3 de ses élèves de 18 ans, de l’école d’instituteur de Foulassi : René Djam Afame, Samuel Minkio Bamba et Moïse Nyatte Nko'o ? Argumentez votre réponse en vous fondant aussi sur les parties insultantes de la chanson, supprimées en 1978 : « Autrefois, tu vécus dans la barbarie ». « Peu à peu tu sors de ta sauvagerie ».
THEME 3 Regardez la photo ci-dessous. Depuis la fin de l’apartheid en Afrique du sud, de 1993 à ce jour, sur les 19 élections de MISS SOUTH-AFRICA, 15 sont d’origine européenne, c’est-à-dire de race blanche et seulement 4 africaines, 4 noires. Comment expliquez-vous que des personnes qui ont tant souffert pour revendiquer leur propre dignité peuvent-ils pendant 15 ans sur 19 voter à grande majorité pour célébrer le standard de beauté qu’ils ont tant combattu ? Détaillez votre réponse en vous basant sur le cours intitulé : « Pourquoi détestent-ils la femme noire » ?
Texte d’examen rédigé par : Jean-Paul Pougala (4 photos)

INVITATION AU PARLEMENT EUROPEEN DE BRUXELLES JPP18/04/2013
J'ai le plaisir d'informer les géostratège de Belgique que du 6 au 7 Juin 2013, Je suis invité à participer à un séminaire au parlement Européen de Bruxelles, 7 ans après ma première participation. Je ne sais pas encore si ce sera ouvert au public ou non, mais je vous tiendrai informés.
voici quelques détails sur le séminaire tels que les organisateurs m'ont écrits durant nos échanges : ----------------------------- Le séminaire se déroule sous l'égide du Groupe parlementaire de l'Union européenne dénommé : Gauche unitaire européenne- Gauche verte nordique. Elle compte sur l'appui d'organisations française et espagnole (Fondation Gabriel Peri, Ospaaal) et d'une entité chinoise dénommée "Centre de recherche sur les philosophies étrangères", dépendant du Comité central du Parti Communiste Chinois (PCC).
L'objectif est de réunir des spécialistes et leaders politiques pour un travail scientifique assez complet, qui puisse ensuite donner l'occasion de réaliser un livre.
Nous aurons quatre séances plénières thématiques en plus d'une session inaugurale. Les quatre sessions porteront sur les sujets suivants :
> 1- Chine /relations internationales / d'un monde unipolaire à un monde multipolaire
> 2- Chine et développement économique mondial
> 3- Chine : développement interne économique et social
> 4- Réforme politique chinoise
> Les intitulés varieront mais deux auront une perspective mondiale et deux une perspective interne, même si cette distinction est un peu formelle.
> Le colloque se déroule les 6 et 7 juin, le premier jour dans l'enceinte du Parlement. Le deuxième jour à l'extérieur.
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Toujours en Juin et toujours à Bruxelles, sur invitation du Groupe des Géostratèges Africains de Belgique, je retournerai à Bruxelles le 22/06/2013 pour une conférence-dédicace du tome 1 du livre "Géostratégie Africaine". Le thème de la conférence avant la dédicace est : "Retour définitif au pays des Africains de la diaspora : les erreurs fatales à ne pas commettre". Pour plus de détails merci de contacter Joseline Maffo Tenede au 04 344 23 99
JPP18/04/2013
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ASSISTANCE MORTELLE - LA MAFIA DES ONG à HAITI - voici la vidéo - JPP17/04/2013 Hier soir sur Arte passait un documentaire intitulé l'Assistance Mortelle, réalisé par l'Haitien Raoul Peck que je veux partager avec vous. Le lien de la vidéo se trouve à la fin de ce texte.
Je tire un chapeau à ce réalisateur. Raoul Peck est un Haïtien, c'est-à-dire, un de nous qui a pris la peine de bien comprendre le système. Il sait de quoi il parle, il connait la perversité du système. Nos journalistes en Afrique devraient prendre son exemple. La qualité des images, et surtout, la poesie et l'ironie des mots qu'il choisit pour commenter les situations. Notre communauté peut être fière d'avoir des talents de ce calibre.
Il a mis le doigt sur la fausse démocratie qu'on nous impose et par derrière on décide qui doit être président, au point où les USA décident de faire un coup d'etat à Preval, avec l'image la plus forte de tout le documentaire, c'est lorsque le président de la République Preval, se lève, quitte la salle avant le discours de l'envoyé des Nations Unies, Bill Clinton, et qui a de fait installé sur l'ile une sorte de mafia humanitaire. Combien de chef d'etat africains auraient eu le courage de ce geste? combien de journalistes africains auraient réalisé un tel documentaire qui ne souffre d'aucun complexe ?
Je vous invite à regarder ce documentaire en podcast pendant 7 jours sur le site de Arte. J'ai adoré les réflexions que le réalisateur fait en conclusion de son documentaire comme : "le développement ne s'improvise pas". ou lorsqu'il dit que le temps de la politique (court) n'est pas compatible avec le temps du développement, (long) et ne pouvant montrer les résultats concrets, le politicien est appelé à mentir.
En tout cas, nous avons des penseurs, des vrais qui comprennent les règles du jeu truqué auquel nous participons depuis 500 ans, sans la moindre chance de gagner et ceux là vont nous guider malgré les turbulence de la mer toujours haute pour nous.
Pour votre information, sachez que Raoul Peck est un pluridisciplinaire, formé à Haiti et en Allemagne : Ingénieur, Economiste, Cinéaste. Ancien ministre de la Culture à Haiti de 1996 à 1997. Il réalisé beaucoup de films présentés au Festival de Cannes comme "L'homme sur les quais" en 1993, "Lumumba" en 2000. Il n'a pas réfléchi un instant, pour faire un documentaire pour dénoncer la mafia des ONG, malgré que l'une d'elle, la Human Rights Watch lui avait même discerné un prix, "le Prix Irene Diamond pour l’ensemble de son travail en faveur des droits de l’homme" récite le texte du prix.
Une question reste dans ma tête, celle que j'avais déjà posée au président français Sarkozy dans la lettre que vous retrouvez dans le tome 1 : Pourquoi la France qui a un si grand nombre de personnes de notre communauté, n'arrive à ériger presque personne à un tel niveau d'excellence ? La France est-elle à la fin un tombeau pour les meilleurs éléments africains qui s'y forment ou s'y installent ? JPP17/04/2013
voici la video :
http://videos.arte.tv/fr/videos/assistance-mortelle--7455884.html
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HAITI DETRUITS PAR LA MAFIA DES ONG AVEC LES RETENDUES AIDES HUMANITAIRES JPP16/04/2013 En ce moment (de 20:50 à 22:25 heure de Paris) passe en directe sur la chaine de télévision culturelle franco-allemande ARTE, un documentaire sur les techniques pour mettre à genoux un pays avec le prétexte humanitaire, Haiti.
Et comment les ONG sont nuisibles pour nos pays. Ici l'exemple de Hait est pris pour montrer comme le tremblement de terre de 2010 a été une vraie chance pour beaucoup de prédateurs pour detruire l'économie de Haiti. Le premier Ministre de Haiti explique comment on transportait de l'eau par avion de France, USA ou Canada avec un cout 50 fois plus que les eaux en vente à Haiti, mais qui ne pouvaient plus trouver de preneurs puisque l'eau venue des USA etait gratuite.
Je prie les géostratèges africains qui vivent en France de nous enregistrer l'emission et de nous la poster afin que les nôtres surtout en Afrique qui croient encore naivement que quelqu'un peut les aider ne s'en sortiront qu'en comptant sur eux-mêmes et rien que sur eux-mêmes.
Sinon, leur misère ne sera que l'opportunité pour des réligieux (prêtres, pasteurs et imams), ONG, politiciens internationaux pour se remplir leurs comptes bancairs dans des paradis fiscaux. JPP16/04/2013
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IL Y A 7 ANS, J'INTERVENAIS AU PARLEMENT EUROPEEN
En avril 2005, ici sur la photo à la salle Altiero Spinelli du Parlement Européen de Bruxelles. Ma toute première intervention au Parlement Européen. Ce jour là, nous étions 2 africains invités par les députés européens, le président sénégalais Abdoulaye Wade et moi. Chacun de nous a présenté sa vision des relations entre le continent africain et l'Union Européenne.
Le président Wade a expliqué pourquoi l'Afrique ne voulait pas suivre le modèle de fédération européenne et avait fait le choix des Etats-Unis d'Afrique et je me suis focalisé sur certaines avancées de cette fédération africaine et les 10 principales erreurs que l'Union Européenne commettait dans cette nouvelle entité africaine en construction, dans leur difficultés de voir l'Afrique comme une vraie partenaire et non juste une subalterne fournisseuse de matière première.
Et que cette fois quelque chose avait changé, avec un nouvel acteur sur la scène africaine, et complètement inattendu : la Chine. 7 ans sont passés, mes recommandations aux amis européens sont restées lettre morte. La suite, nous la connaissons : la rupture totale entre eux et moi durant la crise Libyenne, nos positions étant diamétralement opposées.
Mais la surprise viendra de Wade qui contrevenant à la position sur ce dossier de l'Union Africaine qu'il était venu défendre à Bruxelles en 2005, il va rejoindre la position européenne de tuer le Guide Libyen, Kadhafi. Comment nos leaders peuvent-ils prétendre de se faire respecter s'ils finissent toujours par faire ce que veut le maître d'hier ??? L'histoire de la leadership africaine est aussi faite de ces incohérences que je n'accepte pas. JPP16/04/2013
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 DEVOIR DE SOCIOLOGIE POLITIQUE JPP16/04/2013 Voici un sujet d'examen que j'ai donné il y a 2 ans à mes étudiants de Genève. C'est un examen de Sociologie Politique qui va vous permettre de vous entraîner dans le cadre de la formation gratuite que je vous donne ici. Merci de ne pas me demander le corrigé, en respect pour les étudiants qui ont payé près de 20.000 USD/le semestre pour bénéficier de ces cours et examens avant vous. Suivra dans les prochaines semaines, le sujet d'examen final de "Géostratégie Africaine" pour mes étudiants de Douala, il y a un an. JPP16/04/2013
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Geneva School of Diplomacy - Political SOCIOLOGY - PROF. J-P POUGALA - March 16, 2011
FINAL EXAM
In 90 minutes, answer to 5 of these 10 questions. 20 points for each question.
1- What is the definition of religion provided by Emile Durkheim. Durkheim ? 20 points
2- Durkheim identified three major functions of religion that contribute to the operation of society. Which ? Critically discuss your answer. 20 points
3- INEQUALITY AND RELIGION: SOCIAL-CONFLICT
Religion, proclaimed, Karl Marx, serves ruling elites by legitimizing the status quo and diverting people's attention from social inequities. Elaborate your answer through analyses and with examples. 20 points
4- RELIGION AND PATRIARCHY: DOES GOD FAVOR MALES? Why do two-thirds of adults who believe in God in the world (jew, muslim and christian) say they think of God as "father" rather than "mother”? Present an enumerated discussion. 20 points
5- CONTROVERSY & DEBATE - DOES SCIENCE THREATEN RELIGION? Why is the U.S. described as both the most scientific and the most religious country in the world ? Critically discuss your answer. 20 points
6- RELIGIONS EAST AND WEST What is meant in Political Sociology when its refers to Eastern and Western Religions ? What are the two main general differences between the belief systems of Eastern and Western societies ? Discuss through analysis and synthesis. 20 points
7- DEMOCRACY AND FREEDOM: Capitalist and Socialist Approaches In your opinion, what is the most important way in which people can be "free"? Are civil liberties or economic security more important? Explain your answer by means of a comparative analysis. 20 points
8- What is the difference between authority and power? How do pre-industrial and industrial societies create authority in different ways? Critically discuss. 20 points 9- Compare and contrast the Pluralist, Power-elite, and Marxist political-economy models of political power. Which of these models do you think makes the most sense? Why? Your answer should draw on analysis and evaluation. 20 points
10- The claim that socialist societies are democratic typically is based on the fact that: a. their members have considerable personal liberty. b. these societies have no elite. c. these societies meet the basic economic needs of everyone. d. these societies have a high standard of living. Choose a, b, c or d and Explain your answer by means of an enumerated discussion. 20 points
Total points 100
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15 avril
QUESTION/REPONSE
J'ai reçu cette question posée par : Rudra Triguna Rudra : Le diplôme est -il un critère d'excellence Professeur?
MA REPONSE :
Rudra Triguna bien sûr que non. Le diplôme ne peut être une fin, mais le début du processus d'excellence.
Il y a plusieurs critères de l'excellence. Au niveau international, nous avons par exemple le Prix Nobel qui définit les excellents dans plusieurs domaines. A ce jour, aucune personne provenant de l'Afrique francophone n'a jamais eu le moindre prix Nobel. Et pourtant ils sont les plus bardés de diplômes. Comme l'ancien président sénégalais Wade qui se vantait d'être le chef d'Etat au monde avec le plus grand nombre de diplôme. Mais sur le plan des résultats sur le terrain, où on mesure l'excellence, on ne peut pas dire qu'il a fait mieux que le président Malgache qui n'est qu'un ancien Dj.
Le nouveau président Vénézuelien (élu hier) est un ancien chauffeur de bus. Des pays comme les USA recrutent leurs ambassadeurs sans poser des conditions de diplôme, mais uniquement en exigeant les résultats des domaines où tu as excellé. Parce que pour eux, l'excellence est avant tout le résultat de l'action.
Mais je conseille toujours à mes étudiants de s'accrocher pour avoir leur diplôme pour éviter qu'un jour, un taré en mal d'argument les apostrophe en s'accrochant au seul thème que la colonisation nous a mis entre les mains : le diplôme comme fin et non comme début d'un processus.
Parallèlement, j'encourage tous ceux qui n'ont aucun diplôme à ne pas se décourager, en signant mes leçons comme "ex-pousseur" ou "ex-vendeur d'arachide" pour relativiser la frustration que les médiocres diplômés de chez nous ont inculqué en ceux qui n'ont pas eu l'argent pour rester longtemps sur les bancs d'école, alors que eux-mêmes ne valent pas grand chose.
Les personnages les plus importants de l'histoire sont connus par nous, jamais parce qu'ils avaient des diplômes mais parce qu'ils avaient réussi à exceller dans un domaine donné, de la musique à l'art, en passant par la physique et les mathématiques. Hier la Ferrari a gagné le Grand Prix de Chine. Monsieur Ferrari n'était qu'un simple mécanicien qui a conçu une des voitures les plus prestigieuses au monde.
La fourchette a été inventée à Venise au moyen-âge par des gens qui n'avaient pas accès à l'école et c'est aujourd'hui plébiscité dans le monde entier. A l'Ouest du Cameroun, depuis des siècles, des techniques très évoluées de conservation alimentaire ont été mises au point par des populations qui n'avaient jamais été à l'école, en enterrant des tubercules comme le macabo dès la récolte à une certaine profondeur qu'encore aujourd'hui, les diplômés ont du mal à comprendre ce point d'équilibre etc...
Mais la question importante que tu dois te poser est pourquoi dans nos pays africains, les 10 plus riches de chaque pays sont des gens qui n'ont aucun diplôme ??? JPP15/04/2013
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14 avril TOUS CANDIDATS DU SYSTEME DOMINANT PERDENT PARTOUT JPP14/04/2013 Lorsque nous aurons éduqué nos populations à comprendre les enjeux du monde, nous aurons réussi la base même de l'éducation de masse. La vidéo ci-dessous est réalisée dans les rues de Douala au Cameroun et ne dure que 3 minutes. J'ai beaucoup aimé cette capacité pour des camerounais de comprendre qu'un problème ivoirien est aussi camerounais, parce que nos prédateurs sont unis lorsqu'ils nous attaquent. A nous de savoir former des fronts communs pour nous défendre.
La détermination de l'homme de la rue à dénoncer ce fameux précédent ivoirien et les événement qui ont suivi depuis 3 ans sont là pour nous montrer que contrairement aux années 60, nos populations aujourd'hui acquièrent toujours plus une maturité géopolitique très aïgues. On ne peut manquer de déplorer le niveau des dirigeant qui n'a pas beaucoup évolué. Combien d'entre eux ont le courage de dénoncer l'humiliation infligé par nos prédateurs et leurs suppôts en Afrique à l'un des leurs, Laurent Gbagbo ?
L'exemple nous est arrivé la semaine dernière du Kenya où pour écarter le candidat que les prédateurs ne voulaient pas comme chef d'Etat du Kenya, ils lui ont collé une inculpation au TPI (Tribunal Pénal Internationale), afin de favoriser leur poulain Odinga, celui-là même qui au nom de l'Union Africaine leur a donné un coup de main pour officialiser le coup d'Etat en Côte d'Ivoire. Mais le peuple Kenyan a voté celui-là même que les prédateurs ne voulaient pas. Signe que le peuple africain est en plein décryptage dans la géopolitique mondiale.
On a voté depuis le 24/02/2013 (il y a 50 jours), en Italie et 3 partis revendiquent la victoire. Le parti soutenu par le système dominant de Mario Monti a été balayé par les électeur, le seul soutien de l'UE étant vu par les électeur comme le soutien à un traître. Le Parti Démocrate (PD) de Luigi Bersani, veut soit la présesidence de la république que la présidence du Conseil (premier ministre) Le mouvement contestataire 5 stelle (5 étoiles) du comique Beppe Grillo demande aux autres partis de quitter le parlement pour aller chercher un autre emploi et le Partito della Liberté (PDL) de Silvio Berlusconi prétend la présidence de la République que refuse Bersani, ayant ce dernier eu la majorité absolue au parlement mais pas au sénat. Le Mouvement 5 Stelle est devenu le premier parti d'Italie à la suite des élections avec 25% des suffrages exprimés. Et les députés de Beppe Grillo ont occupé le parlement en y passant même la nuit pour revendiquer la direction du pays, parce que selon eux, en devenant le tout premier parti politique d'Italie à leur toute première élection, le peuple voulait se débarasser des partis traditionnels, tous bandits et que c'est à lui que revient la gouvernement du pays.
On est là à ce blocage depuis 50 jours, avec un silence assourdissant des Medias-Mensonge, qui sont plus actifs pour prendre position sur les crises électorales africaines. Personne ne sait comment y faire face, car même en allant re-voter, on se retrouverait dans la même situation. Pourquoi l'Union Européenne à l'unanimité, comme en Cote d'Ivoire, ne décide pas d'aller installer au pouvoir son candidat (Mario Monti) qui a perdu les élections exactement comme Odinga au Kenya, parce que soutenu par le système dominant.
Pourquoi, comme en Côte d'Ivoire, l'OTAN ne sort pas ses bombes pour aller installer Monti au pouvoir en Italie ???? à chaque africain sa propre réponse.
Mario Monti, Odinga et Ouattara ont quelque chose en commun : ils ont tous trois perdu les élections parce qu'ils ont eu la malchance d'être soutenus par la "communauté internationale", le système dominant et aux yeux de leurs peuples, ce sont des traîtres.
Au Venezuela, aujourd'hui 14/04/2013, le successeur de Chavez, Nicolas Maduro est en tête dans les intentions de vote et va probablement remporter haut la main ces élections présidentilles, parce que le système dominant est contre lui, comme c'était le cas durant la présidence de Hugo Chavez. Son adversaire Henrique Capriles avec toute probabilité, perdras ce dimanche, comme hier Odinga, Ouattara et Monti, parce que lui aussi est soutenu par le système dominant, ce qui rend allergique le peuple toujours plus éveillé.
En Afrique, les dirigeants doivent comprendre la leçon, si la compétition électorale n'est pas truquée, le candidat du système dominant perdra, parce que le peuple refuse l'esclavage de l'ultralibéralisme du système dominant. JPP14/04/2013
regardez cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=9zLMJOjK2aA&feature=share
Caméroun: 11 avril 2013, les camérounais manifeste pour exiger la libération de Laurent Gbagbo
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